FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Le bâillon pour le projet de loi 61 : la FIIQ est outrée par l’attitude du gouvernement.

Montréal, le 15 décembre 2004  –  La Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) est outrée par l’attitude du gouvernement du Québec qui vient d’adopter le projet de loi 61 sur l’Agence des partenariats public-privé (PPP). C’est sous le bâillon que le gouvernement du Québec a donc décidé d’adopter ce projet de loi, et bien d’autres, avant la période des fêtes.

« Le gouvernement Charest nous démontre encore aujourd’hui qu’il garde le cap sur sa réingénierie de l’État. En dépit des sévères critiques et des nombreuses requêtes de multiples intervenants de la société pour le retrait de ce projet de loi, le gouvernement du Québec a fait la sourde oreille et poursuit sa croisade en faveur des PPP », de déclarer Jennie Skene, présidente de la FIIQ.

À la suite de la commission parlementaire sur le projet de loi, la présidente du Conseil du trésor, madame Monique Jérôme-Forget, a présenté les amendements apportés à celui-ci. Cependant, ces amendements ne viennent pas modifier ni la portée ni le fond du projet de loi. « La définition des PPP reste excessivement large, tous les ministères et organismes gouvernementaux y demeurent obligatoirement soumis, y compris celui de la santé et des services sociaux. Il couvre les établissements, les agences régionales, de même que les services de santé et les services sociaux », de poursuivre madame Skene.

Lors de son passage en commission parlementaire le 26 octobre 2004, la FIIQ réclamait le retrait du projet de loi 61. « Les amendements déposés la semaine dernière n’ont certainement pas permis d’apaiser les craintes du milieu de la santé, pas plus que celles de d’autres milieux, relativement à l’éventuelle mise sur pied d’une telle agence », souligne Jennie Skene. La FIIQ considère que le Conseil du trésor est à redéfinir les missions essentielles de l’État, et ce, sans débat public, tel que réclamé par un bon nombre d’organisations, et une commission parlementaire de quelques semaines ne peut en tenir lieu quoiqu’en dise la présidente du Conseil du trésor.

La FIIQ réitère que le recours aux partenariats public-privé est extrêmement dangereux pour l’ensemble des services publics au Québec. La Fédération est d’avis que le système de santé est sérieusement menacé.