FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Ajouter l’insulte à l’injure

L’article intitulé Réseau de la santé: 30 % plus de cadres en 10 ans, paru dans le journal La Presse du 28 octobre dernier, me révolte! Déjà qu’on exige des professionnelles en soins qu’elles réalisent des miracles et qu’elles se démènent dans des conditions de travail difficiles, souvent au détriment de leur vie personnelle, la multiplication du nombre de cadres est ni plus ni moins qu’un affront à leur endroit.

Encore cet été, la FIQ dénonçait les irrégularités dans l’octroi des contrats à des firmes comme Proaction et Fujitsu, et soulignait la déresponsabilisation des gestionnaires d’établissements au profit de ces entreprises privées. Rappelons que ces firmes viennent, à gros prix, accompagner les cadres dans des tâches qui devraient être effectuées par les gestionnaires du réseau de la santé. La population québécoise n’est-elle donc pas en droit de se demander à quoi servent toutes ses nominations de gestionnaires si, à leur tour, ces derniers ont besoin de déléguer une partie importante de leur tâche à des firmes externes au réseau? Les contribuables se retrouvent ainsi à payer plus d’une fois pour le même travail, pendant qu’on presse le citron des professionnelles du réseau et que les gestionnaires réduisent les effectifs infirmiers sous prétexte de compressions budgétaires.

Ce récent article ne fait que témoigner, une fois de plus, du laisser-faire qui s’est installé au cours des dernières années dans le réseau de la santé. Le ministre Réjean Hébert doit sans plus tarder prendre la mesure de la situation et cesser, une fois pour toutes, le gaspillage de fonds publics par la multiplication exponentielle du nombre de cadres et la sous-traitance de l’organisation du travail à des entreprises privées complètement déconnectées du milieu. Faut-il rappeler qu’il y a déjà là des professionnelles en soins qui connaissent leur travail et qui ont à cœur une meilleure organisation des soins?