FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

À Montréal, du jamais vu ! Plus de 150 000 personnes prennent les rues du centre-ville pour dire non à la guerre.

Montréal, le 15 février 2003  –  Alors que la menace de guerre devient de plus en plus immédiate, samedi le 15 février, les estimations préliminaires portent à plus de 150,000 personnes le nombre de manifestants dans les rues de Montréal pour dire « NON A LA GUERRE, PLACE À LA PAIX », « PAS DE SANG POUR DU PÉTROLE » et pour exhorter le gouvernement canadien non seulement à refuser toute participation du Canada à cette guerre contre l’Irak et à la condamner ouvertement. À Montréal, certains commerçants, dont le Café Rico, ont même fermé leurs portes pour permettre à leurs employé-es de participer à cette immense rassemblement pour la paix organisée simultanément dans plus de 600 villes à travers le monde. Le Festival Montréal en lumière a même offert le chocolat chaud pour encourager (et réchauffer!) les manifestants sur la rue Sainte-Catherine.

Les manifestants se sont réunis au Carré Dominion autour d’imposant oiseau de paix – un immense oiseau multicolore de 14 mètres d’envergure fabriqué par des jeunes de 56 écoles et plusieurs groupes communautaires de la Montérégie. Le défilé a emprunté la rue Ste-Catherine jusqu’à Saint-Denis. Alors que la manifestation tournait sur Saint-Denis pour rejoindre René-Lévesque et le Complexe Guy-Favreau, il y avait toujours des milliers de personnes au point de départ, plus d’un kilomètre à l’Ouest!

En passant devant l’Église Christ Church près du Carré Philips, les manifestants ont été accueillis par les Raging Grannies qui, malgré leur âge respectable, ont elles aussi bravé le froid pour chanter leur opposition à la guerre. Parmi les manifestants, on notait la présence de plusieurs artistes, dont Luc Picard, Luck Mervil, Andrée Lachapelle, Monique Mercure, Bruce Cockburn, Abla Faroud, Jean-Louis Roux, Marc Messier, André Montmorency, Paul Savoie, Jean-Francois Casabonne, Marie-Claire Séguin, Martin Duckworth (proclamé vendredi « Artiste de la paix de l’année 2002 ») et Pascale Montpetit. Plusieurs élu-e-s fédéraux et provinciaux étaient présents dont : Louise Beaudoin, Ministre des Relations internationales du Québec et Gilles Duceppe, leader du Bloc Québécois.

À l’arrivée au Complexe Guy-Favreau, Abla Farhoud a présenté une texte touchant sur l’horreur humaine de la guerre. William Ray, casque bleu en ex-Yougoslavie en 1993, a dénoncé l’hypocrisie et le mensonge du gouvernement étasunien. Puis, Mary Foster, membre de l’Équipe de paix pour l’Irak – Irak Peace team de retour d’un séjour en Irak – a parlé de la peur qui règne parmi la population de ce pays dévasté par une douzaine d’années de sanctions économiques et des bombardements étasuniens et britanniques. Luc Picard a soulevée et réchauffé la foule en les appelant à dire non cette guerre «impérialiste, expansionniste, immorale et illégale». Sabine Friesinger, présidente du syndicat étudiant de l’Université Concordia, a annoncé une grève étudiante dans tous les campus canadiens pour le 5 mars prochain. Bruce Cockburn, chanteur canadien engagé, a rappelé aux manifestants que c’est le devoir des citoyens de ne pas seulement dénoncer la guerre, mais de l’arrêter.

Raymond Legault, porte-parole du Collectif Échec à la Guerre, a invité la population à continuer d’exercer des pressions pour que le gouvernement du Canada refuse toute participation aux côtés des États-Unis. Il a rappelé que dès le lendemain d’un déclenchement des hostilités, la population est invitée à tenir une vigile devant le Complexe Guy-Favreau à midi et 17h00 tous le jours. Le samedi suivant, le rendez-vous est donné pour une manifestation au Carré Dominion à 13h00.

C’est Luck Mervil qui a clôturé la journée en chanson, rapidement et spontanément reprise par la foule :« All we are saying, is give peace a chance… ». Malgré le froid, la danse et l’espoir étaient au rendez-vous.