FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Comité Jeunes de la FIQ

Lettre d’opinion des membres du comité Jeunes de la FIQ, appuyés par 28 jeunes professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires, publiée le 19 mars 2010 sur Cyberpresse – Le Soleil.

Cher Monsieur Bolduc,

Nous sommes de jeunes professionnelles en soins de 30 ans et moins travaillant avec acharnement dans le réseau public de la santé. Nous sommes de jeunes infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes passionnées, engagées et prêtes à relever de nombreux défis. Nous sommes de jeunes professionnelles investissant de l’énergie et de l’espoir dans la pérennité de nos services publics.

Dans le contexte de la négociation actuelle, nous comptons sur vous pour apporter des solutions concrètes aux différentes problématiques et défis liés à notre profession et à la qualité des soins que nous prodiguons. Par exemple, la notion d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre infirmière et cardiorespiratoire représente l’un des principaux enjeux de cette négociation.

La précarité de nos conditions de travail fait pratiquement l’objet d’un consensus dans la société québécoise. Tous les principaux acteurs du réseau public de la santé le reconnaissent et estiment que cette situation compromet sérieusement l’accessibilité, la qualité et la sécurité des soins à la population. En dépit de l’évidence, vous persistez à jouer à l’autruche et à vous dégager de vos responsabilités ministérielles.

Monsieur le ministre, il vous incombe de formuler des réponses claires à des problématiques criantes, généralisées et systémiques. Que comptez-vous faire pour enrayer le recours au temps supplémentaire obligatoire, alors que les mesures préconisées jusqu’à maintenant par vos établissements ne donnent manifestement aucun résultat probant? Que comptez-vous faire pour enrayer le recours aux entreprises privées de placement en soins, véritable fléau exacerbant une situation déjà insoutenable? Que comptez-vous faire pour attirer et maintenir de jeunes professionnelles en soins dans le réseau public de la santé, alors que nous savons que plus de 15 000 professionnelles en soins seront admissibles à la retraite d’ici trois ans?

Il y a peu de temps, nous avons choisi d’être professionnelles en soins au sein du réseau public parce que nous sommes animées par le désir d’aider les autres, parce que le travail est ancré dans nos valeurs profondes. Malgré cette fibre professionnelle, malgré l’appel de la vocation, savez-vous, Monsieur le Ministre, que nous sommes de plus en plus nombreuses à considérer sérieusement à réorienter notre carrière afin de retrouver un peu plus de dignité et de respect à notre égard? Savez-vous, Monsieur le Ministre, que les conditions de travail actuelles ne nous permettent tout simplement pas de concilier notre vie professionnelle et notre vie familiale? Les jeunes professionnelles estiment que la pénurie actuelle et à venir commande l’urgence d’agir. Or, en regard de vos réponses évasives, nous ne sentons pas que c’est le sentiment qui vous habite actuellement.

Pourtant, l’organisation syndicale qui nous représente fait preuve d’ouverture et de créativité afin d’en arriver à des solutions structurantes qui permettraient d’inverser la situation actuelle. Nous avons la certitude que l’aménagement du temps de travail, prévoyant entre autres une semaine de 4 jours, nous permettrait de mieux concilier nos obligations professionnelles et familiales, tout en nous offrant une meilleure sécurité d’emploi. Également, l’octroi de primes adéquates pour les jeunes professionnelles en soins se retrouvant sur les quarts de soir et de nuit serait assurément un facteur de rétention et d’attraction. Puis, la simple reconnaissance de la formation additionnelle, notamment du DEC-BAC, devrait aller de soi pour respecter les efforts consentis. Enfin, un encadrement soutenu des nouvelles recrues constitue un besoin bien réel. Toutes ces solutions sont pragmatiques, facilement applicables et porteuses d’espoir. Pourquoi persistez-vous alors à demander davantage de concessions? La loi de l’offre et de la demande, vous la connaissez?

Vous devez prendre la situation en main. Permettez-nous de croire encore en un système de santé fort, avec des professionnelles en soins en santé!

Le comité Jeunes de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ :

  • Jérôme Rousseau
  • Sara Caron-Guay
  • Carolane Bibeau
  • David Lambert
  • Carine Durocher
  • Appuyés par 28 jeunes professionnelles en soins présentes lors du conseil fédéral de la FIQ, le 17 mars 2010