FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

La démocratie : un privilège fragile qu’il faut cultiver

La démocratie : un privilège fragile qu’il faut cultiver

La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple. C’est le principe à la base des systèmes politiques québécois et canadien qui permet aux électeur-trice-s de mettre le pouvoir de gouverner entre les mains de quelques femmes et hommes qui doivent représenter la population et prendre les meilleures décisions au nom du bien commun.

Toutefois, la réalité revêt souvent des aspects moins reluisants. Ainsi, en raison de nombreuses promesses brisées dans l’exercice du pouvoir et de l’inertie des gouvernements successifs devant la montée des inégalités et des injustices, un certain cynisme s’est installé et met inévitablement la démocratie en péril. L’atelier « La démocratie, c’est quoi au juste? », proposé par Caroline Simard, conseillère syndicale à la FIQ, a permis de mettre la table et de clarifier le concept de « démocratie » qui allait teinter les deux journées de cette édition du Réseau des jeunes.

La montée du populisme : le contrepoids des jeunes

La montée de figures politiques populistes, majoritairement de droite, aux États-Unis, au Brésil, en Italie et même au Canada, avec le gouvernement ontarien de Doug Ford, divise de plus en plus. Ces dirigeant-e-s manipulent le ressentiment de certaines franges de la population pour se hisser au pouvoir par la voie démocratique. Cette colère qui anime les citoyen-ne-s est parfois due à des considérations sociales, raciales ou historiques, mais elle a presque toujours des ramifications économiques. Or, si les économies modernes sont si inégalitaires, c’est surtout en raison du modèle économique capitaliste qui carbure à l’exploitation des travailleur-euse-s et de l’environnement au profit d’une poignée de privilégié-e-s. Le tour d’horizon proposé par Jean-François Daoust, de l’Université de Montréal, a toutefois permis de voir comment la jeune génération fait contrepoids à cette tendance et de réaliser à quel point les initiatives qu’elle lance permettent de convaincre les décideurs et de changer les choses.

Les paradis fiscaux : un fléau pour l’économie et la démocratie

Les militantes réunies au Réseau des jeunes ont eu la chance d’en apprendre davantage sur les paradis fiscaux grâce à la conférence de Claude Vaillancourt, président d’ATTAC-Québec. Monsieur Vaillancourt a entre autres fait valoir que, par différents stratagèmes, un nombre important de grandes compagnies détournent leurs profits vers des pays qui imposent peu ou pas d’impôts. Là où le bât blesse principalement, c’est que ces compagnies qui génèrent des revenus faramineux devraient payer leur juste part d’impôts dans les pays où elles les réalisent. En 2010, au Canada seulement, on estime avoir perdu entre 9 et 48 milliards de dollars en raison de ces fraudes, des sommes qui auraient pourtant dû servir à financer les services publics, notamment la santé et l’éducation, et à améliorer les conditions de vie des personnes vulnérables par le biais de programmes sociaux.

Comme l’a démontré monsieur Vaillancourt, des moyens existent pour agir contre le fléau des paradis fiscaux et quelques gouvernements ont amorcé une certaine offensive, mais les avancées demeurent lentes. Pourtant, une meilleure répartition de la richesse est une condition essentielle pour éviter que l’équilibre démocratique bascule en faveur des mieux nanti-e-s et que les autres restent sur le carreau. La présentation de monsieur Vaillancourt a très visiblement suscité les passions chez les jeunes participantes.