FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Des investissements nécessaires mais insuffisants.

Montréal, le 22 mai 2003  –  En réaction à l’annonce du ministre de la santé, Philippe Couillard, concernant des investissements de 250 millions $ dans le réseau de la Santé, la présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), madame Jennie Skene, a déclaré que « ces investissements sont essentiels, mais insuffisants pour que le système de santé du Québec soit en mesure d’offrir à la population les services dont elle a besoin ».

Selon la FIIQ, les cibles du ministre sont les bonnes, soit : désengorger les urgences, réduire les listes d’attente en chirurgie, accroître les services de première ligne et les services de maintien à domicile, cependant il faudrait investir davantage, particulièrement dans les services de première ligne. « Le réseau a besoin d’au moins 500 millions de dollars uniquement au niveau des services de première ligne afin d’obtenir des résultats positifs et durables qui auraient pour effet de réellement désengorger les urgences à moyen et à long terme. Quant à la réduction des listes d’attente pour les chirurgies et les services diagnostiques, nous estimons que la contribution des cliniques privées, si elle est nécessaire, doit être temporaire et que tous les efforts doivent être faits pour améliorer la capacité du réseau public à offrir à la population les services de santé qui répondent à ses besoins », de poursuivre la présidente de la FIIQ.

De plus, la FIIQ est inquiète quant à la capacité d’avoir du personnel en nombre suffisant, particulièrement des infirmières, problème qui sera encore plus aigu durant la période estivale et qui pourrait certainement compromettre les solutions préconisées par le ministre. Étendre les plages horaires des blocs opératoires ou encore augmenter les soins à domicile exigent du personnel infirmier et la FIIQ ne voudrait pas que ces solutions épuisent davantage les infirmières.

Quant aux efforts consentis par le ministre de l’ordre de 15 millions $ pour contrer les pénuries, la FIIQ les accueillent favorablement, cependant « ce que nous voulons ce sont des mesures permanentes qui rendront plus attrayants les postes de soir, de nuit et de fin de semaine. À cet égard, nous entendons demander, entre autres, des améliorations aux conditions de travail pour les infirmières oeuvrant le soir et la nuit lors de la négociation de notre prochaine convention collective », affirme Jennie Skene.

La FIIQ représente 45 500 infirmières oeuvrant dans 350 établissements de santé au Québec.