FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Un budget préélectoral sur le dos du réseau public de santé

Un budget préélectoral sur le dos du réseau public de santé

Le budget 2017-2018, déposé le 28 mars dernier, était l’avant-dernier de ce gouvernement d’ici le déclenchement des élections. Pour nous, celui-ci est de toute évidence un budget préélectoral opportuniste qui répond à un schéma de gouvernance un peu trop prévisible. L’idée est simple : plonger les services publics dans une austérité paralysante et se donner ainsi la marge de manœuvre nécessaire pour ensuite annoncer des réinvestissements ou des baisses d’impôt juste à temps pour les prochaines élections. Un récent rapport faisait même la démonstration qu’à la fin de l’exercice 2016-2017, le gouvernement Couillard avait dû dilapider d’importants surplus budgétaires pour ne pas être placé devant les contradictions soulevées par sa position favorable à l’austérité.

D’abord , cette façon de faire de la politique alimente grandement le cynisme de la population à l’endroit des institutions politiques. Cela n’est pas étranger au désintérêt grandissant qu’on est à même d’observer au moment de se rendre aux urnes.

Par ailleurs, il est faux de penser qu’au bout du compte les mesures d’austérité n’ont pas d’impact sur les services aux citoyen-ne-s. On aura beau nous annoncer de nouveaux investissements en santé aujourd’hui, que faisons-nous du patient qui n’a pas eu accès aux soins nécessaires au moment où il en avait besoin, ou des élèves qui ont dû se priver d’une psychoéducatrice? Réinvestir est une chose, mais encore faut-il que ce réinvestissement compense les pertes accumulées pendant les compressions.

Enfin, ce que l’on constate avec le budget 2017-2018, c’est que les sommes investies en santé permettent certes de « stopper » l’hémorragie qu’a connue le réseau public de santé, mais on est encore loin d’un réinvestissement qui assurerait l’amélioration de l’accès aux soins, ainsi que des soins sécuritaires et de qualité. Une croissance de 3,6 % du budget dédié aux services à la population, même si elle est plus élevée que celle observée ces dernières années, elle est très loin d’octroyer les ressources nécessaires pour régler les situations problématiques des professionnelles en soins, dont la surcharge de travail et les heures supplémentaires obligatoires.