FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

La guerre n’est pas terminée. Des milliers de personnes dans la rue pour dénoncer l’occupation illégale de l’Irak.

Montréal, le 12 avril 2003  –  En dépit de l’annonce de la chute de Bagdad plus tôt cette semaine, 12 000 personnes ont à nouveau manifesté dans les rues de Montréal, pour protester contre la guerre, car la guerre n’est pas finie. Les manifestations québécoises, à l’appel du Collectif Échec à la Guerre, s’inscrivent dans le cadre d’une journée de protestation à l’échelle internationale contre la guerre en Irak. Ailleurs au Québec, des manifestations ont eu lieu en Outaouais, à Québec, à Rouyn-Noranda, à Sherbrooke, à Granby et à Trois-Rivières.

« Nous devons dénoncer l’occupation. Nous n’avons pas le droit de nous taire, car se taire, c’est accepter que le droit international soit dorénavant réduit à la loi du plus fort », a dit Francine Néméh, porte-parole du Collectif Échec à la guerre.

Le Collectif :

  • dénonce l’occupation de l’Irak par les États-Unis;
  • demande au Premier ministre Jean Chrétien de condamner cette occupation illégale qui viole le droit international;
  • exige que le Canada réclame d’urgence une réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies, afin que l’ONU mette fin à l’embargo et au programme « Pétrole contre nourriture » et qu’elle mette en place les mécanismes qui permettront au peuple irakien de retrouver son indépendance, sa dignité et le contrôle de ses ressources naturelles, de ses institutions politiques et judiciaires;
  • dénonce le projet de « reconstruction » de l’Irak par les États-Unis;
  • réaffirme sa solidarité avec le peuple irakien.

La manifestation a emprunté le boulevard René-Lévesque en deux cortèges, l’un qui partait de l’Est et l’autre, de l’Ouest. Au point de rencontre, les discours et la musique solidaire les attendaient devant le Complexe Guy-Favreau.

Paul Klopstock, président des Artistes pour la paix, a rappelé les mots de Martin Luther King : «Nous n’aurons jamais la paix dans le monde avant de reconnaître que les moyens et les objectifs, le chemin et le but, ne peuvent être séparés.» Il a poursuivi : «Chaque victime d’une guerre est une défaite – et nous venons d’assister à des milliers de défaites» ainsi qu’à plusieurs centaines de milliers de défaites sous 12 ans de sanctions meurtrières.

Dan Bigras, artiste engagé : «Quand on prétend apporter la paix et la démocratie dans un pays, on ne touche pas aux enfants, sacramment ! Il faut réaffirmer que nous, on ne sera jamais du côté de l’agresseur !»

Amira Elias, d’origine irakienne, a parlé au nom de l’Alliance canadienne pour la Paix. Visiblement émue, elle a dit : «I don’t believe they (US and British armies) came to liberate us. They came to invade us. And they expect us to shake their hands? It’s not just the bombs that do the killing. Depleted Uranium will kill for thousands of years!»

Thierry et Émile Brodeur, deux enfant de 6e et 2e année primaire à Montréal, ont lu deux poèmes. Ces poèmes ont été écrits par des enfants des écoles Aquarelle et Le Tremplin, à Québec : «La guerre fait mourir, tandis que la paix fait rire».

«Nous rêvons d’un Irak libéré» a déclaré Françoise David, militante féministe. Elle a appelé au respect des droits humains et particulièrement ceux des femmes dont on ne parle jamais; justement, a-t-elle noté, ces femmes que nous ne voyons jamais sur nos écrans de télévision.

Zehira Houfani, d’origine algérienne, est de retour d’un séjour en Irak avec l’«Équipe de paix». Elle a fait le rapprochement entre l’expérience coloniale de son pays d’origine et ce que le peuple irakien vivra si nous n’arrêtons pas la machine de guerre. «Les militaires des État-Unis ont livré le pays (l’Irak) à l’anarchie» a-t-elle dit en se référant aux images de pillage retransmises par la télévision.

Raymond Legault, porte-parole du Collectif Échec à la guerre, a dénoncé l’hypocrisie étasunienne dans sa prétention de reconstruire l’Irak. «Les militaires américains n’ont pas bloqué le pillage et le saccage du Ministère de l’Éducation et de plusieurs musées historiques. Seul le ministère du Pétrole a été défendu !»

L’animation de la journée a été assurée par Maguy Métellus, présidente de la section québécoise de Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) et Paul Klopstock.