FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Les professionnelles en soins manifestent à l’hôpital Charles-Le Moyne pour dénoncer la dégradation des services

Les professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du syndicat de la section CSSS Champlain-Charles-Le Moyne AIM-FIQ manifestent pour dénoncer les décisions de gestion et alerter la population de la dégradation des services de santé et de services sociaux. Ces restrictions ont un impact majeur sur la qualité des soins.

Le 26 novembre dernier, les représentantes syndicales se présentaient au conseil d’administration du CSSS Champlain-Charles-Le Moyne pour exprimer leur inquiétude face à la dégradation des conditions de travail. Ces dernières questionnaient la volonté de l’employeur de couper 68 000 heures de travail par année dans un contexte où les professionnelles en soins ont effectué 114 000 heures en temps supplémentaire annuellement au cours des trois dernières années. Les représentantes avaient dénoncé l’impact des coupures sur l’unité de gériatrie et de soins palliatifs, l’unité de réadaptation fonctionnelle et intensive(URFI) de l’Hôpital Charles-Le Moyne, ainsi que sur le suivi à domicile, entre autres.

« La situation en est toujours au même point. Les professionnelles en soins sont particulièrement inquiètes car ce sont les patients qui subissent les impacts des décisions de gestion. La qualité des soins et la sécurité des patients sont compromises. Que ce soit à l’hôpital, au CLSC ou en CHSLD, c’est l’ensemble des services à la population du territoire desservi par le CSSS qui est touché. On ne parle plus d’un établissement mais bien de tout un territoire dont les services sont fragilisés », déclare Joane Aubut de l’Alliance Interprofessionnelle de Montréal (AIM).

Les exemples sont nombreux qui témoignent de l’impossibilité pour les professionnelles de soigner et de faire de la prévention correctement. « À cause du manque de temps, les infirmières du CLSC Saint-Hubert remplacent les visites à domicile post natales par des appels téléphoniques et ne peuvent examiner les jeunes mamans et leurs bébés. Aussi, les patients qui se présentent au CLSC sont traités exclusivement pour le motif de la consultation. Idem en oncologie, le patient cancéreux vient pour sa chimiothérapie, pas de temps pour la relation d’aide qui, on le sait, est essentielle dans ces moments très difficiles. Même situation en soins à domicile, en réadaptation et aux soins palliatifs, on n’a plus le temps pour lever les patients au fauteuil pour les repas et de les faire marcher régulièrement. Il est impossible d’avoir une approche humaine, globale et préventive. », affirme Sylvie Le Gal, présidente AIM de la section CSSS Champlain-Charles-Le Moyne.

« Les gestionnaires ignorent la spécificité et la réalité des soins et concentrent leurs efforts sur les méthodes de rationalisation des dépenses. Ils perdent de vue la nature des services de santé et de services sociaux qui est de s’adresser en premier lieu à un humain qui a un problème de santé. Sans nier qu’il faille gérer de manière responsable les budgets, nous croyons à la FIQ que l’on peut et que l’on devrait soigner humainement les patients plutôt que techniquement comme on le fait quand les ouvriers usinent des voitures sur une chaîne de montage », ajoute Régine Laurent, présidente de la FIQ.

« Les coûts engendrés par de telles pratiques de gestion sont humains et financiers à moyen terme. Il n’y a pas d’économies à faire quand le problème de santé n’est pas pris dans sa totalité ou n’est pas détecté à temps. Les coûts se chiffrent ailleurs par des débordements, une activité anormale des urgences et une augmentation de la détresse des patients et des professionnelles en soins », ajoute Roberto Bomba, trésorier de la FIQ.