FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Réduction du nombre de professionnelles en soins à l’Hôpital de Ste-Anne-des-Monts: La FIQ est extrêmement préoccupée des impacts des compressions budgétaires et des réorganisations improvisées sur la qualité et la sécurité des soins

Réduction du nombre de professionnelles en soins à l’Hôpital de Ste-Anne-des-Monts: La FIQ est extrêmement préoccupée des impacts des compressions budgétaires et des réorganisations improvisées sur la qualité et la sécurité des soins

Depuis maintenant deux semaines, les professionnelles en soins travaillant à l’Unité de santé physique courte durée (centre multi-clientèle) de l’Hôpital de Ste-Anne-des-Monts doivent subvenir aux besoins de la population avec une équipe réduite. « Nos membres étaient déjà à bout de souffle, alors cette nouvelle réduction de personnel rend la situation simplement invivable », s’indigne Alexandre Michaud, président du Syndicat des professionnelles en soins de la Gaspésie (FIQ).

Au centre multi-clientèle, les professionnelles en soins ont affaire à des cas de soins palliatifs, de gériatrie, d’obstétrique, d’observation pédiatrique, de chirurgie et de médecine générale. « Ce sont souvent des cas très lourds, qui nécessitent des soins aigus », précise le président du Syndicat, ajoutant que, inévitablement, les patients feront les frais de la réorganisation. « Les répercussions peuvent être énormes. Je pense notamment à l’augmentation du délai d’attente sur civière à l’urgence faute de personnel pour procéder aux admissions, à l’augmentation du délai de réponse lorsque les patients sonnent pour demander l’aide de leur soignante et au manque de temps de l’équipe de soins pour accompagner les patients en fin de vie et leur famille », indique monsieur Michaud.

« Depuis plusieurs années déjà, la FIQ est extrêmement préoccupée des impacts des compressions budgétaires et des réorganisations improvisées sur la qualité et la sécurité des soins offerts aux patients. Dans son plus récent rapport, la Protectrice du citoyen a d’ailleurs confirmé nos craintes, elle a confirmé ce que des milliers de professionnelles en soins constatent tous les jours. Nos membres nous en font régulièrement part : la surcharge de travail les empêche de donner tous les soins aux patients. Elles ont pourtant droit à des conditions de travail et d’exercice qui leur permettent d’offrir les soins auxquels la population est également en droit de s’attendre », mentionne Linda Bouchard, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ.

Rappelons que c’est en novembre dernier que la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie annonçait son intention de réduire le nombre de professionnelles en soins au centre multi-clientèle de l’Hôpital de Ste-Anne-des-Monts, une décision que conteste le Syndicat. « Nous demandons à la direction des soins infirmiers de nous rencontrer afin d’identifier des pistes de solutions dans ce dossier. Une demande de rencontre lui a déjà été adressée le 20 décembre dernier et réitérée le 11 janvier. Sans succès. Il est pourtant de son devoir et de sa responsabilité de répondre aux préoccupations de ses salariées et aux besoins de la population », affirme monsieur Michaud.

Détails de la réorganisation au centre multi-clientèle

Deux infirmières de l’équipe volante ont été retirées, soit l’une travaillant sur le quart de soir et l’autre sur le quart de nuit. Ces deux infirmières travaillaient presque en permanence sur ce centre d’activités. Ainsi, bien qu’elles n’y détenaient pas de poste, elles remplissaient des fonctions qui doivent maintenant l’être par les autres professionnelles en soins présentes, ce qui ajoute à la lourdeur de leur tâche. « L’employeur a le beau rôle. On ne peut pas l’accuser d’abolir des postes, puisqu’il n’a jamais réaffiché afin de combler ces postes depuis plus d’un an, préférant plutôt gérer à courte vue et recourir systématiquement à l’équipe volante », conclut monsieur Michaud.


Crédit photo: Radio-Canada