FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Un projet incohérent.

Montréal, le 31 juillet 2003  –  Au lendemain de la diffusion d’un rapport d’étude national indiquant que le quart des infirmières pourraient prendre leur retraite d’ici 2006 et générer de sévères pénuries d’infirmières, l’Hôpital du Sacré-Cœur a déposé à l’Alliance des infirmières de Montréal (AIM) des scénarios de coupures de postes d’infirmières qui entreraient en vigueur dans les prochaines semaines.

L’Hôpital justifie ces coupures par des objectifs de récupérations financières qui lui ont été fixés par la Régie régionale de Montréal et commandés par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). L’Hôpital ferait face à un déficit accumulé de 17 millions de dollars; or, la Régie aurait fixé à 10 millions le niveau maximal de déficit accumulé toléré. Ainsi, toute marge excédentaire doit être résorbée, soit 7 millions de dollars dans le cas de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. Comme on le sait, cet établissement est l’un des plus importants de la région métropolitaine. Étant à vocation tertiaire, il dessert, pour certaines spécialités, la population des régions périphériques allant jusqu’au Grand-Nord.

Faut-il rappeler que les infirmières de l’Hôpital du Sacré-Cœur ont, à plusieurs reprises au cours des dernières années, dénoncé la pénurie qui sévissait dans l’établissement et les conditions difficiles dans lesquelles elles devaient exercer leur profession. D’ailleurs, elles en ont déjà saisi le Conseil des services essentiels.

L’incohérence des scénarios de coupures de postes d’infirmières est d’autant plus grande que l’Hôpital du Sacré-Cœur comptait 167 postes d’infirmières vacants et que 10 859 quarts de travail ont été effectués en heures supplémentaires par les infirmières au cours de l’année financière qui se terminait au 31 mars 2002. Encore aujourd’hui, les infirmières travaillent régulièrement avec des équipes de base amputées de une à trois infirmières, particulièrement sur les quarts de jour et de soir. De plus, dans le cadre du Forum national de la planification de la main-d’œuvre, le syndicat local et l’employeur se sont inscrits dans un exercice de révision de l’organisation du travail qui vissait à cerner les pistes de solutions pour diminuer les effets de la pénurie tout en agissant sur le fardeau de tâche des infirmières. Tous les efforts investis dans cette démarche seraient balayés par la mise en branle d’un scénario unilatéral de coupures de postes qui se veut un exercice purement comptable et à courte vue.

Enfin, il n’y a pas si longtemps, le MSSS ciblait l’Hôpital du Sacré-Cœur comme un établissement à haut risque de rupture de services, considérant la pénurie de main-d’œuvre infirmière qui y sévissait. Dans ce contexte, comment expliquer la complicité du MSSS, de la Régie régionale de Montréal et des administrations hospitalières qui exigent de certains établissements du territoire, dont l’Hôpital du Sacré-Cœur, la récupération de millions de dollars. La Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), l’Alliance des infirmières de Montréal (AIM) et les représentantes de l’AIM –  Section Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal rejettent tout scénario de récupération financière qui se fera sur le dos du personnel soignant.