FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Communiqué émis par CAP-Monde : Du dîner d’affaires… à la toast populaire

Montréal, le 8 février 2002  –   Cap-Monde, qui regroupe des mouvements communau-taires, syndicaux et étudiants, donnait aujourd’hui une conférence de presse à l’Accueil Bonneau et invitait les journalistes à manger une toast populaire pendant que les ministres des finances des pays les plus riches de la planète (le G7) se réunissaient à Ottawa et se préparaient à partager leur dîner d’affaires. Cap-Monde voulait faire connaître son opposition aux politiques d’appauvrissement du G7 et poser des questions aux ministres des finances du G7.

" La mondialisation actuelle est devenue comme un immense bingo : quelques rares gagnantEs et une multitude de perdantEs. Cela peut-il vraiment constituer un monde viable, habitable et sécuritaire ? Les ministres des finances des sept pays les plus riches de la planète (G7) auxquels s’est joint la Russie (G8) -et les institutions qu’ils contrôlent : Banque mondiale, Fond monétaire international, Organisation mondiale du commerce- devront amorcer un changement de cap radical s’ils entendent répondre aux interrogations de plus en plus insistantes de millions de citoyennes et de citoyens à travers le monde ", de déclarer les porte-parole de Cap-Monde.

Voici quelques-unes des questions adressées aux ministres des finances par Cap-Monde :

Pourquoi le revenu des pays les plus riches est-il aujourd’hui 59 fois celui des pays les plus pauvres (contre 30 fois en 1960…ce qui était déjà scandaleux) ? Pourquoi l’écart entre la tranche des 20% de la population mondiale la plus riche et celle des 20% la plus pauvre a-t-elle doublé dans la même période ?

Pourquoi dans le monde, une personne sur cinq vit-elle avec moins d’un dollar par jour et une sur sept souffre-t-elle chroniquement de la faim ? Pourquoi 11 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans sont-ils morts en 1998, la plupart de causes évitables ?

Pourquoi les femmes qui représentent la moitié de l’humanité et qui fournissent à elles seules les 2/3 des heures travaillées ne gagnent-elles que le 1/10 du revenu mondial et ne possèdent-elles que moins de 1/100 de la fortune mondiale ? Pourquoi le trafic des femmes et des enfants (surtout des petites filles) ?

Pourquoi les politiques économiques des Etats-Unis, du Canada et du Mexique sont-elles catastrophiques pour l’environnement ?

Les porte-parole de Cap-monde, madame Jennie Skene, présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, madame Manon Massé, coordonnatrice à la Fédération des femmes du Québec, madame Lorraine Théberge, représentante de la Conférence religieuse canadienne (Québec), monsieur Pierre Henrichon, représentant d’ATTAC-Québec et monsieur Jocelyn Huot, représentant de la Fédération étudiante collégiale du Québec, ont critiqué tour à tour ce modèle de développement économique. Ils ont démontré avec plusieurs exemples tirés de leur propre champ d’expertise, soit la santé, l’éducation, l’économie, l’environnement, l’écologie et la situation des femmes, qu’il n’y a pas de liens automatiques entre " croissance économique " et réduction des inégalités…au contraire.

Les représentants de Cap-Monde ont également fait part des solutions à proposer aux ministres des finances du G7. " Certes il n’existe pas de kit préfabriqué pour reconfigurer le monde, ni de projet déjà tout ficelé. Mais des alternatives crédibles sont réalisables maintenant ", ont-ils poursuivi.

En ce sens, ils ont transmis quelques-unes des solutions proposées pour un monde sans pauvreté et sans terrorisme, égalitaire et solidaire : un commerce équitable; des investissements productifs socialement et écologiquement responsables; l’annulation de la dette des pays du Tiers-Monde en tenant compte des principes de responsabilité, de transparence de l’information et d’imputabilité ; une mesure immédiate de partage de la richesse ; la taxation des transactions financières (en particulier la Taxe Tobin) ; des réinvestissements dans les services de santé et dans les services d’éducation ; la préservation du rôle de l’État en tant que défenseur du bien commun ; des mesures immédiates pour assurer l’égalité entre les femmes et les hommes et mettre fin à toutes les violences envers les femmes.

" Bâtir des ponts entre les peuples du monde, se nourrir du pluralisme que constituent des histoires et des cultures diversifiées, se renforcer mutuellement dans l’exercice d’une démocratie représentative et participative, partager une même passion pour le respect absolu des droits humains et un même engagement à les faire respecter, vivre enfin une véritable égalité entre les femmes et les hommes, prendre soin de tous les enfants, avoir accès à l’éducation, à la santé, à la culture et aux ressources les uns des autres en ayant le souci de l’environnement, partager les richesses de façon solidaire et équitable, échanger, se visiter, se comprendre, en arriver à vivre ensemble égaux/égales et différentEs…voilà ce que nous souhaitons pour le monde ", de conclure les porte-parole de Cap-Monde.

Organisations membres de Cap-Monde
Amis du Monde diplomatique . Alternatives . Artistes pour la Paix . Association québécoise pour un contrat mondial de l’eau . ATTAC-Québec . Association américaine des juristes . Conférence religieuse canadienne (Québec) . Concordia Student Union . Fédération autonome du collégial . Fédération des infirmières et infirmiers du Québec . Fédération étudiante collégiale du Québec . Fédération des femmes du Québec . Marche mondiale des femmes . Groupe opposé à la mondialisation des marchés . Opération SalAmi . Opération Québec-Printemps 2001 . Projet Genèse . Réseau québécois des groupes écologistes.