FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Communiqué émis par le Réseau de vigilance Mobilisation autour des consultations prébudgétaires

Montréal, le 25 janvier 2004  –  La mobilisation des groupes sociaux et des organisations syndicales se poursuit pour contrer les politiques du gouvernement actuel et pour exiger une juste redistribution de la richesse par le moyen du budget que prépare le ministre des Finances du Québec.

Ainsi, au cours des prochains jours, de nombreuses manifestations marqueront la tenue des consultations dans plusieurs régions du Québec. Des mémoires seront déposés par différentes organisations syndicales et communautaires du Québec. « Le document de consultations prébudgétaires brosse un diagnostic "catastrophe" de la situation financière du Québec et met directement en cause un modèle de société plus solidaire. Selon le gouvernement, les Québécois qui sont les plus taxés en Amérique du Nord vivent dans un "enfer fiscal". Cette attaque frontale du gouvernement constitue une rupture avec les choix collectifs des dernières décennies au Québec », a déclaré Lorraine Guay, une des porte-parole du Réseau de vigilance.

Un mauvais procès

A la veille du début des consultations prébudgétaires du ministre Séguin, il importe de dire à la population à quoi servent les impôts, parce que, de toute évidence, le gouvernement n’est pas prêt à le faire, tout occupé qu’il est à imposer sa "réingénierie" néolibérale.

Comment peut-on en effet dire qu’on paye trop d’impôt au Québec sans expliquer ce qu’on arrive à se payer collectivement avec ces mêmes impôts. « L’impôt, c’est une façon de se doter de formidables services qui profitent à toute la société. C’est la caisse commune qui permet à la société de concrétiser ses choix collectifs, de rendre concrets les droits de ses membres: le droit à l’éducation, le droit de vivre en santé, le droit de se faire soigner, le droit à un niveau de vie décent même quand le marché du travail nous est fermé, le droit à un environnement sain. En ce sens, les dépenses sociales doivent plutôt être considérées pour ce qu’elles sont : des investissements sociaux », a expliqué Serge Roy, également porte-parole du Réseau de vigilance.

La solidarité est une valeur centrale de notre vie collective et doit le rester

Le ministre Séguin se devra, bien sûr, d’investir substantiellement en santé et en éducation, mais le rôle de l’Etat ne saurait se réduire à ces deux seules missions. Il doit veiller à préserver le bien commun dans toutes ses décisions, qu’elles aient trait à la solidarité sociale, à la famille, au logement, à la culture, à l’immigration, à la sécurité, à la taxation, à l’emploi ou au développement régional. L’Etat doit se donner les moyens d’appuyer les initiatives que les groupes sociaux prennent pour contribuer au développement solidaire de notre la société.

Le ministre Séguin devra aussi veiller à ce que ces décisions budgétaires réduisent l’écart entre les riches et les pauvres de notre société.

« Des réductions d’impôt conjuguées à des relèvements de tarification de biens et de services publics ont pour résultat d’accroître les inégalités sociales, ce qui va tout à fait à l’encontre de la volonté de la plus grande partie de la population », ont poursuivi Lorraine Guay et Serge Roy.

Ainsi le budget doit contenir une série de mesures visant à soutenir les familles à faible revenu, puisque ces personnes risquent de s’appauvrir ; ne payant pas d’impôt, elles ne pourront bénéficier de baisses mais devront tout de même payer les nouveaux tarifs des services de garde, du transport en commun et d’électricité. Le gouvernement doit aussi annoncer dans les plus brefs délais le plan d’action pour contrer la pauvreté et l’exclusion sociale, attendu depuis des mois.

« Nous suivrons le ministre Séguin à la trace pendant ses consultations prébudgétaires pour nous assurer qu’il écoutera et entendra le message que viendront lui livrer les différents groupes qui ont déposé un mémoire », ont conclu Lorraine Guay et Serge Roy.

Le Réseau de vigilance regroupe des grandes organisations syndicales, des associations étudiantes, des groupes de femmes, des groupes de défense des consommateurs, des locataires, des personnes assistées sociales, des personnes handicapées, des groupes écologistes, des réseaux d’économie sociale, des groupes d’alphabétisation et d’éducation populaire, et beaucoup d’autres encore.