La santé à l’américaine : NON merci!

À l’heure où le président des États-Unis, Barack Obama, tente d’implanter un système d’assurance-maladie public pour les 47 millions d’Américains sans couverture qui doivent choisir entre manger et se faire soigner, Jean Charest envoie au secteur privé des pans de notre système de santé public.

À peine élu en 2003, il lançait le mot d’ordre : « Le réseau de la santé et des services sociaux s’ouvrira au partenariat avec les cliniques privées, […] s’ouvrira aussi sur la sous-traitance ». Depuis, le recours aux agences privées de personnel en soins n’a cessé d’augmenter, les projets des CHUs et de CHSLD se réaliseront en partenariat public-privé – PPP malgré les critiques sévères du vérificateur général du Québec et tout est maintenant en place pour favoriser le développement de centres médicaux spécialisés privés.

Depuis de nombreuses années, les professionnelles en soins sont essoufflées parce qu’elles tiennent le système de santé à bout de bras. Elles sont surchargées de travail et sont forcées d’accumuler les quarts de travail supplémentaires pour combler le manque de personnel. Et pour comble d’insulte, le recours aux agences de placement instaure des conditions de travail à deux vitesses. Non seulement la responsabilité de la continuité des soins repose entièrement sur les épaules des professionnelles du secteur public, mais elles sont moins bien rémunérées que leurs collègues des agences privées.

Le gouvernement ne se contente plus de dilapider les fonds publics en agences privées et en mode PPP, il prend maintenant le prétexte de la crise économique pour justifier une hausse des tarifs gouvernementaux et pour compresser les dépenses publiques. Les citoyens et les employé-e-s de l’État paieront la note, alors que des entreprises privées empochent des profits faramineux à même les fonds publics.

C’est donc dans ce contexte que la négociation des conditions de travail et des salaires du secteur public s’amorce en 2010. La partie sera dure! Le gouvernement, secondé par des analystes politiques et économiques qui partagent ses objectifs et sa vision, s’affaire depuis des mois à forger l’opinion publique contre les revendications légitimes des employé-e-s de l’État. Les membres de la FIQ devront faire preuve de la détermination et de la solidarité qu’on leur connaît pour faire valoir leur droit à des conditions de pratique qui garantissent des services de santé de qualité.

Monsieur Charest, un système de santé à l’américaine, non-merci!