Syndicat des professionnelles en soins de santé de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal

Interpellez la ministre de la Santé, Danielle McCann, et la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Signez cette lettre pour dénoncer la situation inacceptable du CHSLD Denis-Benjamin-Viger! Le personnel est en surcharge de travail, fait du TSO trop souvent, les absences ne sont pas remplacées.


Cette lettre a recueilli 876 signatures
 


  • Lettre du Syndicat des professionnelles en soins de santé de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ à Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux, et à Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.

    Madame McCann, vous avez affirmé en campagne électorale et, depuis votre élection, devant plus de 2 500 infirmières et étudiantes en soins infirmiers au Congrès de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, que « la détresse au travail des infirmières » devait cesser et que vous entendiez vous pencher rapidement sur la surcharge de travail.

    De votre côté, Madame Blais, vous avez porté à la connaissance du législateur les risques qui guettent les plus vulnérables de notre société et avez proposé une loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés, laquelle est entrée en vigueur en juillet 2018. Les considérants de cette loi ne peuvent pas être plus clairs. Le législateur prône le bien-être des personnes et le respect des droits fondamentaux des aînés, reconnaît leur vulnérabilité et l’inefficacité des mesures législatives et administratives existantes; et par-dessus tout, il y déclare que l’État a la responsabilité de protéger les plus vulnérables de notre société.

    Les professionnelles en soins du Québec, qui repoussent toujours plus loin les limites de leurs conditions de travail, dénoncent aussi la maltraitance et militent en faveur de la bientraitance envers les personnes aînées.

    Une situation inacceptable au CHSLD Denis-Benjamin-Viger

    En février 2016, elles ont fait la démonstration de cette maltraitance au CHSLD Denis-Benjamin-Viger. Les infirmières et les infirmières auxiliaires, tout comme les préposés aux bénéficiaires de ce CHSLD, ont tiré la sonnette d’alarme. Les professionnelles en soins ont déposé une plainte pour dénoncer leurs conditions de travail. Parce que le personnel manquait cruellement, les 125 résidents ne recevaient plus les soins auxquels ils étaient en droit de s’attendre. En mai 2017, Marie-Flore Leconte-Beauport (Ph. D.) rendait un rapport d’expertise accablant où elle relatait que « certaines situations dénoncées par la partie syndicale et les soignants » frisaient « la maltraitance pour les résidents du CHSLD ». En quantité insuffisante, le personnel ne pouvait plus donner adéquatement les soins d’hygiène, nourrir les patients et donner les médicaments aux horaires prescrits. L’experte jugeait « ces situations inacceptables ».

    Politique de l’indifférence

    Madame Leconte-Beauport, qui a rencontré à plusieurs reprises la direction du CIUSSS, a rapporté que « les représentantes des parties patronales ont toujours avancé qu’elles ne pouvaient rien faire, car il fallait respecter les balises mises en place par le Ministère »; réponse difficile à avaler pour les professionnelles en soins et pour le syndicat. Le 27 avril 2018, l’arbitre Richard Bertrand, devant lequel a été portée la cause, a ordonné à l’employeur d’agir rapidement. Il devait modifier les horaires de travail, créer des postes d’infirmières, d’infirmières auxiliaires et de préposés aux bénéficiaires, et afficher les postes non occupés. Ce dernier a plutôt décidé de faire appel, ce qui lui a permis d’étirer les délais. Plus de 200 jours et des dizaines de milliers de dollars en frais d’avocats plus tard, les résidents du CHSLD attendent toujours de recevoir des soins de qualité parce que le personnel est insuffisant, les absences ne sont pas remplacées, et que plusieurs professionnelles en soins sont en absence maladie. Le sort qui est réservé aux patients est toujours inacceptable, et pourtant, cette réalité est tolérée par la direction du CIUSSS.

    Engageons-nous à implanter des ratios

    Nous dénonçons depuis trop longtemps la fatalité qui touche ce CHSLD et bien d’autres milieux de soins au Québec. Les solutions sont connues. Comme vous le savez, Mesdames McCann et Blais, la FIQ propose de travailler avec les acteurs concernés et nous reprenons vos mots : il faut abolir le temps supplémentaire obligatoire, créer des équipes de travail stables et améliorer le climat de travail dans les établissements de santé et de services sociaux. Les professionnelles en soins pensent qu’il est urgent d’implanter des ratios professionnelles en soins/patient-e-s partout au Québec. Si ces ratios avaient existé dans ce CHSLD, la qualité des soins n’aurait pas été compromise. Les professionnelles en soins refusent de continuer à soigner les patients dans ces conditions et appellent à la solidarité de toutes et de tous. Nous demandons un engagement des pouvoirs publics pour agir concrètement sur les conditions de travail des professionnelles en soins. La dignité des aînés et la qualité des soins doivent être une priorité pour la société québécoise. Sachez que nous serons toujours là pour y veiller!

    Nancy Bédard, Shirley Dorismond, Cynthia Pothier, Denyse Joseph, Jérôme Rousseau, Nathalie Lévesque, Linda Lapointe, Roberto Bomba, Sonia Mancier, Martine Tremblay, Johanne Riendeau, Francine Sigouin, Ridza Cléophat, Elizabeth Rich, Patrick Lauzon, Gilles Gagnon, Cynthia Jehoda.

    Signez, vous aussi, cette lettre