FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Réaction du SISP aux résultats des élections : la réélection du PLQ et la force de l’ADQ n’augurent rien de bon pour les services publics.

Québec, le 26 mars 2007  –  Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), regroupant la CSQ, la FIQ, le SFPQ et le SPGQ, considère que l’élection d’un gouvernement minoritaire libéral n’augure rien de bon pour l’avenir des services publics. Cependant, les représentants du SISP estiment que le gouvernement libéral devra prendre acte de l’avertissement très sérieux que vient de lui servir la population. Selon le SISP, le style de gestion de ce gouvernement, basé notamment sur la confrontation et la négation des valeurs québécoises associées au modèle québécois, a grandement contribué à faire en sorte que Jean Charest se retrouve maintenant à la tête d’un gouvernement minoritaire.

Pour les porte-parole du SISP, les quatre dernières années ont été marquées négativement par une volonté gouvernementale de s’attaquer aux services publics. Pourtant, tous les sondages réalisés sur cette question indiquent clairement que les Québécoises et les Québécois sont attachés à leurs services publics et que cela prévaut même sur les promesses d’éventuelles baisses d’impôt. « Le gouvernement libéral, qui vient d’être placé sous haute surveillance par la population, devra tenir compte de cette réalité s’il souhaite être en mesure de gouverner le Québec dans le respect des valeurs de justice, d’équité et de solidarité qui sont si chères aux Québécoises et aux Québécois », soulignent les présidences des organisations membres du SISP.

Le président de la CSQ, Réjean Parent, souligne que « la réélection d’un gouvernement libéral n’annonce rien de bon pour l’avenir des services publics. En voulant consacrer à des baisses d’impôt les montants supplémentaires pour la péréquation, M. Charest insulte l’intelligence des Québécoises et des Québécois. Nous savons tous que nos services d’éducation et de santé et services sociaux manquent cruellement de ressources pour offrir les services de qualité auxquels la population aspire. Nous allons nous battre afin que le gouvernement Charest revoie la façon d’attribuer les transferts du fédéral. »

Pour sa part, le président général du SFPQ, Michel Sawyer, est particulièrement inquiet par le rôle que jouera l’ADQ face à un gouvernement minoritaire libéral. « La balance du pouvoir, c’est la population qui doit l’exercer et non l’ADQ. Le gouvernement Charest doit agir dans le sens souhaité par la population et donner plus d’oxygène aux services publics qui en ont bien besoin. A cet égard, les partis d’opposition devront également agir de façon responsable », soutient-il.

De son côté, le président du SPGQ, Gilles Dussault, constate qu’encore une fois la fonction publique a été le bouc émissaire de l’ADQ et du PLQ au cours de cette campagne électorale. « Cela n’a rien de rassurant pour l’avenir des services publics dispensés par les ministères et les organismes de la fonction publique. Les résultats de la présente élection risquent de nous amener encore plus de sous-traitance, encore plus de privatisation et de médecine à deux vitesses », déplore M. Dussault.

Quant à la présidente de la FIQ, Lina Bonamie, elle estime que la population vient de signifier très clairement au Parti libéral que son bilan en santé est loin d’être positif. « En ce sens, le gouvernement devra réajuster le tir afin de garantir aux Québécoises et aux Québécois l’accès aux soins de santé, tel qu’ils le souhaitent. »

Enfin, peu importe les résultats de cette élection, les organisations membres du SISP se disent déterminées à poursuivre leurs efforts visant à défendre et à promouvoir l’accès à des services publics de qualité. « La tournée des régions que nous venons de compléter nous a démontré hors de tout doute que les mesures néolibérales mises de l’avant par le gouvernement Charest au cours de son premier mandat ont grandement contribué à détériorer les services publics offerts par la fonction publique et par les réseaux de la santé et de l’éducation. Au cours des prochains mois, nous avons bien l’intention d’en faire la démonstration et de prendre à témoin la population afin d’amener le gouvernement à agir dans le sens des intérêts de la société québécoise », ont conclu les porte-parole du SISP.

Profil du SISP

Le SISP regroupe près de 300 000 membres, issus de quatre organisations syndicales (SPGQ, SFPQ, FIQ et CSQ), dont près de 245 000 proviennent des secteurs public, parapublic et péripublic. Le SFPQ représente 43 000 membres, dont 40 000 sont issus de la fonction publique québécoise. La FIQ représente 57 000 membres du secteur de la santé. La CSQ représente près de 180 000 membres, dont près de 125 000 œuvrent au sein des secteurs de l’éducation et de la santé. Quant au SPGQ, il regroupe près de 19 000 personnes de la fonction publique, des sociétés d’État, des réseaux de l’éducation et de la santé du Québec.