FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

S’organiser pour gagner

S’organiser pour gagner

Inspirante, énergisante, dynamique. C’est en ces mots que les militantes ont qualifié la présentation de Jane McAlevey, organisatrice, auteure et chercheuse sur les enjeux du syndicalisme à l’Université de Californie. Ayant été au cœur de nombreuses campagnes syndicales aux États-Unis au cours des 20 dernières années, Madame McAlevey a partagé ses expériences, ses observations et ses réflexions sur l’action syndicale. 

D’entrée de jeu, elle a tenu à rappeler que l’individualisme est la source de nombreux problèmes auxquels font face les syndicats, et l’ensemble de la société d’ailleurs : la planète est gouvernée par des individus égoïstes qui ne pensent qu’à leur propre profit. Pour maintenir ce régime en place, ils n’hésitent pas à monter les travailleurs les uns contre les autres en encourageant les réflexes individuels au détriment de l’action collective. C’est cette vision du monde qui fragilise le réseau de la santé et contribue à la détérioration des conditions de travail. Donc, il incombe aux syndicats de renverser tout cela. 

Tout au long de son allocution, Madame McAlevey a rappelé l’importance pour la société de pouvoir compter sur un mouvement syndical fort, et elle en a présenté les quatre conditions essentielles :  

  • Il doit être uni; 
  • La participation de ses membres doit être élevée;  
  • Il doit pouvoir compter sur une structure forte et en santé;  
  • Il doit être en mesure de démontrer à l’employeur qu’il reçoit un appui majoritaire. 

Elle a particulièrement insisté sur l’importance de débusquer les leaders et de les amener à endosser le travail du syndicat. Quoi qu’on puisse en penser, des leaders, il y en a partout, à tous les étages et dans tous les départements d’un établissement. Cependant, toutes ne sont pas en faveur de l’action syndicale.  

Les militantes doivent être en mesure d’identifier ces leaders, d’aller vers elles, de les écouter, de tisser des liens, et de voir comment leurs préoccupations peuvent se retrouver dans celles du syndicat. C’est la seule façon de s’assurer de la participation de la majorité des membres. 

Travailler dans le réseau de la santé n’est pas une tâche simple. C’est très prenant, et l’employeur sait pertinemment que les salariées sont bien trop absorbées par la lourdeur de leur tâche pour revendiquer de meilleures conditions. C’est pourquoi, il faut des syndicats forts, organisés et des membres unis derrières ceux-ci.