FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

La FIIQ dépose au gouvernement son projet de convention collective : Une approche audacieuse !

Montréal, le 9 juillet 2003  –  Aujourd’hui, la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) dépose au Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS) son projet de convention collective au nom des 45 000 infirmières qu’elle représente. Six priorités ont été identifiées et traduites dans un projet global qui sera porté et défendu à la table de négociation par le comité de négociation de la FIIQ.

" La situation des infirmières est loin de s’améliorer tant en ce qui a trait au déséquilibre entre l’offre et la demande, qu’à la surcharge de travail qui en découle. Cette charge de travail sans cesse croissante devient à son tour une cause importante des difficultés d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre infirmière : augmentation des heures supplémentaires, augmentation du taux d’absentéisme, etc. Afin de briser ce cercle vicieux, nous mettons de l’avant une approche audacieuse parce qu’elle apparaît être la meilleure voie pour endiguer le problème majeur de pénurie d’infirmières et protéger les acquis en matière de soins et de services de santé  ", a soutenu la vice-présidente de la FIIQ, responsable de la négociation, Lina Bonamie.

Voici, en résumé, les grandes priorités de négociation de la FIIQ :

  1. Un aménagement du temps de travail qui, tout en permettant de diminuer le nombre de jours de travail pour toutes les infirmières travaillant à temps complet, assurerait une meilleur conciliation vie professionnelle/vie personnelle. De plus comme le travail sur les quarts de soir et de nuit est moins attrayant, la réduction de la présence au travail serait plus importante sur ces quarts.
  2. Une stabilisation des postes qui viendrait limiter l’utilisation de la liste de disponibilité dans un contexte de pénurie où, normalement toutes les ressources disponibles devraient être mises à contribution pour la contrer.
  3. Un maintien et un développement des compétences qui feraient du milieu de travail un lieu d’apprentissage où s’offriraient des perspectives de formation et des possibilités de développer ses savoirs, un lieu motivant et valorisant pour les infirmières.
  4. Une prévention plus intégrée de la violence en milieu de travail afin que toutes les infirmières travaillent dans la dignité et dans un milieu exempt de violence.
  5. Un règlement accéléré des litiges pourrait se faire en simplifiant et en facilitant le processus de nomination des arbitres et le déroulement des auditions de grief.
  6. Un accès plus facile à des garderies en milieu de travail permettrait une meilleure conciliation famille/travail et augmenterait l’expression de disponibilités sur des plages horaires moins attirantes comme le soir, la nuit et les fins de semaine.

Ces six priorités, qui font l’objet d’une très forte adhésion des infirmières, constituent la pierre d’assise de notre projet de convention collective. Elles n’ont d’autre objectif que de donner des conditions de travail qui feront en sorte que les infirmières seront non seulement en nombre suffisant, mais également en santé et motivées pour dispenser des soins de qualité à une population qui en aura de plus en plus besoin ", de préciser la vice-présidente de la FIIQ.

Pour la FIIQ, le dépôt de ce jour couvre donc la quasi-totalité des questions normatives. La Fédération a fait le choix de ne pas aborder, pour l’instant, les demandes liées au salaire. Comme les travaux permettant de réaliser l’équité salariale ne sont pas complétés avec le gouvernement, la FIIQ juge qu’il aurait été prématuré d’avancer des propositions sur ces questions.

Selon la Fédération des infirmières, la prochaine ronde de négociation ne sera pas nécessairement facile puisqu’elle s’inscrit dans un contexte où les enjeux sociopolitiques sont grandement influencés par la privatisation, la déréglementation et le désengagement de l’État. En ce sens, le caractère novateur des demandes exigera une implication et une mobilisation soutenues pour convaincre les employeurs et le gouvernement de leur bien-fondé. " Ce que nous voulons c’est un milieu de travail où nos droits collectifs et individuels, comme infirmières, sont reconnus et respectés et où nous ne craindrons pas d’inviter nos filles et nos garçons à y faire carrière ", de conclure la vice-présidente de la Fédération, Lina Bonamie.

Vous trouverez aux adresses Internet suivantes plus de détails sur le projet de convention collective de la FIIQ :

www.fiiq.qc.ca/FIIQenAction/action1503_f.pdf
www.fiiq.qc.ca/FIIQenAction/action1504_f.pdf
www.fiiq.qc.ca/FIIQenAction/action1601_f.pdf