FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Selon les infirmières, les premiers ministres ont abandonné la question du système de santé public

Québec, le 18 juillet 2008  —  Où se situent les premiers ministres et le Conseil de la fédération sur les problèmes les plus pressants du système de santé public au Canada?  Des problèmes tels que la pénurie de personnel spécialisé, la rétention de personnel, les conditions de travail et la relève. Les effets de la privatisation. Les conséquences de l’augmentation des prix des médicaments.

C’est la question que pose Linda Silas, présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières/infirmiers (FCSII) et Lina Bonamie, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représentent 215 000 professionnels de la santé d’un océan à l’autre. Cette question émane d’un document intitulé « Réaliser notre vision des soins de santé : Principales orientations adressées aux premiers ministres » qui résume une journée de réflexion et de débats qui a eu lieu à Québec à la veille de la rencontre des premiers ministres provinciaux. Ce groupe de discussion a réuni plus de 75 experts — professionnels de la santé, chercheurs, administrateurs et dirigeants de diverses organisations professionnelles — pour traiter des problèmes pressants auxquels le système de santé public doit faire face.

« Celles et ceux qui font fonctionner le système pour les Canadiennes et les Canadiens qui en ont besoin se sentent abandonnés en raison du silence des premiers ministres sur les vrais problèmes », de dire Linda Silas, présidente de la FCSII. « Par exemple, en ce moment, les premiers ministres demeurent silencieux quant à la pénurie de ressources humaines dans le domaine de la santé. Ce silence est un affront aux Canadiennes et Canadiens pour qui le système de santé est primordial. »

« Assurer l’avenir du système de santé public et maintenir la confiance des citoyens dans le système est un élément clé de la définition de tâches des premiers ministres » de dire la présidente de la FIQ,  Lina Bonamie.  « C’est irresponsable de la part des premiers ministres de se défiler de cette obligation. »

Les principales orientations adressées aux premiers ministres sont les suivantes :

  • La privatisation, y compris les PPP, n’est pas la solution.
  • L’importance de la rétention et de l’attraction de la main-d’œuvre canadienne dans le domaine de la santé a atteint un seuil critique dans plusieurs régions du pays. C’est pourquoi il faut adopter une approche concertée, pancanadienne, qui met à contribution tous les gouvernements et comprend les mesures suivantes :
    • Mise sur pied des programmes de financement – assortis d’une garantie de service – pour couvrir les frais de scolarité des professionnels de la santé, en grande demande.
    • Réorganisation du programme de stage de formation de l’assurance-emploi afin qu’il soit offert aux professionnels de la santé, leur permettant ainsi de maintenir ou d’améliorer leurs compétences.
    • Instaurer une culture de sécurité au travail par l’entremise de projets de santé et sécurité du travail dans les milieux.
  • Un régime national d’assurance-médicaments est essentiel pour assurer le contrôle des coûts du système de santé. À cette fin, les provinces doivent collaborer ensemble et avec le gouvernement fédéral.
  • Les Canadiennes et les Canadiens s’attendent à ce que les fonds publics soient dépensés de façon intelligente, prudente et raisonnable. Une plus grande transparence et des débats publics éclairés sont essentiels afin de savoir où va l’argent investi en santé.

Les présidentes de la FCSII et de la FIQ soulignent toutes deux que « l’urgence de ces questions est telle qu’aucune province ne peut s’y attaquer seule. Les premiers ministres ont oublié qu’ils ont créé le Conseil de la fédération justement pour travailler ensemble sur ces questions. C’est bien triste. »

La  Fédération canadienne des syndicats d’infirmières/infirmiers (FCSII) représente plus de
158 000 membres et membres associés dans neuf provinces. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec représente 57 000 professionnelles en  soins infirmiers et cardiorespiratoires au Québec. Ensemble, la FIQ et la FCSII représentent plus de 215 000 professionnels de la santé.

Le document complet « Réaliser notre vision des soins de santé : Principales orientations adressées aux premiers ministres » est disponible sur les sites web www.fcsii.ca et www.fiqsante.qc.ca, ou en utilisant les liens ci-dessous :