Négociation

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La FIQ souhaite apporter une précision au regard d’une récente déclaration de l’équipe de négociation de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. En effet, cette dernière prétend que la FIQ aurait bénéficié de plusieurs retombées de l’entente de principe intervenue entre la FSSS-CSN et le gouvernement. Cette affirmation est totalement erronée.

En juin dernier, la FIQ se réjouissait des ententes sectorielles intervenues entre le gouvernement et des organisations syndicales du secteur de la santé et des services sociaux. Par contre, elle jugeait ces ententes non conformes aux objectifs de négociation qu’elle s’était fixée. Voilà pourquoi, quelques jours plus tard, elle recommandait à ses déléguées réunies en conseil fédéral extraordinaire de rejeter le dépôt que le gouvernement tentait de lui imposer, ce qui fut fait à l’unanimité.

La FIQ a choisi de se tenir debout. Lorsqu’elle a accepté de retourner à la table de négociation en septembre dernier, c’est parce qu’on lui garantissait qu’aucun préalable à la négociation ne lui serait imposé, pas même les préalables de juin. C’est ainsi que la détermination et la patience de la FIQ ont porté fruit et permis aux professionnelles en soins qu’elle représente d’obtenir des gains importants et remarquables.

La FIQ le répète : elle était très heureuse de la conclusion des ententes de principe des autres organisations syndicales en juin dernier et souhaite maintenant que celles-ci le soient tout autant pour les 58 000 professionnelles en soins qu’elle représente.

Régine Laurent, présidente

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La tournée des établissements de santé du Québec qu’ont récemment effectuée les membres du Comité exécutif de la Fédération aura permis des discussions importantes avec les membres. Quel est l’état actuel du réseau de la santé? Où en est la négociation? Comment envisager la suite des choses? Nombre de questions ont été abordées, permettant ainsi de mieux comprendre les préoccupations de chacune.

Les résultats de cette tournée ont d’ailleurs confirmé les observations d’un sondage effectué il y a un peu plus d’un mois. Ainsi, 93 % des professionnelles en soins membres de la Fédération ont affirmé soutenir la décision de leur organisation de ne pas accepter les propositions du gouvernement en juin dernier et de ne pas poursuivre les négociations.

Par ailleurs, fait particulièrement inquiétant, si les négociations actuelles ne permettent pas de régler la question de l’aménagement du temps de travail, 27 % des membres envisagent de quitter la profession, 63 % d’entre elles craignent un épuisement professionnel et 59 % pensent que cela nuira à leur vie familiale.

Devant des statistiques aussi criantes, comment Yves Bolduc peut-il affirmer que les récentes sorties des professionnelles en soins ne sont liées qu’au processus de négociation? Ce sont des appels à l’aide monsieur le ministre! Les professionnelles en soins n’en peuvent plus, elles sont au bord du gouffre.

Certaines d’entre elles ont refusé d’entrer au travail, car elles savaient à l’avance que leur équipe serait incomplète et donc insuffisante pour la charge de travail et, qu’en plus, elles auraient à effectuer des heures supplémentaires obligatoires. Allez rencontrer ces professionnelles en soins, monsieur Bolduc, et demandez-leur si leurs sorties ont un lien avec leur négociation. Peut-être finirez-vous par comprendre que c’est le seul moyen qui leur reste pour faire agir leur employeur, pour que celui-ci fasse le travail de gestion pour lequel vous le rémunérez!

Dans un contexte aussi chaotique, doit-on voir le changement de ministre au Conseil du trésor comme une lueur d’espoir? C’est ce que la FIQ a décidé de vérifier. Depuis quelques semaines, la Fédération est donc de retour à la table de négociation, puisque le gouvernement a accepté de retirer certaines contraintes préalables qu’il lui imposait.

La Fédération ne laissera jamais tomber la population et ses membres. C’est donc avec un sentiment d’urgence qu’elle a repris les discussions avec le Comité patronal de négociation. Il est impératif de trouver des solutions aux problèmes d’aménagement du temps de travail : un élément pour lequel le gouvernement a été fermé jusqu’à maintenant. La FIQ demeure optimiste d’en arriver à un règlement, puisqu’un échec désavantagerait les patient-e-s, le réseau de la santé et les professionnelles en soins elles-mêmes. Toutefois, elle continue ses préparatifs pour pallier un éventuel arrêt des négociations avec la partie patronale. Elle est prête à toutes éventualités.

J’en appelle donc, encore une fois, à la mobilisation des professionnelles en soins membres de la FIQ. Plus que jamais, vous devez vous faire entendre. N’hésitez pas à dénoncer la gestion déficiente pratiquée dans vos établissements, que ce soit en regard des horaires inhumains ou du recours abusif aux entreprises privées de placement en soins. Faites-le pour vous-mêmes, mais aussi pour vos collègues dont la santé est aussi primordiale que celle de vos patient-e-s.

Syndicalement,

Régine Laurent

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Le 30 juin dernier, la FIQ a quitté la table de négociation puisqu’alors, le gouvernement lui demandait d’accepter l’inacceptable.

Accepter l’inacceptable veut dire que la Fédération devrait consentir à une entente, négociée avec d’autres organisations syndicales, qui a été rejetée à l’unanimité par les déléguées élues par ses membres. Qu’est-ce qui a pu laisser croire à la partie patronale qu’une telle chose était possible? Demander une entente de ce genre revient au même qu’imposer un décret car, de toute façon, le droit de négocier de la FIQ est nié. C’est d’ailleurs ce qui laisse croire à la Fédération que le dernier dépôt patronal est un décret déguisé. La FIQ n’acceptera jamais de porter l’odieux de telles conditions de travail.

Ce qui a été mis sur la table, ce sont réellement des reculs dans les conditions de travail des professionnelles en soins. Pourtant, le gouvernement ne cesse de défendre son projet d’entente, le qualifiant ad nauseam de satisfaisant pour les deux parties. Rien dans cette proposition n’est satisfaisant madame Gagnon-Tremblay! Rien dans cette proposition ne pourra attirer et retenir les professionnelles en soins dans le réseau public de santé monsieur Bolduc! Rien dans cette proposition ne constitue des mesures concrètes pour garantir, dans les années à venir, des soins de qualité à la population du Québec monsieur Charest.

Par le biais de son dernier dépôt, le gouvernement dit aux professionnelles en soins qu’elles doivent continuer à faire des heures supplémentaires, à travailler 16 heures d’affilée plusieurs fois par semaine, à être épuisées physiquement et mentalement. Par le biais de son dernier dépôt, le gouvernement confirme que, malgré la pénurie, il ne désire pas créer davantage de postes à temps plein afin de stabiliser les équipes de soins, ni adopter des mesures qui feraient en sorte de ramener le personnel des entreprises privées de placement en soins dans le réseau public et, ainsi, de diminuer la pénurie.

De toute évidence, il serait plus pertinent que le ministre Bolduc cesse d’investir dans des comités, dans les entreprises privées de placement en soins et dans le recours aux heures supplémentaires et qu’il mise plutôt sur un réseau public en santé.

Les revendications que défend la Fédération ne s’arrêtent pas aux portes d’un établissement de santé et c’est là que réside sa force. Sa crédibilité et sa notoriété découlent du fait qu’elle a à cœur la santé et le bien-être de l’ensemble de la population. Il est urgent de reconnaitre le travail des professionnelles en soins et de renforcer le système public de santé.

Au cours des prochaines semaines, nous devrons être plus solidaires que jamais. La mobilisation des 58 000 membres de la Fédération doit se poursuivre. Si vous ne l’avez pas déjà fait, signez la pétition que la FIQ a lancée le 20 juin dernier et demandez à vos proches de le faire aussi. Joignez votre voix aux dizaines de milliers de personnes et d’organismes qui appuient la Fédération dans ses négociations avec le gouvernement. La population, dont les professionnelles en soins font partie, est dorénavant confrontée à un défi collectif : celui de la survie du réseau public de santé. Et cette survie dépend des conditions de travail des professionnelles qui y travaillent.

Syndicalement,
 

Régine Laurent

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En ce mois de mai 2010, je tiens à souhaiter à toutes les professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires un excellent Mois Santé. Alors que ce devrait être un moment de célébrations et de reconnaissance du travail remarquable qu’accomplissent chaque jour des milliers de professionnelles en soins dévouées, le voilà entaché par l’attitude du gouvernement à leur égard.

Malgré cela, la ténacité des professionnelles en soins est loin d’être ébranlée. Aux quatre coins du Québec, la multiplication des sorties publiques de la Fédération commence à porter ses fruits.

Les nombreuses vigies qui sont tenues effritent toujours un peu plus la confiance de ceux et celles qui s’attendaient à ce que les professionnelles en soins tendent la joue à chacun de leurs coups. Chaque lettre aux lecteurs qui est rédigée, chaque entrevue qui est réalisée, chaque article qui est publié, chaque témoignage sur les réseaux sociaux : toutes ces interventions dérangent.

Il faut en être fières : l’abandon de la plupart des mesures de récupération demandées par les adversaires patronaux et gouvernementaux ne peut qu’être attribué à l’engagement et à la mobilisation des membres de la FIQ. Oui, le gouvernement a reculé pour la seule et unique raison que les membres se sont mobilisées.

Jamais, dans l’histoire du Québec, un gouvernement n’a été aussi impopulaire que celui de Jean Charest. Jamais un gouvernement n’a eu à traverser une telle crise de légitimité.

Ainsi, la mobilisation est devenue la marque de commerce des membres de la Fédération. Cette mobilisation contribue à affirmer sur la place publique l’identité, la fierté, le militantisme et, surtout, la détermination des professionnelles en soins.

Au début du mois d’avril, au lendemain du budget Bachand, un sondage a été effectué auprès de la population du Québec afin de mesurer sa perception des professionnelles en soins et de leurs revendications. Les résultats ont notamment permis de constater la cote d’amour élevée du public envers les professionnelles en soins et son appui envers leurs demandes. En voici les grandes lignes :

  • 87 % de la population estime que, dans le cadre des négociations actuelles, la Fédération défend non seulement l’intérêt de ses membres, mais également l’intérêt du public;
  • 83 % des Québécois-es croient que l’amélioration des conditions de travail est susceptible d’améliorer le système de santé;
  • 80 % de la population se dit favorable à la proposition de la FIQ de revoir l’aménagement du travail de la façon suivante : transformer tous les postes à temps partiel en postes à temps plein et faire en sorte que l’horaire temps plein passe d’une semaine de 5 jours à une semaine de 4 jours, avec des journées de travail un peu plus longues;
  • Plus de trois personnes sur quatre sont d’avis que le gouvernement Charest n’accorde pas suffisamment d’importance aux solutions mises de l’avant par la FIQ;
  • Seulement 30 % des répondant-e-s appuient le recours aux entreprises privées de placement en soins par les établissements du réseau public.

Renforcer le réseau public de santé, c’est là tout l’enjeu de la négociation actuelle. La négociation 2010 est donc devenue une bataille idéologique sur l’avenir des professionnelles en soins et du système de santé public que la société québécoise s’est donnée. Les professionnelles en soins sont les actrices principales de cette lutte qui met en jeu des valeurs plutôt qu’uniquement des dispositions de convention collective, et la population du Québec leur donne son appui.

J’ai foi en cette cause. J’ai foi en la détermination des membres de la FIQ. J’ai foi en leur capacité de forcer la main du gouvernement pour qu’il effectue un virage obligé : celui du renforcement du système public de santé, celui de la reconnaissance du travail des professionnelles en soins.

Syndicalement,

Régine Laurent

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