FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Sept organisations syndicales dans le réseau de la santé et des services sociaux disent non au projet de loi 30.

Québec, le 5 décembre 2003  –  Lors d’une conférence de presse tenue cet après-midi, les présidentes et président de sept organisations syndicales indépendantes du réseau de la santé et des services sociaux ont demandé le retrait du projet de loi 30.

Lors des consultations particulières sur ce projet de loi qui ont eu lieu les 4 et 5 décembre dernier, ces sept organisations ont fait entendre leur voix. Elles tiennent aujourd’hui à s’unir pour dénoncer cette sérieuse atteinte à la liberté d’association. « En décidant unilatéralement de la composition des unités de négociation dans le secteur de la santé, le gouvernement s’attaque aux organisations syndicales que des travailleuses et travailleurs se sont données pour répondre à leurs besoins en fonction de leur communauté d’intérêts. Les mesures proposées par le gouvernement nient le droit fondamental des personnes salariées d’appartenir à l’association représentative de leur choix. Nous nous objectons fermement à toute fusion forcée des unités de négociation qui, dans certains cas, pourrait même entraîner la disparition d’associations de personnes salariées reconnues depuis de nombreuses années », de déclarer les porte-parole des sept organisations syndicales.

Selon ces organisations, avec ce projet de loi, le gouvernement prétend remettre de l’ordre. Elles pensent plutôt qu’il provoquera des perturbations plus graves que celles qui ont affecté le réseau lors de la vaste restructuration et des départs massifs à la retraite des années 1990. Les changements structurels annoncés perturberont assurément l’environnement de travail. Ces organisations en appréhendent les effets négatifs suivants, soit la détérioration du climat de travail de même que la démotivation et l’augmentation de la détresse psychologique chez le personnel du réseau. Cela risque d’accentuer encore davantage la pénurie de personnel dans ce secteur d’emploi.

De plus, les organisations syndicales disent ne pas pouvoir passer sous silence le fait que la création d’une catégorie spécifique pour le personnel des métiers et des services auxiliaires vise à faciliter le transfert de ces services vers le secteur privé.

Quant aux modifications du régime de négociation proposées dans le projet de loi 30, les organisations croient que le gouvernement veut ainsi balayer du revers de la main des conditions de travail qui ont été négociées et agréées à la suite d’une haute lutte. « Que ce soit par la multitude de sujets à négocier localement, par les délais déraisonnables qui rendent interminable l’entrée en vigueur des conventions collectives nationales ou encore par la quantité d’argent et de temps que les employeurs devront soustraire des services à la population pour négocier, le nouveau régime proposé est tout simplement inadéquat », ont poursuivi les porte-parole. De plus, les sept organisations syndicales redoutent que les modifications proposées au régime de négociation créent des disparités et de la concurrence entre les établissements et entre les régions.

Enfin, les syndicats indépendants demandent de ne pas précipiter les débats sur ce projet de loi et s’opposent à son adoption puisqu’il nie des droits fondamentaux reconnus pour les travailleuses et travailleurs du Québec.

Les présidentes et président de ces sept organisations syndicales sont Monique Leroux, de l’Alliance professionnelle des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (APIIAQ), Élaine Trottier, de l’Association professionnelle des inhalothérapeutes du Québec (APIQ); Francine Genest, de l’Association professionnelle des technologistes médicaux du Québec (APTMQ), Dominique Verreault, de la Centrale des professionnelles et professionnels de la santé (CPS), Gilles Jean, de la Fédération des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (FIIAQ), Jennie Skene, de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) et Claudette Péloquin-Antoun, du Syndicat professionnel des diététistes et nutritionnistes du Québec (SPDNQ).