FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Une première semaine décevante à la 57e session de la CCF-ONU

Depuis maintenant une semaine, les représentantes de la FIQ assistent aux travaux de la 57e session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU, où les délégations de plus de 150 pays tenteront de parvenir à un accord en faveur de l’élimination de la violence envers les femmes et les filles. Les discussions, jusqu’à  maintenant, tournent malheureusement en rond. Peut-on penser dépasser le stade des bonnes intentions afin que les efforts investis se traduisent dans l’action?

Si toutes les délégations présentes condamnent la violence envers les femmes et les filles et affirment leur désir d’enrayer ce fléau, en progression dans plusieurs pays, des interventions sèment le doute quant à la possibilité que les intentions exprimées puissent mener à des résultats tangibles. En matière de droits des femmes, l’écart séparant certains des pays représentés est immense. L’influence religieuse est palpable. Les délégations de certains pays débutent leur discours en remerciant Dieu, d’autres en soulignant que la femme est le complément de l’homme. Les représentantes du Cambodge, pour leur part, vantent une  approche multisectorielle auprès des victimes de violence et se félicitent du déploiement de 137 policiers à l’échelle du pays. Bien sûr, il faut débuter quelque part. Mais à quoi 137 policiers pourront-ils parvenir dans un pays de 15 millions d’habitants où le trafic humain et la prostitution sévissent à grande échelle?

Tous les pays font la promotion de la prévention et veulent enrayer, voire éliminer la violence sous toute ses formes, qu’il s’agisse de violence conjugale, du viol comme arme de guerre, de mutilation génitale, d’agression sexuelle, de harcèlement, de féminicide, de mariage forcé… Si la liste semble longue, elle n’est pas exhaustive. Pourtant, seuls deux pays, la Suisse et le Royaume-Uni, ont jusqu’à maintenant tenu un discours réaliste par rapport à ce fléau et ont su aborder sans détour les points qui font l’objet de négociations (« agreed conclusions ») en vue d’un accord global sur l’élimination de la violence envers les femmes et les filles…