mars 2010

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Au cours des derniers jours et des dernières semaines, nous avons été témoins de nombreux cris du cœur provenant d’hommes et de femmes qui en ont assez de payer de leur santé pour l’incompétence et le mépris d’un ministère sans gouvernail, d’un ministère sans capitaine, d’un ministère sans horizon.

Comme professionnelle, femme et citoyenne, nous avons une responsabilité, un devoir, voire une obligation de prendre la parole et de sensibiliser la population sur ce qui se passe dans le milieu de la santé.

Ces femmes et ces hommes, à bout de souffle et épuisés, doivent endurer, jour après jour, les affres d’un réseau mal mené. Elles et ils ont les bras meurtris à force de porter à bout de bras un système de santé qui fonctionne mal parce qu’un gouvernement en a fait le choix.

Un gouvernement qui, consciemment, laisse couler le réseau et les gens qui y travaillent pour en rebâtir un autre plus payant pour ses amis.

Il y a longtemps que ces hommes et ces femmes alertent la population du Québec sur l’état lamentable de leurs conditions d’exercice. Il y a longtemps que les professionnelles en soins exhortent le ministère de la Santé d’apporter les correctifs nécessaires! Sans quoi, la qualité et la sécurité des soins dispensés à la population québécoise seront menacées par l’épuisement des professionnelles en soins.

Combien de professionnelles quittent le réseau pour réorienter leur carrière? Combien de morts dans les urgences avant que quelqu’un réagisse?

Ce gouvernement peut bien invoquer des décisions prises du temps de  Mathusalem pour justifier son ineptie. Il peut aussi invoquer les vents défavorables, l’alignement des planètes, le rapport Durham ou même la chute de l’Empire romain s’il le veut, ça ne changera rien au fait qu’il est le grand responsable de la crise vécue présentement dans le réseau de la santé.

La population du Québec comprend. Soyons clairs, chaque événement tragique à survenir dans le réseau public de santé est suivi de justifications irresponsables. « Ce sont des cas isolés et nous travaillons à améliorer la situation. » C’est ça, la cassette du ministre de la Santé.

Ce ministre, pourtant si prompt à surfer sur une pandémie, semble avoir bien du mal à reconnaître les difficultés vécues dans le réseau de la santé. Le ministre semble trop occupé à gérer le taux de rendement acceptable pour les consortiums postulant sur les hôpitaux et les CHSLD en partenariat privé-public (PPP) pour savoir ce qui se passe sur le terrain, ou encore, il laisse pourrir volontairement la situation.

Actuellement, nous avons la désagréable impression qu’il s’agit d’un mélange des deux. Assez, c’est assez.

La situation vécue par les professionnelles en soins n’est pas inquiétante, elle est dramatique. Tout le monde sait que la pénurie de professionnelles en soins limite sérieusement toute possibilité d’améliorer l’accessibilité aux soins de santé pour la population québécoise.

Quelqu’un peut-il avertir le ministre?

Présentement, plusieurs des problèmes vécus dans le réseau sont directement liés au manque d’environ 2 000 professionnelles sur le plancher.

D’ici 3 ans, 15 000 professionnelles en soins pourraient prendre leur retraite. Que compte faire le ministre de la Santé pour pallier ce manque extraordinaire de professionnelles en soins d’ici 3 ans?

Que compte-t-il faire pour s’assurer que les jeunes ne partiront pas? Que compte-t-il faire pour attirer une relève suffisante afin d’assurer une offre de service acceptable?

Au lieu de discuter d’éléments centraux, d’échanger sur des solutions structurantes afin de régler une fois pour toutes les problèmes, les représentants du ministère, à la table de négociation, persistent à utiliser la moindre petite faille, la moindre jurisprudence, le moindre petit détail d’une situation isolée pour tenter de nous faire avaler que nous ne sommes pas dignes de respect, que nous ne méritons pas de dignité, qu’il reste encore du jus à presser.

Le gouvernement, le ministère ne cherche pas des solutions à la crise actuelle, il cherche à l’accentuer. Si ce n’est pas le cas, les messages ne se rendent pas.

Que le ministre corrige le tir! S’il n’en est pas capable, que le premier ministre Charest, lui, le corrige! Il est urgent qu’il se passe quelque chose. Il va nous trouver fortes, unies, solidaires et debout parce qu’il ne nous reste plus grand-chose à perdre.

La FIQ est une organisation responsable, qui cherche à défendre les conditions de travail de ses membres parce qu’elles sont directement liées à la qualité et à la sécurité des soins dispensés à la population.

Nous avons élaboré plusieurs solutions structurantes, raisonnées, susceptibles d’améliorer sensiblement la satisfaction au travail des professionnelles en soins parce qu’il s’agit là de leurs solutions, de leurs demandes.

Plusieurs de ces solutions ne requièrent pourtant qu’une once ou deux de bonne volonté. Certaines sont autofinancées. Plusieurs ne concernent que l’organisation du travail.

Le ministère ne peut plus évoquer les erreurs du passé pour justifier le présent, parce qu’il ne fait absolument rien pour le futur.

Bien du chemin a été parcouru depuis le temps où les femmes n’avaient pas le droit de vote, pas le droit de signer un chèque ou de prendre des décisions pour leurs enfants sans le consentement de leur conjoint. Toutefois, ne nous méprenons pas. Malgré ce qui circule dans les médias, l’égalité n’est pas encore une réalité! Les études abondent, les chiffres nous accablent : malgré des avancées certaines, les inégalités perdurent.

En 2004, le Canada se classait au 7e rang selon l’indice d’inégalité entre les sexes établi par le Forum économique mondial. En 2009, il se classait au 25e rang selon ce même indice et au 73e rang selon l’indice de disparité entre les sexes de l’ONU. Les femmes ne gagnent encore que 70,5 % du salaire des hommes, et même les femmes détenant une formation universitaire ne gagnent que 0,79 $ pour chaque dollar gagné par leurs collègues masculins. En matière de violence conjugale, 83 % des victimes sont des femmes. À l’échelle mondiale, les femmes comptent pour près de 70 % des 1,3 milliards de personnes vivant dans la pauvreté et deux tiers des analphabètes.

Au cours des cinquante dernières années, de multiples conventions et instruments internationaux ont été adoptés. Toutefois, avec les politiques néolibérales qui attaquent de plein fouet les services publics et qui ouvrent tous les domaines de l’activité humaine aux forces débridées du marché, les inégalités, la discrimination et la violence non seulement persistent, mais s’accentuent.

En 2000, des centaines de milliers de femmes de 6 000 organisations non gouvernementales dans 181 pays et territoires ont défilé dans leur village, dans leur quartier ou dans leur ville en appui à des revendications pour mettre fin à la pauvreté et à la violence à l’égard des femmes. C’est à ce moment que les femmes ont pris conscience de leur pouvoir collectif. Elles ont alors déclaré : « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche! ».

En 2010, ce sera la troisième action internationale de la Marche mondiale des femmes. Du Brésil au Kenya, du Portugal au Japon, du Bangladesh au Chili, en passant par l’Angleterre, la Belgique, le Mexique et la Turquie… des femmes marcheront pour l’accès au bien commun et aux ressources, pour l’autonomie économique des femmes, pour la cessation de la violence comme instrument de contrôle, pour la paix et la démilitarisation et pour les droits des femmes autochtones. Les revendications qui seront portées au Québec sont le fruit d’une vaste consultation et d’un consensus issu des délibérations parmi les représentantes de plus d’une cinquantaine de groupes de la société civile québécoise.

Au Québec, la Marche mondiale des femmes se déroulera dans toutes les régions du 12 au 17 octobre prochain, d’abord localement, puis régionalement, pour se terminer par un grand rassemblement à Rimouski le dimanche 17 octobre prochain. Soyons nombreuses et nombreux à y participer pour que les inégalités deviennent choses du passé!

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