FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Le ministère de la Santé et des Services sociaux se range aux arguments de la FIQ et de la FIQP sur les N95 en zone rouge

Le ministère de la Santé et des Services sociaux se range aux arguments de la FIQ et de la FIQP sur les N95 en zone rouge

Enfin, le ministère de la Santé et des Services sociaux a diffusé sa directive sur le port du N95 en zone chaude, près de onze mois après que la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ et à la FIQ | Secteur privé l’aient réclamé pour leurs membres. La position du ministère est calquée sur les nouvelles exigences de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) rendues publiques la veille. Les fédérations se battent depuis le début de la pandémie de la COVID-19 pour la sécurité de leurs membres. Deux recours judiciaires initiés par les fédérations sont d’ailleurs toujours actifs devant les tribunaux.

« C’est une excellente nouvelle pour les droits des professionnelles en soins. La FIQ et la FIQP ont été les premières organisations syndicales à réclamer que le principe de précaution le plus élémentaire soit appliqué dans le réseau de la santé. Les professionnelles en soins savaient, avant même la publication des rapports scientifiques, que le virus se propageait par aérosol parce qu’elles sont sur le terrain et qu’elles étaient aux premières loges pour l’observer. Avec les variants qui pourraient faire des ravages encore plus grands dans le réseau, c’est une nouvelle que l’on accueille avec un certain soulagement. », souligne Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

La FIQ et la FIQP ne peuvent passer sous silence leur déception quant à la restriction aux zones chaudes seulement. D’ailleurs, il est surprenant que la CNESST ne reprenne pas les conclusions de ses propres experts de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail sur l’accès aux masques N95 en zone tiède. Les patients suspectés d’être infectés de la COVID-19 sont autant susceptibles de transmettre le virus que les patients en zone chaude et les mêmes exigences que pour les zones chaudes devraient s’appliquer. Les fédérations se questionnent aussi à savoir pourquoi le ministère de la Santé et des Services sociaux continuent de se fier à l’Institut national de santé publique en matière de santé et de sécurité au travail, alors que cette expertise relève de la CNESST.

« Depuis des mois, les fédérations dénoncent sur toutes les tribunes le manque de leadership des autorités gouvernementales pour assurer la protection des professionnelles en soins et du public. La CNESST n’a pourtant pas joué le rôle auquel on se serait attendu d’elle depuis le début de la pandémie : protéger les professionnelles en soins et le public. D’ailleurs, les conséquences de l’absence d’une culture de prévention dans le réseau de la santé et des services sociaux n’ont pas permis au Québec de se démarquer pour sa gestion de la pandémie, bien au contraire. Ce sont les professionnelles en soins au Québec qui ont le plus été infectées par le virus au pays. Quand est-ce que les décideurs publics et les gestionnaires du réseau vont apprendre de leurs erreurs ? Appliquer le principe de précaution, c’est juste le gros bon sens. », poursuit Linda Lapointe, vice-présidente, secteur santé et sécurité au travail, FIQ. 

Les fédérations exigent que la CNESST soit dorénavant l’autorité responsable en manière de santé et de sécurité au travail dans le réseau de la santé et des services sociaux. La CNESST doit transmettre un message clair aux gestionnaires des établissements qu’il n’y a plus de compromis qui sera fait sur le dos des professionnelles en soins.

« N’eut été du leadership et de la pression exercés par la FIQ et la FIQP dans le dossier des N95, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Nous avons remporté cette première manche pour les droits et la sécurité de nos membres. La bataille se poursuit afin de convaincre les gestionnaires du réseau de laisser les professionnelles en soins exercer leur jugement clinique pour le choix de l’équipement de protection requis. », conclut Sonia Mancier, présidente de la FIQ | Secteur privé.