La FIQ a tenu à réagir vivement, la semaine dernière, à la publication du deuxième fascicule du comité consultatif sur l’économie et les finances publiques (lire le communiqué de presse). Le gouvernement Charest a mis sur pied un comité d’amis-experts chargé de produire des études dont les résultats serviront à légitimer les politiques qu’il veut mettre de l’avant. Après avoir agité l’épouvantail de l’apocalypse financier en décembre dernier, lors de la parution d’un premier fascicule, le comité présente dans ce deuxième tome les solutions qu’il préconise.
Les critiques pourraient être fort nombreuses, toutefois ce commentaire se limitera aux propositions du comité sur la santé. Outre l’idée lumineuse d’effectuer une autre réforme administrative du réseau de santé sans en préciser clairement l’avantage, le comité propose surtout de modifier le mode de financement des établissements publics de santé, de manière à instaurer un rôle accru pour le secteur privé dans la prestation des services de santé. Pourtant, les pays ayant adopté une telle formule constatent qu’elle ne permet pas d’améliorer l’accès, ni de diminuer les coûts. Pire, les populations situées en milieu défavorisé ou en région sont nettement désavantagées par cette formule.
Puisque ces experts aiment bien se draper dans la lucidité, il est essentiel de rappeler certaines données plus que significatives dans le débat. Entre 1975 et 2008, la croissance des dépenses de santé assurées par le régime public a été inférieure à la croissance économique. Par ailleurs, les dépenses de santé occasionnées par le recours au secteur privé ont été de 50 % supérieures à la croissance économique. Le grand responsable de l’augmentation des dépenses de santé, c’est l’utilisation accrue du secteur privé, notamment en ce qui a trait aux médicaments. Si les membres du comité cherchent à tout prix à diminuer le poids des dépenses de santé sur les finances publiques, pourquoi ne pas agir sur les sources de cette augmentation? Pourquoi proposer un plus grand recours au secteur privé, alors qu’il est responsable en grande partie de la croissance des coûts de la santé? Par exemple, si un comité mandaté de trouver des solutions à l’obésité proposait de taxer les légumes et de subventionner le fast-food… On se demanderait certainement si les membres de ce comité n’ont pas des intérêts dans l’industrie du hamburger!
Les travaux de ce comité démontrent encore une fois que les décideurs en place semblent beaucoup moins préoccupés par la santé de la population et des finances publiques que par la création d’occasions d’affaires pour le secteur privé.

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