FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Une large coalition dénonce l’attitude bornée du fédéral.

Montréal, le 11 juin 2000  –   Le Regroupement pour un régime québécois d’assurance parentale dénonce avec force l’attitude qu’a adoptée le gouvernement fédéral au cours des derniers jours et appelle toutes les organisations québécoises à rendre publique leur opposition au comportement mesquin du gouvernement d’Ottawa. " Entêtement, aveuglement et dogmatisme ", telles sont les caractéristiques de la position qu’a soutenue le gouvernement de Jean Chrétien dans le dossier du projet québécois d’assurance collective de congés parentaux. " Visiblement soucieux de faire un nouveau pied de nez au gouvernement québécois, il semble parfaitement indifférent au fait qu’agissant de la sorte, il gifle une grande partie de la population du Québec ", ont fait valoir les porte-parole du Regroupement.

Le consensus très large que suscite le projet dans toutes les couches de la société s’explique par son contenu progressiste. Plus généreux que le régime fédéral en ce qui concerne le niveau des prestations et le nombre de semaines d’éligibilité, il permet, en outre, aux travailleuses autonomes et à la très grande majorité des travailleuses à statut précaire d’être, elles aussi, assurées. De plus, la souplesse qu’offre le projet du Québec, en permettant aux prestataires de choisir entre des options plus adaptées à leurs conditions, en ferait un régime particulièrement intéressant.

Les bonifications que propose le projet québécois sur les congés parentaux représentent un progrès social essentiel pour la majorité des familles québécoises. Pourquoi s’opposer à ce qu’un programme fédéral puisse être remplacé par un meilleur programme provincial dans un champ de juridiction des provinces? S’il s’agissait d’une façon de faire que le fédéral voulait imposer à toutes les provinces, il est à souhaiter que les Québécoises et Québécois ne seront pas les seuls à en être outrés. Si la position des ministres d’Ottawa ne s’adressait qu’à la population du Québec, le sens de l’équité politique des Canadiens devrait, dans ce cas aussi, soulever leur indignation. Le gouvernement canadien, s’il entend régler des comptes politiques avec un gouvernement dont il ne partage pas les visées constitutionnelles, choisit un terrain où il risque fort de se retrouver isolé. " Les querelles politiques, qu’elles soient constitutionnelles ou pas, ne doivent d’aucune façon trouver leur terrain sur le dos des femmes et des familles ", ont affirmé les représentantes du Regroupement pour un régime québécois d’assurance parentale.

Comment expliquer qu’un gouvernement, soi-disant préoccupé du bien-être de ses citoyennes et de ses citoyens, fasse barrage à une volonté qui rallie toute une population, et à un consensus qui traverse des organisations représentant toutes les couches de la société, des organisations communautaires aux associations patronales, des groupes de femmes aux associations familiales en passant par les organisations syndicales? Comment expliquer que le gouvernement fédéral, dans son dernier budget, prétende placer les familles parmi ses priorités et qu’il s’insurge quand un autre ordre de gouvernement décide d’assumer pleinement ses responsabilités en cette matière et qu’il le fasse en améliorant sensiblement le soutien aux familles? Le refus du gouvernement fédéral de même en discuter est un manque flagrant de respect envers les familles et les femmes du Québec.

Le Regroupement pour un régime québécois d’assurance parentale demande instamment au gouvernement fédéral de répondre à son appel, de changer sa position et de revenir à un comportement qui aille dans le sens des véritables intérêts de la population québécoise.
" Nous invitons les groupes de femmes et les associations qui se préoccupent des questions concernant les familles à se joindre à nous et à faire connaître leur opposition au comportement du gouvernement fédéral dans le dossier des congés parentaux ", ont conclu les porte-parole du Regroupement.

Le Regroupement rassemble actuellement les organisations suivantes : les AFEAS, Au bas de l’échelle, la CEQ, la CPS, la CSD, le Collectif des femmes immigrantes du Québec, la CSN, le CIAFT, la Fédération des associations monoparentales et recomposées du Québec, la FFQ, la FIIQ, la FTQ, le Regroupement naissances et renaissances, le SFPQ et le SPGQ.