FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

La FIIQ est choquée d’apprendre que la direction du CHVO pourrait passer outre à la décision du Conseil des services essentiels.

Montréal, 15 avril 2004  –  La Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) et ses syndicats affiliés accueillent favorablement la décision du Conseil des services essentiels (CSE) en ce qu’elle reconnaît que tous les efforts pour trouver des solutions structurantes pour l’amélioration de la rétention des infirmières n’ont pas été faits. La nouvelle ordonnance émise par le CSE aura d’ailleurs pour effet de contraindre le Centre hospitalier des Vallées de l’Outaouais (CHVO) à se pencher sur l’organisation du travail qui prévaut dans les soins infirmiers et à rechercher les moyens pouvant favoriser l’attraction et la rétention des infirmières.

En revanche, Daniel Gilbert, vice-président de la Fédération, se dit stupéfait, même choqué, d’avoir appris que la direction générale du CHVO semble déterminée à poursuivre dans la voie de l’affrontement en remettant en question, et ce de façon unilatérale, le plan d’action négocié par les parties en 2000. Rappelons que ce plan d’action avait d’ailleurs été entériné par le CSE.

« Comment, de dire monsieur Gilbert, peut-on espérer rétablir un dialogue constructif devant une telle philosophie d’affrontement ? On peut bien s’entêter à se battre sur le plan juridique, mais quand la direction va-t-elle commencer à penser une minute aux infirmières qui vivent quotidiennement les répercussions négatives de la pénurie ? Quand va-t-elle accepter de réfléchir un seul instant aux raisons qui motivent le départ d’un nombre important d’infirmières du CHVO ? Quand va-t-elle s’interroger sur les motifs qui les poussent personnellement et de façon tout à fait spontanée et non organisée à diminuer leur disponibilité? Elles se sentent bafouées, non respectées. C’est d’ailleurs pour ces raisons, ajoute le vice-président de la FIIQ, qu’elles signent actuellement une pétition demandant la démission du directeur général ».

Pour sa part, la FIIQ à l’instar de ses syndicats affiliés répète qu’elle est disposée et disponible pour participer le plus rapidement possible aux travaux du groupe de travail que le CSE a ordonné de mettre sur pied pour « trouver des solutions durables à la problématique des heures supplémentaires (…) établir le portrait sur la planification de la main-d’œuvre infirmière avant le début de juin 2004, voir à la mise en place de pistes de solution pour le début septembre 2004 et procéder à une évaluation des résultats pour la mi-octobre 2004 ».

Agir sur les différents aspects de l’organisation du travail et de la planification de la main-d’œuvre, « permettra aux infirmières de soigner avec dignité dans un environnement favorisant l’accomplissement d’un travail de qualité auprès de la clientèle du Centre hospitalier des Vallées de l’Outaouais », c’est assurément la conviction de Daniel Gilbert.

Selon la FIIQ, les incitatifs financiers qui avaient incité les infirmières à offrir volontairement une plus grande disponibilité pour effectuer des heures supplémentaires doivent être maintenus. C’est une condition indispensable pour le retour à un climat propice aux discussions et à la recherche de solutions durables.
« Comment, se demande monsieur Gilbert, le CHVO peut-il s’entêter à vouloir renier sa signature alors que le CSE confirme que l’ordonnance de mai 2000 est toujours en vigueur et qu’une entente est nécessaire entre les parties pour modifier les incitatifs financiers présents au plan d’action ? »

« Un tel entêtement, de la part du conseil d’administration et du directeur général, à vouloir modifier les incitatifs financiers les rendra responsables de la diminution des services à la population », de conclure le vice-président de la FIIQ.