FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Les primes de valorisation du ministre …ou comment ne pas reconnaître les besoins des professionnelles en soins

Quelle approche simpliste et inadéquate pour répondre aux défis de la pénurie de main-d’œuvre au Québec! Depuis déjà plusieurs années, nous avons fait part au gouvernement, notre employeur, que la solution pour attirer et garder les infirmières et les infirmières auxiliaires dans le réseau public de la santé est l’amélioration des conditions de travail. La promesse électorale du gouvernement Charest, traduite par la prime de valorisation du ministre Bolduc, est une insulte aux professionnelles en soins qui œuvrent dans des conditions difficiles. De plus, cette mesure, aussi inefficace qu’elle puisse l’être, s’adresse à une minorité de professionnelles en soins. Le ministre Bolduc a même eu l’audace d’assortir les primes promises de conditions de disponibilités irréalistes de la part des professionnelles visées. Rappelons que le gouvernement versera une prime salariale de 3 000 $ par année aux infirmières pendant leurs trois premières années d’exercice et de 8 000 $ par année supplémentaire d’exercice pour celles qui sont à la veille de leur retraite. Cette prime est fixée à  2 000 $ pour les infirmières auxiliaires.

Ne nous méprenons pas, la FIQ ne s’oppose pas à des primes mais refuse de donner au gouvernement un quelconque crédit pour agir sur la pénurie de main-d’œuvre en proposant un remède inefficace. Plusieurs infirmières et infirmières auxiliaires ont déjà affirmé que ces primes ne les garderaient pas au travail au-delà de leur retraite puisque les conditions de travail sont trop difficiles.

Qui connaît le mieux les besoins des professionnelles en soins

Lors d’une rencontre avec le ministre, la Fédération lui avait fait part de son souhait à l’effet que cet argent soit utilisé afin de mettre en place des mesures plus structurantes pour soulager la pression que vivent quotidiennement les professionnelles. Des mesures qui pourraient mettre fin aux heures supplémentaires obligatoires et à l’utilisation du recours au personnel d’agences privées et qui pourraient créer des postes à temps plein et offrir du mentorat aux nouvelles embauchées. Le gouvernement ne veut pas négocier les conditions de travail avec ses employé-e-. Il l’a prouvé en imposant un décret en 2005 et il récidive en préférant offrir des primes inadéquates pour se faire du capital politique plutôt que de négocier avec la FIQ, une fédération démocratique qui regroupe la grande majorité des professionnelles en soins du Québec et qui consulte ses membres sur leurs besoins et sur les solutions à mettre de l’avant pour améliorer les conditions de travail.

Le gouvernement doit comprendre que la source du problème d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre, ce sont les conditions de travail intenables. Pour rendre le réseau public de la santé plus attrayant et pour assurer des soins de qualité à la population, il faut humaniser les conditions d’exercice des professionnelles en soins. Comment ? Le gouvernement doit s’assoir avec la FIQ, l’organisation qui connaît la situation et qui propose des solutions qui répondent aux besoins des membres et qui amélioreront les soins de santé au Québec.

En espérant le retour du beau temps, je souhaite à toutes les personnes qui œuvrent dans le réseau de la santé, de bonnes vacances.

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