FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Prudentes. Oui, mais prudentes de quoi?

Ils étaient peu nombreux au lendemain de l’annonce de la mise en place de la ligne 1 844 FIQ-AIDE à dénoncer l’initiative. Mais, il y en a bien eu malgré tout quelques-uns pour en appeler à la prudence.

Le premier à réagir aurait tout aussi bien pu être le seul, tant les autres réactions furent calquées sur la sienne. Le ministre Gaétan Barrette s’est en effet dit inquiet du risque de dérapage de la ligne téléphonique. Cela pourrait inutilement alerter la population, a-t-il souligné, avant d’ajouter que ce qui allait en sortir risquait de ne pas être conforme à la réalité.

Je dois avouer que je m’attendais à des arguments nettement plus substantiels, venant d’un gouvernement qui vient tout juste de provoquer l’une des plus grandes réorganisations de l’histoire du réseau de la santé, évoquant l’urgence d’agir et mettant sur un pied d’alerte l’ensemble des professionnelles en soins, tout comme le reste de la population d’ailleurs. Le tout avec, en toile de fond, des mesures d’austérité dont les effets sur l’économie du Québec pourraient s’avérer désastreux.

Je me demande bien qui tente présentement d’affoler la population. Qui dépeint des situations qui ne reflètent pas la réalité? Depuis quand la vérité peut-elle déboucher sur un dérapage ou constituer une situation irréelle? Et cela va bien plus loin : depuis quelques semaines maintenant, plusieurs équipes locales nous rapportent que les professionnelles en soins se voient donner des consignes leur interdisant de dénoncer des problèmes sur la place publique sans une autorisation préalable de leur direction.

Et que dire de ces réactions de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) ainsi que du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) qui n’étaient que de pâles copies de ce que le ministre avait à en dire. Ou encore, l’inexplicable sortie publique de la présidente du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est-du-Québec (SIIIEQ-CSQ), Micheline Barriault, qui a également repris à son compte les grandes lignes du ministre. Pourtant, les membres de ce syndicat ne sont-elles pas touchées par les mêmes problèmes que celles de la FIQ? Ne vivent-elles pas les mêmes compressions, les mêmes situations inacceptables? Ne sont-elles pas animées du même désir de voir le ministre tenir compte de leur expertise?

La FIQ a toujours soutenu que la transparence et la diffusion de l’information pouvaient davantage contribuer à l’amélioration du réseau de la santé que la rétention de celles-ci à des fins connues que par ceux qui la détiennent, n’en déplaise au ministre de la Santé. Ce n’est pas seulement une position de négociation, c’est ce que nous faisons depuis le premier jour de l’existence la FIQ.