FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Le manque de préposé-e-s aux bénéficiaires et les salaires sont-ils les grands responsables de la situation précaire en CHSLD?

Le manque de préposé-e-s aux bénéficiaires et les salaires sont-ils les grands responsables de la situation précaire en CHSLD?


Si on en croit le gouvernement, OUI!

Dans son point de presse du 27 mai 2020, le premier ministre François Legault a rappelé que la situation précaire dans les CHSLD était principalement due au manque chronique de préposé-e-s aux bénéficiaires. Il a donc annoncé son intention de recruter et de former 10 000 nouveaux préposé-e-s aux bénéficiaires au cours des prochains mois.

98,5fm (27 mai 2020) – CHSLD en crise | Québec veut former 10 000 PAB d’ici la mi-septembre

Par ailleurs, le gouvernement propose, dans sa plus récente offre en vue du renouvellement des conventions collectives, des hausses salariales de 18% pour les PAB, afin de rentre leurs postes plus attrayants. En fait, monsieur Legault prétend que si son gouvernement a commis une erreur depuis son arrivée au pouvoir, c’est bien de ne pas avoir augmenté les salaires des PAB en même temps qu’il augmentait les budgets des CHSLD.

Journal de Québec (26 mai 2020) – Québec propose une hausse de salaire de 18% pour les préposés en CHSLD

Mais est-ce bien le cas? Avec ces nouvelles mesures, le gouvernement s’attaque-t-il vraiment au cœur du problème de la pénurie de main-d’œuvre les CHSLD ?


VériFIQation faite !

Quand on y regarde de plus près, la situation précaire dans laquelle se trouvent les CHSLD ne saurait se réduire à un manque de préposé-e-s aux bénéficiaires ou à une simple question de salaire.

Les CHSLD sont des mini-hôpitaux. À ce titre, ils ont non seulement besoin de PAB, mais ils ont aussi un grand besoin d’infirmières et d’infirmières auxiliaires afin de prodiguer des traitements et des soins. Même avant la pandémie, plusieurs de ces soins ne pouvaient être réalisés à cause du manque d’effectif. Trop souvent, les professionnelles en soins sont placées devant des choix déchirants, car elles doivent prioriser certains soins à la place d’autres.

Si les équipes de soins désertent les CHSLD, ce n’est pas seulement à cause des salaires, mais aussi à cause de la surcharge et des conditions de travail intenables et nullement attractives. Il est très difficile pour une professionnelle en soins d’exercer son travail en sachant qu’elle manquera de temps pour prodiguer des soins sécuritaires et de qualité.

Si le gouvernement veut s’attaquer au cœur du problème dans les CHSLD, il doit d’abord se pencher sur les ratios sécuritaires. C’est ce par quoi on doit commencer. C’est ce qui va redonner confiance aux membres des équipes de soins et va permettre de pourvoir des postes.

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