Négociation nationale 2020

Négociation des professionnelles en soins Les déléguées de la FIQ et de la FIQP rejettent à l’unanimité l’offre du gouvernement

Négociation des professionnelles en soins Les déléguées de la FIQ et de la FIQP rejettent à l’unanimité l’offre du gouvernement

Réunies virtuellement en conseil national extraordinaire, les déléguées de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ et de la FIQ | Secteur privé–FIQP ont rejeté unanimement aujourd’hui l’offre du gouvernement touchant directement leurs conditions de travail. Le résultat du vote des déléguées envoie un message clair au gouvernement. La proposition globale présentée la semaine dernière ne répond pas aux problèmes maintes fois décriés par les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques. « La colère suscitée par les offres patronales était sans équivoque. Méprisantes, insultantes et odieuses étaient au nombre des qualificatifs exprimés par les déléguées de la Fédération. Alors que les professionnelles manifestaient déjà leur détresse avant la pandémie, l’absence de réelles mesures en regard de leurs conditions de travail dans l’état actuel, ce n’est ni plus ni moins qu’un manque de respect total du gouvernement face à cette main-d’œuvre majoritairement composée de femmes », de déclarer Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

Un discours discordant du ministre de la Santé

« Le discours sur la place publique du ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé devra se traduire plus clairement dans les propositions à la table de négociation. Il répète depuis plusieurs jours être conscient de l’extrême fragilité du réseau et vouloir une entente rapide. Ce gouvernement devra être davantage convaincant dans ses offres, car nous ne sommes plus à l’heure des signaux. Nous sommes à l’heure des avancées concrètes sur les solutions proposées par les professionnelles en soins. Et le ministre de la Santé doit bien comprendre le message. Les reculs inadmissibles inclus dans l’offre de la semaine passée devront disparaitre. En l’absence de réelles mesures en regard de leurs conditions de travail, elles sont convaincues que c’est tout le réseau de santé publique qui s’écroulera. Elles sont déterminées plus que jamais à mener cette bataille pour elles et pour les patient-e-s du Québec » d’exprimer madame Bédard.

Rien sur la surcharge de travail

La FIQ déplore le manque de propositions touchant directement la surcharge de travail des professionnelles en soins. « Autour de cette importante question gravite un ensemble d’enjeux cruciaux comme celui des ratios sécuritaires, des équipes de travail complètes et stables et celui du temps supplémentaire, qu’il soit volontaire ou non. Si cette problématique n’est pas abordée de front, le grand virage nécessaire dans le réseau de la santé ne pourra pas se concrétiser », de souligner Jérôme Rousseau, vice-président et co-responsable de la négociation.

Davantage de professionnelles à temps complet?

Le gouvernement souhaite que davantage de professionnelles en soins travaillent à temps complet, mais dans son offre, il n’inclut aucun incitatif ni aucune garantie sur la nature de ces postes. Pour la Fédération, ce gouvernement n’a donc pas compris les raisons pour lesquelles les professionnelles en soins choisissent en grand nombre de travailler à temps partiel. « Un poste à temps complet exercé dans une cage dont les verrous sont fermés à double tour, c’est normal de ne pas en vouloir. Comment attirer une relève et avoir plus de professionnelles qui aient envie de travailler à temps complet? Il faut au préalable leur garantir un poste sur une équipe de travail stable et complète, avec un ratio de patients adéquat, qu’elles puissent connaitre leur horaire à l’avance, qu’elles puissent bénéficier de congés et qu’elles ne seront plus prises en otage par le temps supplémentaire obligatoire. Ce que les professionnelles demandent, c’est d’être respectées et reconnues pour ainsi pouvoir exercer leur profession dans des conditions optimales. Tout le monde y gagnera! Le gouvernement, les professionnelles en soins et les patient-e-s », de conclure Roberto Bomba, trésorier et co-responsable de la négociation.