FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Des bonnes conditions de travail : un outil gagnant pour contrer la pénurie

Joliette, le 16 mai 2007  –  Les professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires de la région de Lanaudière lancent un message clair aux employeurs : « Profitez de la négociation locale pour améliorer les conditions de travail et, ainsi, contrer la pénurie actuelle et future des infirmières, des infirmières auxiliaires et des inhalothérapeutes ».

État de la situation

Rappelons que le gouvernement libéral de Jean Charest a modifié le processus de négociation de la convention collective en décentralisant 26 matières. Ces dernières doivent être négociées localement avec les employeurs.

En décembre 2005, le gouvernement libéral a décrété la grande majorité des conditions de travail et salariales des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires. Selon lui, le processus de négociation locale devait permettre de répondre aux besoins des professionnelles. « Certains employeurs l’ont compris et ont démontré une réelle volonté d’améliorer les conditions de travail de leurs professionnelles puisque les deux parties ont conclu une entente. Dans la région de Lanaudière, nous savons que l’amélioration des conditions de travail attirera et retiendra les professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires. C’est pourquoi nous espérons une conclusion positive de nos négociations locales », de dire les représentantes syndicales.

La pénurie de main-d’œuvre : quelques données

Que ce soit dans le sud ou le nord de Lanaudière, le nombre de départs est depuis plusieurs années plus élevé que le nombre d’embauches. « Par exemple, en 2006, au Centre de santé et de services sociaux du Nord de Lanaudière (CSSSNL), il y a eu 82 embauches et 145 départs. De plus, le quart des infirmières et des inhalothérapeutes et le cinquième des infirmières auxiliaires prendront leur retraite d’ici cinq ans », de préciser le responsable de la négociation au CSSSNL, Stephan Clermont. Quant au CSSS du Sud de Lanaudière (CSSSSL), la présidente du syndicat, Julienne Gagnon, affirme que « le Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur, à lui seul, présentait l’an dernier un déficit de 15 infirmières entre les embauches et les départs. De plus, 25 % des infirmières auxiliaires et 15 % des infirmières prendront leur retraite d’ici cinq ans. Enfin, le CSSSSL a fait appel à des agences privées pour l’équivalent de 70 postes à temps complet ».

Cette pénurie affecte grandement les conditions de travail des professionnelles en soins, puisqu’elle apporte une surcharge de travail au quotidien, des heures de travail supplémentaires qui épuisent ainsi que le recours aux agences privées qui nuit à la continuité des soins. Comment attirer du personnel avec des conditions semblables?

Pour les représentantes syndicales, il ne fait aucun doute que la pénurie de main-d’œuvre touchant les établissements a également des effets directs sur la qualité des soins et leur accessibilité. « Augmenter le nombre d’étudiantes dans les établissements académiques fait partie des pistes de solutions qui peuvent diminuer cette pénurie mais encore faut-il que ce soit associé à de meilleures conditions de travail. Pour attirer une relève suffisante et la retenir dans les établissements de santé de notre région, il faut une volonté de la part des employeurs de s’asseoir et d’identifier, ensemble, les meilleures pistes de solutions à mettre de l’avant. Les employeurs ne peuvent plus continuer à faire de la gestion des ressources humaines au jour le jour », de poursuivre les représentantes syndicales.

Au centre des préoccupations : l’attraction et la rétention des professionnelles

D’ailleurs, au dire même de l’association patronale, l’AQESSS, la négociation locale est une opportunité pour réduire les heures supplémentaires, pour favoriser la stabilisation des postes, la conciliation famille-travail ainsi que le maintien et le développement des compétences.

« Nous enjoignons donc nos employeurs à réaliser une réelle planification de la main-d’œuvre, à remplacer les absences, à réaménager le temps de travail, à écourter la période de congé  annuel, à offrir des postes adéquats, à prendre des mesures préventives pour diminuer les risques liés aux maladies infectieuses et à respecter les limites de chacune et de chacun. Ce sont tous des sujets à négocier localement », de préciser les représentantes syndicales.

Une compétition malsaine

« Il est également important de ne pas créer de distorsion entre les conditions de travail des différents établissements de la région de Lanaudière afin de ne pas créer de compétition dans le recrutement des professionnelles : une compétition qui ne rend pas service aux établissements ni aux professionnelles en soins et encore moins à la population qui a droit à des services accessibles et de qualité », de conclure la vice-présidente de la FIQ, Élaine Trottier.

Informations supplémentaires

Les deux syndicats affiliés à la FIQ représentent toutes les professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires des établissements suivants :

Centre de santé et de services sociaux du Sud de Lanaudière – CSSSSL :

  • CLSC Lamater
  • CLSC-CHSLD Meilleur
  • Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur
  • CHSLD Deux-Rives

Centre de santé et de services sociaux du Nord de Lanaudière – CSSSNL :

  • CLSC Joliette
  • Carrefour de la santé et des services sociaux de Matawinie
  • CLSC-CHSLD d’Autray
  • CLSC-CHSLD Montcalm
  • Centre hospitalier régional de Lanaudière