FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Négociations : Des demandes légitimes pour la survie des services publics

En mai dernier, lorsque le Front commun a dévoilé ses demandes salariales, plusieurs commentateurs ont poussé des cris d’indignation, qualifiant même les dirigeants syndicaux de martiens parce qu’ils ne semblent pas réaliser qu’il y a une crise économique.

Le premier ministre Jean Charest en a remis à la fin du mois d’octobre en annonçant que le déficit du Québec est plus important que prévu. Il a alors déclaré que tout le monde devra faire un effort et que les dépenses publiques devront inévitablement être compressées pour résorber le déficit. Il venait de mettre la table pour les négociations du Front commun.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement a une telle attitude à l’égard des négociations de ses employés. Rappelons-nous qu’en décembre 2005 dans un contexte de croissance économique, le gouvernement Charest a adopté un décret pour mettre fin prématurément aux négociations et imposer une convention collective pour six ans, avec un gel des salaires les deux premières années et une augmentation de 2 % par an pour les quatre années suivantes.

C’est ce type d’attitude gouvernementale qui a fait perdre du terrain au secteur public québécois. Une étude de l’Institut de la statistique du Québec publiée en 2008 démontre que les employés du secteur public accusent en moyenne un retard salarial de 7,7 % par rapport à l’ensemble des salariés québécois et de 5,2 % par rapport à ceux du secteur privé.

Or, les conditions de travail ont un impact direct sur l’attraction et la rétention des salariées; le secteur de la santé en est un exemple particulièrement éloquent. C’est le gouvernement qui devra donc faire un effort en admettant que la survie des services publics passe par l’amélioration des conditions salariales et de travail des employées de l’État.

Jean-Robert Sansfaçon, éditorialiste au quotidien Le Devoir, écrivait le 13 mai dernier que : « Pour la première fois depuis longtemps les centrales syndicales feront front commun lors de la prochaine ronde de négociations dans le secteur public et parapublic. Compte tenu des disparités qui se creusent entre les différentes catégories d’employés… (et) du jeu habituel de la négociation, on ne peut pas prétendre que les demandes initiales présentées par le Front commun sont extravagantes : 11,5 % sur trois ans, voilà qui laisse place à la négociation d’une entente respectueuse de la capacité de payer des Québécois, selon l’expression consacrée. Une chose est certaine : Québec serait très mal venu de geler les salaires de ses employés malgré la situation économique difficile ».

Non, nous ne sommes pas des martiens! Nous représentons des salariées qui assurent l’offre de services publics de qualité à la population et qui ont déjà fait plus que leur part pour éviter de surcharger le budget du Québec. Les sommes consenties pour l’amélioration de leurs conditions de travail constituent un investissement pour la survie des services publics.

Syndicalement vôtre,