février 2010

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Le recours aux entreprises privées de placement en soins a pris une ampleur très inquiétante depuis quelques années et cette tendance préoccupe grandement la FIQ. L’enjeu du recours aux entreprises privées va bien plus loin que la question de l’accréditation syndicale, c’est de la qualité, de la continuité et de la sécurité des soins dont il faut surtout s’inquiéter.

Ainsi, la Fédération a lancé une campagne publicitaire afin de sensibiliser la population du Québec et ses membres à cet enjeu capital. Tout d’abord, une campagne télévisée battra son plein dès la mi-février, et ce, partout à travers le Québec. À première vue, le protagoniste de la publicité semble être un répartiteur de taxi, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’en fait, il répartit de la main-d’œuvre dans des établissements de santé. La FIQ est d’avis qu’elle tape réellement dans le mille avec son message. Il faut tout faire pour que les professionnelles en soins ne deviennent pas une main-d’œuvre à louer comme le seraient les services de chauffeurs de taxi.

Le 22 février, parallèlement aux publicités de la télévision, une campagne d’affichage débutera. Que ce soit sur les autobus urbains ou sur des panneaux publicitaires le long des autoroutes, la population du Québec sera exposée à cette promotion anti-entreprises privées de placement en soins. Le thème : « Le privé gère les soins. Le ministère de la Santé ferme les yeux. Le compteur tourne. »

Des situations devenues insoutenables pour ses membres et le réel bombardement de publicités provenant des entreprises privées de placement en soins ont suffi à convaincre la Fédération et ses déléguées de l’urgence de riposter. Il est faut de penser, contrairement à ce que font miroiter les entreprises privées, que le personnel du secteur privé va « sauver » le réseau public de santé et donner de l’oxygène aux professionnelles en soins sans cesse confrontées à une surcharge de travail.

La FIQ invite ses membres et toute la population à se mobiliser afin que cesse la prolifération des entreprises privées dans le réseau public de santé. Il faut toujours se rappeler que ce sont la fidélisation des professionnelles en soins au réseau public de santé et le développement du sentiment d’appartenance à leur établissement qui contribuent à la qualité, à la sécurité et à la continuité des soins.

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La FIQ a tenu à réagir vivement, la semaine dernière, à la publication du deuxième fascicule du comité consultatif sur l’économie et les finances publiques (lire le communiqué de presse). Le gouvernement Charest a mis sur pied un comité d’amis-experts chargé de produire des études dont les résultats serviront à légitimer les politiques qu’il veut mettre de l’avant. Après avoir agité l’épouvantail de l’apocalypse financier en décembre dernier, lors de la parution d’un premier fascicule, le comité présente dans ce deuxième tome les solutions qu’il préconise.

Les critiques pourraient être fort nombreuses, toutefois ce commentaire se limitera aux propositions du comité sur la santé. Outre l’idée lumineuse d’effectuer une autre réforme administrative du réseau de santé sans en préciser clairement l’avantage, le comité propose surtout de modifier le mode de financement des établissements publics de santé, de manière à instaurer un rôle accru pour le secteur privé dans la prestation des services de santé. Pourtant, les pays ayant adopté une telle formule constatent qu’elle ne permet pas d’améliorer l’accès, ni de diminuer les coûts. Pire, les populations situées en milieu défavorisé ou en région sont nettement désavantagées par cette formule.

Puisque ces experts aiment bien se draper dans la lucidité, il est essentiel de rappeler certaines données plus que significatives dans le débat. Entre 1975 et 2008, la croissance des dépenses de santé assurées par le régime public a été inférieure à la croissance économique. Par ailleurs, les dépenses de santé occasionnées par le recours au secteur privé ont été de 50 % supérieures à la croissance économique. Le grand responsable de l’augmentation des dépenses de santé, c’est l’utilisation accrue du secteur privé, notamment en ce qui a trait aux médicaments. Si les membres du comité cherchent à tout prix à diminuer le poids des dépenses de santé sur les finances publiques, pourquoi ne pas agir sur les sources de cette augmentation? Pourquoi proposer un plus grand recours au secteur privé, alors qu’il est responsable en grande partie de la croissance des coûts de la santé? Par exemple, si un comité mandaté de trouver des solutions à l’obésité proposait de taxer les légumes et de subventionner le fast-food… On se demanderait certainement si les membres de ce comité n’ont pas des intérêts dans l’industrie du hamburger!

Les travaux de ce comité démontrent encore une fois que les décideurs en place semblent beaucoup moins préoccupés par la santé de la population et des finances publiques que par la création d’occasions d’affaires pour le secteur privé.