Négociation nationale 2020

Notre projet de négociation / Nos demandes

La FIQ a accepté le 23 mars 2020, de reprendre la négociation de façon accélérée avec le gouvernement, en mettant à l’avant-plan les mesures nécessaires afin d’assurer la santé et la sécurité des professionnelles en soins qui sont au cœur de l’offensive contre le coronavirus. Suivez l’évolution de la négociation ici.

Demandes sectorielles

Organiser le travail pour assurer la santé et la sécurité des professionnelles en soins et des patient-e-s

Constats

Détresse morale, blessures physiques, épuisement, violence, chutes de patient-e-s, la liste est longue et elle pourrait s’étirer encore et encore. Les conséquences néfastes des coupes dans le réseau de la santé sont omniprésentes et perdurent dans le temps. L’organisation du travail est mise à mal depuis deux décennies.

Les professionnelles en soins désirent offrir des soins sécuritaires et de qualité aux patient-e-s. Toutefois, le rythme de travail effréné et le manque chronique de personnel les obligent à prendre des décisions quant à la priorisation des soins qu’elles feront ayant pour conséquence des soins non faits pour les patient-e-s. Elles sont contraintes d’agir en ce sens. Les patient-e-s subissent alors les contrecoups, prolongeant ainsi pour certain-e-s leur séjour en milieu hospitalier. Les décideurs du réseau ne peuvent plus l’ignorer, les rapports et les études se multiplient à ce sujet. Tous arrivent à la conclusion que la charge de travail des professionnelles en soins est en lien avec les résultats de santé des patient-e-s.

Les projets ratios ont permis aux professionnelles en soins de reprendre un peu leur souffle et ont amené une lueur d’espoir dans les milieux dans lesquels ils ont été réa-lisés. Des bénéfices importants tant au niveau clinique qu’au niveau des ressources humaines ont été observés, en cohérence avec les écrits scientifiques et les expé-riences internationales.

Dans cette perspective, la FIQ est d’avis que la mise en place de réelles mesures qui, de prime à bord, nécessiteraient des investissements, mais qui à long terme permet-traient des économies au Conseil du trésor, doivent être au cœur de cette négociation. Le réseau de la santé et des services sociaux doit être un environnement sain et sécu-ritaire autant pour les patient-e-s que pour les professionnelles en soins.

Pistes d’action visées

  • Une charge de travail raisonnable et sécuritaire.
  • Les ratios sécuritaires professionnelles en soins/patient-e-s.
  • La stabilisation des équipes de travail.
  • Enrayer le recours aux heures supplémentaires obligatoires comme outil de gestion.

Valoriser la pratique et l’expertise des professionnelles en soins

Constats

 Les réorganisations faites par les employeurs au fil des ans ont eu pour conséquence de déstabiliser et de désorganiser les équipes de travail, alourdissant ainsi la charge de travail et contribuant à la modification des rôles et des tâches des professionnelles en soins. À cela s’ajoutent, encore aujourd’hui, les effets escomptés de la Loi 90 qui se font toujours attendre. Pensons à une pratique plus autonome ou encore à l’occupa-tion de l’entièreté de son champ d’exercice.

La reconnaissance, à sa juste valeur, de l’expertise des professionnelles en soins est un enjeu. D’ailleurs, peu d’employeurs en font la promotion ou la prennent en considéra-tion. Force est de constater que son utilisation optimale profiterait à tout le réseau de la santé et des services sociaux en favorisant, entre autres, la satisfaction au travail, un milieu de travail sain ainsi que l’attraction et la rétention du personnel soignant.

 La FIQ croit qu’une utilisation judicieuse de l’ensemble des ressources disponibles aurait pour effet de diminuer la précarité de certains titres d’emploi, diminuerait la charge de travail, permettrait une valorisation de chacune des professions, en plus d’assurer des soins de qualité en quantité suffisante.

Pistes d’action visées

  • La Loi 90 et le champ d’exercice.
  • L’autonomie des professionnelles en soins.
  • La reconnaissance.

Accéder à des postes de qualité

Constats

La flexibilité à l’extrême requise par les employeurs a conduit à des postes peu attrayants et a favorisé la mobilité, voire l’exode du personnel. L’expérience a démontré que les postes multisites, multiquarts ne trouvent pas preneur et créent de grandes insatisfactions. C’est environ 50 % des postes offerts, tout regroupement de titres d’emploi confondu, qui sont à temps partiel occasionnant ainsi une offre insuffisante de soins en tout temps (24⁄7), une surcharge de travail, des heures supplémentaires obligatoires et une pénurie de personnel. Cette structure de poste engendre un cercle vicieux perpétuel.

La lettre d’entente no 6, négociée en 2015, devait apporter un souffle au réseau de la santé et des services sociaux ainsi qu’aux professionnelles en soins en offrant plus de postes à temps complet. Force est de constater que sa mise en application paritaire relève du défi.

De plus, de nombreuses professionnelles en soins détentrices d’un poste à temps complet quittent celui-ci en raison de l’épuisement qu’engendrent la surcharge de travail et les heures supplémentaires obligatoires. Il leur est difficile de concilier vie personnelle et travail, car elles n’ont aucune emprise sur leur emploi du temps. Elles optent alors, afin de préserver leur santé psychologique et leur vie familiale, pour un poste à temps
partiel : occuper un poste à temps complet devrait être la norme et non l’inverse.

Dans le contexte actuel, la FIQ est d’avis qu’il est impératif de tendre vers une offre de postes permettant aux professionnelles en soins d’avoir une vie équilibrée tant au travail que dans la vie personnelle. Avec la pénurie actuelle qui sévit, le réseau de la santé et des services sociaux ne peut se permettre de perdre une seule autre professionnelle en soins ou même une partie de sa disponibilité.

Pistes d’action visées

  • Des postes à temps partiel procurant de la stabilité.
  • Réinventer le temps complet afin de le rendre attractif.

Rétablir l’équilibre au travail et dans la vie personnelle afin de préserver la santé psychologique des professionnelles en soins

Constats

Les exigences reliées au travail sont telles que les professionnelles en soins n’arrivent plus à exécuter l’ensemble des tâches qui leur sont associées. Les répercussions se font sentir, autant dans leur vie professionnelle que dans leur vie personnelle : l’équilibre souhaité est rompu, le travail empiète sur le privé, la santé psychologique en est lourdement affectée.

Malgré l’obligation pour les employeurs, selon la Loi sur les normes du travail et l’article 31.02 de la convention collective, de fournir un lieu de travail sans harcèlement psychologique, force est de constater que les milieux de travail du réseau de la santé ne sont présentement pas psychologiquement sains et sécuritaires.

La FIQ pense que les gestionnaires doivent être des leaders au sein de leurs centres d’activités. Ils doivent pouvoir évaluer la charge réelle de travail et donner à leur équipe des objectifs clairs et réalistes. Ils doivent soutenir, accompagner chaque professionnelle en soins lorsque nécessaire. Ils doivent impliquer les professionnelles en soins dans la prise de décisions. L’autonomie et les initiatives des professionnelles en soins devraient être encouragées. En valorisant le travail des professionnelles en soins, les gestionnaires donnent un sens au travail de celles-ci.

La FIQ est d’avis que la prévention en matière de santé et de sécurité au travail passe par des mécanismes adéquats. Il faut que des mesures concrètes soient prises en ce sens.

Pistes d’action visées

  • Un milieu de travail psychologiquement sain et sécuritaire
  • La lutte au stress.
  • L’accès aux différents congés.
  • L’emprise sur l’horaire de travail.
  • L’aménagement du temps de travail.

Outiller les syndicats affiliés à la FIQ et à la FIQP afin de mieux répondre aux besoins des professionnelles en soins

Constats

La voix des professionnelles en soins auprès de l’employeur est le syndicat. Le Code du travail impose cette obligation de représentation. Au-delà de ce devoir, les représentantes syndicales ont à cœur le bien-être de leurs membres et veulent être en mesure d’offrir tout le soutien nécessaire afin de bien les représenter. Pour bien remplir leur rôle syndical, la FIQ est d’avis que la partie patronale doit le comprendre et collaborer afin que les professionnelles en soins reçoivent le soutien requis par leur syndicat.

Pour être en mesure de solutionner efficacement les problématiques vécues par les professionnelles en soins, il faut aborder l’aspect des droits syndicaux ainsi que toutes les procédures reliées aux contestations des décisions de l’employeur, via les griefs ou bien d’autres mécanismes (CRT, arbitrage de griefs, arbitrage médical et mécanisme de modification de la nomenclature). La lenteur et la complexité de l’appareil administratif et judiciaire sont mises en cause. La FIQ désire revoir ces processus afin de les simplifier et d’accélérer le traitement des dossiers personnels ou collectifs.

Dans un contexte de travail malsain où de plus en plus de professionnelles en soins deviennent malades physiquement et psychologiquement, la FIQ désire obtenir l’engagement que les droits des professionnelles en soins seront respectés adéquatement en facilitant l’accès à des prestations d’assurance salaire, à un réel soutien à la réadaptation et au retour au travail. Ainsi, elles pourront de nouveau être en mesure d’offrir aux patient-e-s des soins de santé de qualité.

Pistes d’action visées

  • Accompagner les professionnelles en soins.
  • Préserver les droits des professionnelles en soins.
  • Simplifier et accélérer le traitement des dossiers litigieux.

Demandes intersectorielles

Pour les matières intersectorielles, la FIQ négocie à une table commune avec l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

Augmentations salariales

Sur une période de trois ans

  • Maintien du niveau de vie – 3,2 % x 3 ans
  • Rattrapage du retard accumulé – 4 % x 3 ans

Les écarts de salaire se creusent et voici ce qui arrive:

  • les membres de l’APTS et de la FIQ sont payé·e·s 20 % de moins que ceux et celles des autres
    services publics
  • les écarts de rémunération globale (salaires et avantages) s’élèvent à 24,9 % de moins que ceux et celles des autres services publics
  • les membres de l’APTS et de la FIQ sont payées 13,2 % de moins que les autres salarié·e·s québécois·e·s des secteurs publics et privés confondus

Droits parentaux

  • Aide aux parents de jeunes enfants et d’enfants avec des besoins particuliers
  • Bonification des congés durant la période de grossesse
  • Meilleure protection des conditions de travail des parents lors de congés liés à la parentalité

Retraite

  • Rétention des professionnel·le·s expérimenté·e·s au travail plus longtemps et dans des conditions avantageuses
  • Meilleure préparation de la transition vers la retraite (bonification de la retraite progressive)
  • Réduction du coût d’une retraite anticipée

Sectorielles vs intersectorielles

Dans ses négociations avec le gouvernement, la FIQ aborde deux matières : sectorielles et intersectorielles. Voici un résumé de ce que contiennent ces deux matières.

Matières sectorielles

Les matières sectorielles sont celles qui sont propres à notre secteur d’activité. Celles-ci se négocient avec le Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS) :

  • Les congés
  • Les vacances
  • Les conditions de travail
  • La santé et sécurité du travail
  • Les primes

Matières intersectorielles

Les matières intersectorielles touchent tous les secteurs d’activités (santé, éducation, fonction publique, etc.). Celles-ci se négocient avec le Conseil du trésor :

  • Les salaires
  • La retraite
  • Les droits parentaux
  • Les disparités régionales