FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Campagne électorale au Québec : le SISP est inquiet quant à l’avenir des services publics et des valeurs sociales du Québec.

Montréal, le 18 mars 2007  –  Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), qui regroupe la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), prévient ses 300 000 membres et la population du Québec que le résultat de l’élection du 26 mars prochain pourrait représenter un danger réel pour le maintien des valeurs de justice sociale, d’égalité et de solidarité qui ont toujours caractérisé le modèle québécois et qui sont assurées à travers la dispensation de nos services publics.

Les présidents de la CSQ, M. Réjean Parent, de la FIQ, Mme Lina Bonamie, du SFPQ, M. Michel Sawyer et du SPGQ, M. Gilles Dussault, interviennent dans la présente campagne électorale suite à des rencontres qu’ils avaient sollicitées auprès des chefs des cinq principaux partis politiques afin de connaître leurs engagements pour le maintien de services publics de qualité et accessibles à l’ensemble des citoyens du Québec.

Une invitation ignorée par MM. Jean Charest et Mario Dumont

D’entrée de jeu, les dirigeants syndicaux du SISP se disent extrêmement déçus que seuls les chefs du Parti Québécois, M. André Boisclair, de Québec Solidaire, Mme Françoise David, et du Parti vert, M. Scott McKay ont accepté de les rencontrer.

« Au Parti libéral du Québec, nous avons eu des contacts téléphoniques avec l’entourage de M. Jean Charest sans pouvoir ficeler une rencontre sous prétexte que la formule proposée ne convenait pas. Du côté de l’Action démocratique du Québec (ADQ) et de son chef, M. Mario Dumont, nous n’avons même pas eu droit à un simple accusé de réception à la lettre faisant part de notre demande de rencontre. Pour les chefs syndicaux qui représentent la majorité des travailleuses et des travailleurs du secteur public au Québec, le silence de M. Dumont nous en dit plus long que tous ses discours sur le type de relations qu’il souhaite entretenir avec les employés de l’État s’il est porté au pouvoir », font part les leaders du SISP.

Un choix qui pèsera lourd sur le maintien de services publics de qualité et accessibles

Bien qu’ils n’ont pu rencontrer les chefs du PLQ et de l’ADQ, les chefs syndicaux croient que l’expérience vécue depuis 4 ans avec un gouvernement libéral et le programme de l’ADQ suffisent amplement pour leur permettre de tirer des constats importants dans la campagne électorale en cours.

« Cette élection est historique au Québec, non pas tant parce que trois partis politiques sont pratiquement à égalité dans les sondages, mais surtout parce que c’est la première fois que l’enjeu est aussi important. Le choix que les Québécoises et les Québécois feront le 26 mars prochain pourrait avoir des conséquences majeures sur le maintien de services de santé et d’éducation universels et de qualité et sur une multitude d’autres services indispensables offerts par la fonction publique québécoise », affirment les dirigeants syndicaux.

Les valeurs québécoises assurées par trois partis politiques

Les porte-parole du SISP préviennent leurs membres et la population que les idées proposées par deux partis, le PLQ et l’ADQ, si elles devaient être mises en application, éloigneront la société québécoise de ses valeurs de solidarité et de justice sociale auxquelles la population a confirmé son attachement.

« Un récent sondage CROP a démontré que 57 % de la population québécoise souhaite conserver le modèle québécois qui assure un accès gratuit à des services publics de qualité. Ce taux est encore plus élevé chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Une grande majorité de la population a clairement affirmé qu’elle souhaite le maintien du rôle de l’État pour répartir équitablement notre richesse collective. Pour nous, il ne fait aucun doute que trois partis seulement, soit le Parti Québécois, Québec Solidaire et le Parti vert s’engagent à répondre à cette volonté populaire », soutiennent unanimement MM. Réjean Parent, Michel Sawyer, Gilles Dussault et Mme Lina Bonamie.

Des conséquences sérieuses pour la classe moyenne

Les dirigeants syndicaux ajoutent qu’à l’inverse, le Parti libéral du Québec et l’Action démocratique du Québec proposent une direction opposée aux Québécoises et aux Québécois.

« L’expérience vécue depuis 2003 avec un gouvernement libéral nous a démontré sa capacité de déconstruction et d’affaiblissement de l’État québécois. Quant à l’ADQ, il y a un danger encore plus réel. Le pire, c’est que c’est la classe moyenne et les gens les plus vulnérables qui seraient les grands perdants des mesures proposées tant par le PLQ que par l’ADQ », soutiennent les leaders du SISP.

Le nouveau modèle québécois proposé

Les chefs syndicaux croient que la population doit choisir entre le modèle québécois actuel ou un autre modèle qu’ils décrivent dans les termes suivants :

« Veut-on d’un système de santé où l’on ouvrira encore plus la porte au privé avec pour conséquence qu’il faudra payer pour recevoir des soins ou pour contourner les listes d’attente? Souhaite-t-on vraiment la disparition des commissions scolaires, ce qui mettra en danger la survie de plusieurs écoles dans certaines régions faute d’un partage de la richesse comme c’est actuellement le cas ? Sommes-nous vraiment d’accord avec le développement d’un système de services de garde parallèle qui ne peut que mettre en péril le service actuel? Peut-on vraiment accepter qu’on diminue encore plus le nombre de fonctionnaires et de professionnels du gouvernement sachant que cela aura des conséquences indéniables sur les services à la population avec des dangers certains pour la sécurité des citoyens (transports, environnement, etc.)? », questionnent les leaders syndicaux.

Un important appel au vote

MM. Réjean Parent, Michel Sawyer, Gilles Dussault et Mme Lina Bonamie exhortent donc les 300 000 membres et la population à participer en grand nombre au scrutin du 26 mars prochain et à voter dans le sens de leurs intérêts.

« Avec les enjeux sérieux qui sont dans la balance, le résultat de cette élection pourrait changer le visage de la société québécoise. La population doit choisir d’un côté entre les valeurs de justice sociale et de solidarité garanties par le PQ, QS et le PV, ou de nouvelles valeurs plus individualistes encouragées par le PLQ et l’ADQ. C’est le choix qui se pose devant nous le 26 mars prochain », concluent les chefs syndicaux du SISP.