FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!

Bien du chemin a été parcouru depuis le temps où les femmes n’avaient pas le droit de vote, pas le droit de signer un chèque ou de prendre des décisions pour leurs enfants sans le consentement de leur conjoint. Toutefois, ne nous méprenons pas. Malgré ce qui circule dans les médias, l’égalité n’est pas encore une réalité! Les études abondent, les chiffres nous accablent : malgré des avancées certaines, les inégalités perdurent.

En 2004, le Canada se classait au 7e rang selon l’indice d’inégalité entre les sexes établi par le Forum économique mondial. En 2009, il se classait au 25e rang selon ce même indice et au 73e rang selon l’indice de disparité entre les sexes de l’ONU. Les femmes ne gagnent encore que 70,5 % du salaire des hommes, et même les femmes détenant une formation universitaire ne gagnent que 0,79 $ pour chaque dollar gagné par leurs collègues masculins. En matière de violence conjugale, 83 % des victimes sont des femmes. À l’échelle mondiale, les femmes comptent pour près de 70 % des 1,3 milliards de personnes vivant dans la pauvreté et deux tiers des analphabètes.

Au cours des cinquante dernières années, de multiples conventions et instruments internationaux ont été adoptés. Toutefois, avec les politiques néolibérales qui attaquent de plein fouet les services publics et qui ouvrent tous les domaines de l’activité humaine aux forces débridées du marché, les inégalités, la discrimination et la violence non seulement persistent, mais s’accentuent.

En 2000, des centaines de milliers de femmes de 6 000 organisations non gouvernementales dans 181 pays et territoires ont défilé dans leur village, dans leur quartier ou dans leur ville en appui à des revendications pour mettre fin à la pauvreté et à la violence à l’égard des femmes. C’est à ce moment que les femmes ont pris conscience de leur pouvoir collectif. Elles ont alors déclaré : « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche! ».

En 2010, ce sera la troisième action internationale de la Marche mondiale des femmes. Du Brésil au Kenya, du Portugal au Japon, du Bangladesh au Chili, en passant par l’Angleterre, la Belgique, le Mexique et la Turquie… des femmes marcheront pour l’accès au bien commun et aux ressources, pour l’autonomie économique des femmes, pour la cessation de la violence comme instrument de contrôle, pour la paix et la démilitarisation et pour les droits des femmes autochtones. Les revendications qui seront portées au Québec sont le fruit d’une vaste consultation et d’un consensus issu des délibérations parmi les représentantes de plus d’une cinquantaine de groupes de la société civile québécoise.

Au Québec, la Marche mondiale des femmes se déroulera dans toutes les régions du 12 au 17 octobre prochain, d’abord localement, puis régionalement, pour se terminer par un grand rassemblement à Rimouski le dimanche 17 octobre prochain. Soyons nombreuses et nombreux à y participer pour que les inégalités deviennent choses du passé!