Entreprises privées de placement en soins

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La tournée des établissements de santé du Québec qu’ont récemment effectuée les membres du Comité exécutif de la Fédération aura permis des discussions importantes avec les membres. Quel est l’état actuel du réseau de la santé? Où en est la négociation? Comment envisager la suite des choses? Nombre de questions ont été abordées, permettant ainsi de mieux comprendre les préoccupations de chacune.

Les résultats de cette tournée ont d’ailleurs confirmé les observations d’un sondage effectué il y a un peu plus d’un mois. Ainsi, 93 % des professionnelles en soins membres de la Fédération ont affirmé soutenir la décision de leur organisation de ne pas accepter les propositions du gouvernement en juin dernier et de ne pas poursuivre les négociations.

Par ailleurs, fait particulièrement inquiétant, si les négociations actuelles ne permettent pas de régler la question de l’aménagement du temps de travail, 27 % des membres envisagent de quitter la profession, 63 % d’entre elles craignent un épuisement professionnel et 59 % pensent que cela nuira à leur vie familiale.

Devant des statistiques aussi criantes, comment Yves Bolduc peut-il affirmer que les récentes sorties des professionnelles en soins ne sont liées qu’au processus de négociation? Ce sont des appels à l’aide monsieur le ministre! Les professionnelles en soins n’en peuvent plus, elles sont au bord du gouffre.

Certaines d’entre elles ont refusé d’entrer au travail, car elles savaient à l’avance que leur équipe serait incomplète et donc insuffisante pour la charge de travail et, qu’en plus, elles auraient à effectuer des heures supplémentaires obligatoires. Allez rencontrer ces professionnelles en soins, monsieur Bolduc, et demandez-leur si leurs sorties ont un lien avec leur négociation. Peut-être finirez-vous par comprendre que c’est le seul moyen qui leur reste pour faire agir leur employeur, pour que celui-ci fasse le travail de gestion pour lequel vous le rémunérez!

Dans un contexte aussi chaotique, doit-on voir le changement de ministre au Conseil du trésor comme une lueur d’espoir? C’est ce que la FIQ a décidé de vérifier. Depuis quelques semaines, la Fédération est donc de retour à la table de négociation, puisque le gouvernement a accepté de retirer certaines contraintes préalables qu’il lui imposait.

La Fédération ne laissera jamais tomber la population et ses membres. C’est donc avec un sentiment d’urgence qu’elle a repris les discussions avec le Comité patronal de négociation. Il est impératif de trouver des solutions aux problèmes d’aménagement du temps de travail : un élément pour lequel le gouvernement a été fermé jusqu’à maintenant. La FIQ demeure optimiste d’en arriver à un règlement, puisqu’un échec désavantagerait les patient-e-s, le réseau de la santé et les professionnelles en soins elles-mêmes. Toutefois, elle continue ses préparatifs pour pallier un éventuel arrêt des négociations avec la partie patronale. Elle est prête à toutes éventualités.

J’en appelle donc, encore une fois, à la mobilisation des professionnelles en soins membres de la FIQ. Plus que jamais, vous devez vous faire entendre. N’hésitez pas à dénoncer la gestion déficiente pratiquée dans vos établissements, que ce soit en regard des horaires inhumains ou du recours abusif aux entreprises privées de placement en soins. Faites-le pour vous-mêmes, mais aussi pour vos collègues dont la santé est aussi primordiale que celle de vos patient-e-s.

Syndicalement,

Régine Laurent

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Le recours aux entreprises privées de placement en soins a pris une ampleur très inquiétante depuis quelques années et cette tendance préoccupe grandement la FIQ. L’enjeu du recours aux entreprises privées va bien plus loin que la question de l’accréditation syndicale, c’est de la qualité, de la continuité et de la sécurité des soins dont il faut surtout s’inquiéter.

Ainsi, la Fédération a lancé une campagne publicitaire afin de sensibiliser la population du Québec et ses membres à cet enjeu capital. Tout d’abord, une campagne télévisée battra son plein dès la mi-février, et ce, partout à travers le Québec. À première vue, le protagoniste de la publicité semble être un répartiteur de taxi, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’en fait, il répartit de la main-d’œuvre dans des établissements de santé. La FIQ est d’avis qu’elle tape réellement dans le mille avec son message. Il faut tout faire pour que les professionnelles en soins ne deviennent pas une main-d’œuvre à louer comme le seraient les services de chauffeurs de taxi.

Le 22 février, parallèlement aux publicités de la télévision, une campagne d’affichage débutera. Que ce soit sur les autobus urbains ou sur des panneaux publicitaires le long des autoroutes, la population du Québec sera exposée à cette promotion anti-entreprises privées de placement en soins. Le thème : « Le privé gère les soins. Le ministère de la Santé ferme les yeux. Le compteur tourne. »

Des situations devenues insoutenables pour ses membres et le réel bombardement de publicités provenant des entreprises privées de placement en soins ont suffi à convaincre la Fédération et ses déléguées de l’urgence de riposter. Il est faut de penser, contrairement à ce que font miroiter les entreprises privées, que le personnel du secteur privé va « sauver » le réseau public de santé et donner de l’oxygène aux professionnelles en soins sans cesse confrontées à une surcharge de travail.

La FIQ invite ses membres et toute la population à se mobiliser afin que cesse la prolifération des entreprises privées dans le réseau public de santé. Il faut toujours se rappeler que ce sont la fidélisation des professionnelles en soins au réseau public de santé et le développement du sentiment d’appartenance à leur établissement qui contribuent à la qualité, à la sécurité et à la continuité des soins.

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