FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Manif-action au Conseil général du Parti libéral du Québec à Victoriaville – Colère générale contre le gouvernement libéral

Victoriaville, le 4 mai 2012  —  À l’appel de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, des milliers de personnes de tout le Québec convergent à Victoriaville pour dénoncer l’intransigeance d’un gouvernement qui fait la sourde oreille à toutes revendications citoyennes.

« Aujourd’hui à Victoriaville, il y a évidemment un grand nombre d’associations étudiantes qui manifestent, mais aussi des syndicats, des groupes communautaires, des groupes de femmes, des collectifs de profs et des citoyennes et citoyens de diverses régions du Québec. Le message que toutes ces organisations portent est le même : on ne veut pas d’un projet de société qui se résume à détourner la richesse collective au seul profit des riches et des grandes entreprises. Nous en avons assez! », a expliqué Véronique Laflamme du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Depuis le dépôt du budget 2010-2011, il ne se passe pas une semaine, sinon une journée depuis le début de la grève étudiante, sans que l’orientation idéologique du gouvernement Charest ne soit remise en question. « Le gouvernement a bien tenté de faire oublier qu’il avait lui-même créé le déficit en diminuant les contributions fiscales des plus riches et des grosses compagnies. Ce qui l’a privé de revenus importants, mais les gens ne sont pas dupes » pense Mme Laflamme.

« Que ce soit pour protester contre la hausse de 82% des frais de scolarité, les hausses de taxes, la taxe santé de 200$ par année ou l’augmentation prévue de 20% des tarifs d’électricité à partir de 2014, c’est toute la logique de l’utilisateur-payeur qui est dénoncée. Une augmentation des charges fiscales qui se fait sur le dos des plus pauvres et de la classe moyenne », rappelle Serge Petitclerc du Collectif pour un Québec sans pauvreté. « Au nom d’une prétendue juste part, les écarts de richesse s’accroissent, les inégalités sociales augmentent. C’est une très mauvaise blague qui a assez duré! »

Alors que les libéraux, Jean Charest en tête, se targuent d’être un gouvernement préconisant l’égalité entre les femmes et les hommes, Ève-Marie Lacasse, de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) a souligné que les hausses de frais de scolarité, comme toutes les autres mesures régressives, toucheront en premier lieu les femmes, toujours parmi les plus pauvres de la population.

La Coalition s’inquiète particulièrement de la privatisation des services publics. « On transforme sous nos yeux les services publics en occasions d’affaires et le réseau de la santé n’y échappe pas. Il n’est donc pas étonnant de constater que les critiques les plus alarmistes sur l’avenir du système public de santé au Québec proviennent justement des représentants du milieu des affaires. Alors que ces derniers y voient un marché fertile pour engranger des profits, le gouvernement libéral confirme par ses choix sa volonté d’enrichir le secteur privé au détriment de la collectivité. Les PPP, les ressources intermédiaires et la « désassurance » de nombreux services en sont de bons exemples. Combinées à la mesure régressive de la taxe santé, ces mauvaises décisions du gouvernement libéral ont toutes la même conséquence, soit celle de refiler la facture à la classe moyenne et aux personnes à faible revenu alors que les plus riches continuent de s’enrichir », dénonce Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), rappelant du même souffle qu’il a été maintes fois démontré que le privé, ça coûte plus cher que le public, notamment en santé.

La lutte contre la hausse des frais de scolarité interpelle le gouvernement du Québec à la fois sur la logique de l’utilisateur-payeur (faire payer la note aux étudiantEs et leurs parents) et sur celle de la privatisation (l’emprise du privé dans le fonctionnement des universités). « Pour Charest, Beauchamp, Bachand et compagnie, l’éducation n’est plus un droit, mais une marchandise. Il n’y a plus d’étudiantEs dans les universités, mais des clientEs cherchant à maximiser leur investissement. C’est une logique comptable qui dénature les choix politiques que le Québec a fait dans le passé », ont rappelé Jean Trudelle de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants (FNEEQ-CSN) et Pierre St-Germain de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) dont les membres constatent au quotidien les dérives du système d’éducation.

Parmi les manifestantEs, plusieurs centaines d’étudiantEs, ont dénoncé le mépris et l’intransigeance du gouvernement libéral envers une génération qui se mobilise. « L’actuelle lutte contre la hausse des frais de scolarité n’est pas qu’étudiante, elle est populaire », ont rappelé les portes-parole de la CLASSE et de la FECQ, Jeanne Reynolds et Éliane Laberge. Les associations étudiantes proposent un autre projet de société qui, lui, est basé sur la solidarité et la justice sociale ont rappelé les deux porte-paroles, dont les organisations ont démontré que le gouvernement pouvait faire des choix différents. Au moment où se tient à Québec une rencontre avec la ministre de l’Éducation, les deux associations membres de la Coalition, ont exhorté Jean Charest et Line Beauchamp d’envisager les solutions qu’elles proposent.

Les différents porte-parole de la Coalition ont d’ailleurs rappelé, à l’instar des associations étudiantes, qu’il existe plusieurs alternatives pour relever les finances publiques et mieux financer l’ensemble des services publics, ce qui permettrait notamment de maintenir le gel des frais de scolarité. La Coalition a proposé une quinzaine d’alternatives fiscales au ministre des Finances dans les dernières années, dont l’instauration d’un quatrième palier d’impôt pour les revenus les plus élevés, l’abolition du crédit d’impôt sur les gains en capital et l’augmentation des redevances minières. « Le gouvernement ignore les alternatives fiscales que nous proposons pour maintenir les services publics accessibles et de qualité. Il préfère s’attaquer aux étudiantEs, appauvrir la population et donner des cadeaux aux amis du Parti » dénonce Serge Petitclerc.

La Coalition demande au gouvernement de reculer sur la hausse des frais de scolarité, mais également de revoir la fiscalité afin que cesse tout recours à la privatisation et à la tarification des services publics.

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics regroupe quelques 140 organisations communautaires, étudiantes, féministes et syndicales ayant des assises dans toutes les régions du Québec. Pour plus d’information, visitez le site web au www.nonauxhausses.org.