FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

CHSLD: La FIQ fait ses devoirs, mais le gouvernement se traîne les pieds

CHSLD: La FIQ fait ses devoirs, mais le gouvernement se traîne les pieds

Aujourd’hui et demain, nous participons au Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD. Ce rendez-vous auquel nous convie le ministre Gaétan Barrette a pour objectif, dit-il, « d’identifier les meilleures pratiques cliniques et organisationnelles et de soutenir concrètement l’implantation de celles-ci ». Je souhaite sincèrement que cette rencontre débouche sur des résultats concrets et que les choses changent de façon durable en CHSLD.

Malheureusement, je ne vous cacherai pas ma crainte que cette opération ne vise qu’à polir l’image du gouvernement et qu’elle camoufle son manque de compassion à l’endroit des usagers en CHSLD. Déjà en juin 2016, une commission parlementaire réunissant 32 députés de tous les partis présentait un rapport contenant des propositions fort intéressantes, dont l’implantation de ratios professionnelle en soins/patients. Plus tôt cette année, lors des négociations, nous avons convaincu le gouvernement de mettre en place des projets pilotes professionnelle en soins/patients dans quelques CHSLD. Depuis, rien n’a encore été mis sur pied et le rapport de la commission parlementaire semble avoir été tabletté. Vous comprendrez alors aisément notre inquiétude qu’avec ce Forum le gouvernement ne cherche encore une fois qu’à gagner du temps.

De notre côté, nous avons fait nos devoirs. Nous sommes allées voir ce qui se fait ailleurs dans le monde. Nous avons même organisé, le 26 octobre dernier, un Symposium international sur la question. Nous savons que bon nombre de problèmes vécus entre autres en CHSLD pourraient être réglés par l’implantation des ratios. Par exemple, en Australie, il a été établi, par le biais d’une loi, que les ratios professionnelle en soins/patients en CHSLD devaient être de 1 professionnelle pour 7 patients le jour, pour 8 patients le soir et pour 15 patients la nuit. Nous sommes loin de cette qualité de soins au Québec.

Le personnel soignant fait du très bon travail. Je dirais même qu’il fait des miracles dans le contexte actuel, mais cela n’est pas suffisant. Le manque de ressources et la surcharge de travail sont devenus le quotidien des professionnelles en soins et des préposés aux bénéficiaires. Et je trouve honteux qu’en 2016 on traite nos aînés de la sorte. Avec le temps, les CHSLD sont devenus des lieux de soins. Il faut que ces milieux de vie, qui sont la dernière résidence des personnes hébergées, soient également des milieux où l’on traite dignement nos aînés.