FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

La FIQ à la 56e session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU

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Clôture de la 56e session de la CCF-ONU : pour la FIQ, une grande déception

Au cours de la 56e session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU (CCF-ONU), les représentantes de la FIQ se sont particulièrement affairées à la promotion du développement de l’autonomie économique et politique des femmes.  En collaboration avec les délégations d’autres organisations syndicales, des représentations ont également été effectuées afin que les problématiques liées au travail dans des conditions décentes et à l’accès aux services publics – dont l’éducation et les soins de santé – soient intégrées aux conclusions du rapport de cette session de la CCF-ONU.

Rappelons que la 56e session de la CCF-ONU, mise en branle à New York le 27 février dernier, devait prendre fin le 9 mars suivant. Cependant, devant ce que Michelle Bachelet, Directrice exécutive d’ONU-Femmes, a qualifié d’«incapacité décevante de parvenir à un consensus» de la part des délégations participantes, les travaux se sont prolongés jusqu’au 16 mars, sans toutefois qu’il eut été possible de parvenir à une entente négociée quant aux conclusions contenues au rapport final de la CCF-ONU 2012.

Cette absence de consensus déçoit grandement les représentantes de la FIQ. Mais l’absence de consensus est parfois préférable à la régression, particulièrement lorsqu’on constate que des enjeux cruciaux pour la condition des femmes sont mis en péril par des propositions provenant de délégué(e)s du Saint-Siège, de l’Iran, de l’Égypte et de certains des pays de l’Union africaine. En effet, tel que l’a souligné une représentante de Condition féminine Canada, ces propositions de nature extrêmement régressives donnaient l’impression de viser, de manière organisée, un recul de la condition des femmes en général. Elles auraient eu pour conséquence, entre autres, de modifier certaines dispositions convenues dans d’autres forums. Les attaques les plus marquantes ont ciblé la question des droits humains et, plus particulièrement, la violence envers les femmes. Il en découle que tout ce qui concerne la contraception et le droit des femmes à l’avortement est également grandement menacé.

Fait important à noter cette année, le Saint-Siège est parvenu à obtenir d’être représenté dans chacun des groupes de négociation… par des prêtres : hommes, blancs et d’âge moyen.

Il est évident que l’extrême droite est bien organisée et ce ressac, quant à la condition des femmes provenant de milieux ruraux, constitue certainement un signe de ce qui nous attend l’an prochain, alors que la CCF-ONU abordera la question de la violence faite aux femmes…

 

Jour 4 – jeudi, 1er mars 2012

Les syndicalistes canadiennes restent sur leur appétit quant qu’à la brève apparition de la ministre Rona Ambrose, ministre responsable à la condition féminine du gouvernement Harper. Cette rencontre ne s’est déroulée qu’en anglais, à notre plus grande déception. Toutes les déléguées syndicalistes canadiennes présentes à cette rencontre tiennent à dénoncer cette situation.

La ministre Ambrose, par son refus d’inclure le français dans sa présentation, a heurté de nombreuses déléguées présentent. Pourtant, la ministre a affirmé que le Canada est un pays bilingue. Nous considérons qu’il s’agit d’un manque de respect de la part du gouvernement canadien. Même si la ministre continue d’affirmer que le Canada est un pays bilingue, force est de constater qu’elle et son gouvernement ne se préoccupent pas des droits des francophones. Nous tenons à dénoncer cette situation et nous souhaitons que des correctifs soient apportés et qu’à l’avenir cette situation ne se reproduise pas.

Les syndicalistes canadiennes ont également posé plusieurs questions à la Ministre, sur le registre des armes à feu et sur les attaques au droit à l’avortement. Là aussi, nous sommes restées sur notre appétit quant aux positions du gouvernement Harper. La ministre Ambrose a-t-elle vraiment de l’influence au sein de ce gouvernement…?

 

Jour 3 – mercredi, 29 février 2012

Déclaration des groupes de femmes et du mouvement syndical pan-Canadien
New York, 29 février 2012

Les représentantes groupes de femmes et du mouvement syndical pan-Canadien sont très insatisfaites de la déclaration énoncée le 29 février par la Ministre responsable de la Condition féminine, l’honorable Rona Ambrose, lors de la 56e session de la Commission de la condition de la femme des Nations-Unies, dont le thème cette année porte sur l’autonomisation des femmes vivant en régions rurales.

La déclaration de la ministre ne fait aucune mention du rôle du gouvernement dans le développement de politiques et des programmes susceptibles de promouvoir  l’autonomisation des femmes vivant en régions rurales.

Aucune mention du rôle des services publics qui sont essentiels pour assurer la pleine égalité et la pleine  participation des femmes dans la société, comme par exemple le transport public, les services de santé, l’accès à l’eau potable, et l’éducation de qualité.

Aucune référence à l’importance d’assurer aux femmes un accès à un travail décent, y compris à l’équité salariale, à la protection de la santé et de la sécurité au travail, et à des services de garde d’enfant.

Aucune référence à un plan d’action contre la violence faite aux femmes autochtones, ni de mesures susceptibles de mettre fin à la pauvreté et à la crise dans le système d’éducation et de logement sur réserve.

Aucune référence au rôle des femmes dans l’élaboration des politiques publiques pour le développement local, régional et national.

Alors que le gouvernement du Canada s’apprête à adopter le budget 2012, le Canada ne fait aucune mention de l’importance de tenir compte de l’impact sur les femmes des politiques budgétaires, malgré maintes promesses à cet effet.

Face à de telles lacunes, nous tenons à réitérer que nous sommes :

  • pour le maintien des services publics;
  • pour des services de garde public et sans but lucratif, de qualité et accessibles aux femmes vivant en région rurale;
  • pour l’envoi des données du registre des armes à feu à chaque province;
  • pour le respect des droits des femmes autochtones;
  • pour l’application des normes prévues dans le "travail décent" et son application aux femmes œuvrant dans le domaine rural;
  • pour l’adoption d’un budget fédéral qui tient compte de l’impact sur les femmes.

Nous demandons au gouvernement fédéral de réviser ses politiques actuelles, et de prendre les mesures nécessaires afin de réellement respecter et promouvoir les droits des femmes, et en particulier des femmes vivant en région rurales, comme il s’est engagé à le faire dans la Plate forme d’action de Beijing en 1995.

 

Jour 2 – mardi, 28 février 2012

Aujourd’hui, la représentante du dossier des femmes à l’Organisation internationale du travail (OIT-ONU), Mme Jane Hodges, s’est adressée à la délégation de la 56e session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU. Dans sa présentation, Mme Hodges a abordé le sujet des inégalités basées sur le sexe auxquelles sont confrontées les femmes vivant en région rurale, insistant sur l’importance que la question soit non seulement abordée, mais également traitée plus en profondeur cette année par la CCF-ONU.

Quant à ce qui devrait ressortir des conclusions de cette session de la CCF-ONU, la délégation syndicale canadienne a soulevé plusieurs préoccupations, dont celles-ci :

  • mettre l’accent sur l’éducation afin que les filles et les femmes soient éduquées et conscientisées par rapport à leurs droits;
  • préconiser le recours aux services publics plutôt qu’au privé;
  • contrer l’idéologie voulant que la « loi du marché » puisse représenter le principal instrument permettant aux femmes des régions rurales d’améliorer leur situation;
  • traiter des conditions de travail, de l’extension des protections et des lois du travail concernant les femmes des régions rurales, le tout en lien avec les conventions pertinentes de l’OIT.

Notre journée se termine par une réunion avec les représentantes des syndicats canadiens. Malgré un discours unilingue et plutôt conservateur de la ministre Ambrose, présente lors de l’occasion, les rencontres et les discussions de la soirée furent, somme toute, enrichissantes.

 

Jour 1 – lundi, 27 février 2012

La 56e session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU (CCF-ONU) a débuté lundi, le 27 février 2012, sous le thème de l’autonomisation des femmes en région rurale et leur rôle dans l’élimination de la pauvreté et de la faim, le développement durable et les défis actuels. Chaque année, des femmes provenant de partout dans le monde participent à la rencontre de la CCF-ONU afin d’en suivre les travaux et faire pression sur les représentants de leurs pays respectifs.

Ce n’est pas sans déception que les participantes ont appris que seules quelques-unes d’entre-nous pourraient assister à l’ouverture des travaux de la Commission. Également, l’accès aux différents ateliers, limité à une représentante par organisation internationale, et la procédure mise en place pour assister aux événements parallèles en ont certainement découragé plus d’une… Heureusement, d’excellentes présentations sont organisées par les ONG où on peut entendre un discours différent de celui des représentants officiels des pays membres.

Il est important de mentionner que la ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux et ministre de la Condition féminine, Rona Ambrose, est à l’avant de la délégation canadienne afin de soutenir le rôle des femmes en milieu rural au Canada et à l’étranger. Elle a d’ailleurs interpelé la délégation avec un appel de propositions de projets sur la violence faite aux femmes et aux filles habitant en milieu rural.

La FIQ, représentée par Michèle Boisclair, 1re vice-présidente, et Sophie Baillargeon, conseillère syndicale à la condition féminine, suivra ainsi les travaux de la CCF-ONU tout au cours de la semaine.