Négociation nationale 2020

Questions / commentaires au sujet de la négo

Foire aux questions

Pourquoi et comment rendre attractif le temps complet?

En ayant plus de personnes qui travaillent à temps complet, il y aura plus de professionnelles en soins disponibles pour accomplir les différentes tâches et ainsi diminuer la charge de travail de chacune. En plus de la prime, travailler à temps complet donne plusieurs avantages monétaires que le temps partiel ne donne pas, notamment sur le calcul de la rente à la retraite.

Le temps complet stabilisera les équipes de travail et contribuera à diminuer le temps supplémentaire, obligatoire ou non, et la charge de travail. C’est ainsi qu’il sera possible d’améliorer le bien-être au travail. Pour y arriver, il faut un effort de tout le monde et la meilleure façon de motiver cet effort-là, c’est par l’ajout d’une prime. La FIQ et la FIQP proposent une prime de 12 % pour les détentrices d’un poste ou d’une affectation à temps complet. L’objectif est que cette prime soit convertible en congé chômé, au choix de la salariée.

Ce que vise cette demande, c’est la création de postes à temps complet de qualité, sur un seul site, sans rotation.

La prime de 12 % sera-t-elle convertible pour toutes les salariées à temps complet?

Oui, la prime est attribuée à toutes les salariées détentrices d’un poste ou d’une affectation à temps complet, et ce, peu importe leur quart de travail.

Pourquoi instaurer des ratios sécuritaires professionnelles en soins / patients en CHSLD seulement?

Depuis plusieurs années, la FIQ parle des ratios comme une des solutions à privilégier pour régler les problèmes du réseau de la santé, notamment en réduisant la surcharge de travail. L’impact de la crise de la COVID-19 dans les CHSLD n’a fait qu’empirer une situation qui était déjà inacceptable. La pénurie de personnel et des ratios largement déficients de professionnelles en soins / patients ont indéniablement contribué au taux élevé de personnes atteintes de la COVID-19 dans les CHSLD, tant chez le personnel que les résidents. Sans parler du taux de décès chez les résidents. Commençons donc rapidement le déploiement graduel des ratios par les CHSLD. On pourra ensuite les déployer à l’urgence et en médecine-chirurgie. Le mot clé c’est graduellement. Mais commençons dès maintenant.

L’objectif d’instaurer des ratios sécuritaires par le biais d’une loi demeure une revendication de la FIQ et de la FIQP. C’est la meilleure façon de s’assurer que les ratios soient respectés partout en tout temps.

Visitez le site sur les ratios.

Pourquoi harmoniser la semaine de travail à 37,5 heures?

En uniformisant la semaine de travail, on augmente le nombre d’heures où les professionnelles en soins soignent les patients. Pour plusieurs, ce temps de travail est déjà effectué en écourtant leurs temps de pause et de repas. En reconnaissant ces heures dans le salaire de base, il pourra être reconnu dans le calcul de la rente. Pour plusieurs professionnelles en soins, cela constitue la juste reconnaissance du travail qu’elles effectuent, particulièrement pour les inhalothérapeutes ou les professionnelles en soins œuvrant en CLSC. Ça facilite ainsi l’instauration des ratios sécuritaires et ça augmente la rémunération des professionnelles en soins visées.

C’est également une mesure d’équité pour toutes nos professionnelles en soins et cela facilite la gestion des horaires, car tout le monde travaille sur la même base horaire.

Avec la mesure d’harmonisation des heures de la semaine à 37,5 heures pour toutes, est-ce que tout le monde devra travailler à temps complet?

Non. L’objectif de la négociation est que toutes les professionnelles en soins travaillent 7,5 h par jour plutôt que 7 h ou 7,25 h. Cette mesure touche donc autant les détentrices d’un temps complet que celles qui travaillent à temps partiel. Cela permettra une augmentation des heures de soins donnés aux patients, tout en reconnaissant le travail effectué.

Pourquoi insister sur la santé et la sécurité au travail?

Les professionnelles en soins veulent travailler dans un environnement de travail sécuritaire. Il en va de leur santé physique et psychologique. Des mesures de prévention doivent donc être mises en place maintenant, notamment dans les régions éloignées. Ça fait 40 ans que les professionnelles en soins attendent et on ne comprend pas pourquoi la CNESST est incapable de bouger. La situation vécue avec la crise de la COVID-19 n’a fait qu’accentuer cette problématique déjà existante. La Loi sur la santé et la sécurité doit s’appliquer intégralement à notre secteur, comme au secteur de la construction, par exemple.

Pourquoi les uniformes ne sont-ils pas fournis partout, puisque les professionnelles en soins sont en contact avec des germes à longueur d’année?

Présentement, c’est au choix de l’établissement de fournir ou non un uniforme. En faisant cette demande, la FIQ et la FIQP s’assurent d’avoir une certaine uniformité dans les pratiques partout dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Est-ce que le paiement des permis de pratique ou des adhésions aux associations professionnelles sera payé directement par l’employeur ou sera-t-il remboursé une fois la transaction effectuée?

La demande de la FIQ et de la FIQP est que la cotisation soit remboursée par l’employeur. Les modalités de ce remboursement seront déterminées dans une étape à venir.

J’ai entendu dire que les montants forfaitaires prévus pour les salariées œuvrant en CHSLD et auprès d’une clientèle présentant des troubles graves de comportement (TGC) prendraient fin le 30 septembre 2020. Qu’est-ce qui arrivera après?

Les demandes formulées par la FIQ et la FIQP remplacent et bonifient ce qui existe présentement dans la convention collective sous forme de lettre d’entente. Les montants prévus dans les lettres d’entente n’ont pas atteint l’objectif poursuivi d’attraction et de rétention et ne sont pas suffisants. C’est pour cette raison que la demande de la FIQ et de la FIQP est d’instaurer une prime de 8 % pour toutes les salariées qui travaillent en CHSLD ou auprès d’une clientèle présentant des troubles graves de comportement (TGC). Cette prime serait intégrée dans la convention collective.

Je fais de la garde le soir et les fins de semaine en plus de mon poste à temps complet. Quand je suis appelée, je suis payée à taux simple pendant les premières heures de mon rappel au travail, même si c’est au milieu de la nuit! Je trouve ça injuste…comment y remédier?

Abolir l’obligation, pour une infirmière clinicienne, de faire 40 heures de travail par semaine avant d’être payée en temps supplémentaire viendra régler ce problème. De plus, avec l’instauration du 37,5 h pour toutes, tout le monde bénéficiera du paiement du temps supplémentaire majoré au-delà de la semaine régulière de travail.

Contrairement à ce que le gouvernement véhicule, les professionnelles en soins n’ont pas la latitude de gérer leur horaire comme elles le souhaitent. En réalité, elles ont de la difficulté à reprendre leur temps travaillé en temps supplémentaire et cela n’ajoute aucune heure soins.

Je travaille dur au soutien à domicile (SAD), mais, parfois, je manque de temps pour traiter tous mes dossiers. Comment l’augmentation de ma semaine de travail à 37,5 heures me sera-t-elle bénéfique?

Avec la semaine de 37,5 h pour toutes, il y a une augmentation de 30 minutes de soins par jour pour les professionnelles en soins qui font du soutien à domicile. Ça permet, par exemple, de voir un patient de plus ou de compléter les différents suivis et ainsi de mieux équilibrer sa charge de travail sur la semaine.

J’ai un poste de rotation, mais je n’arrive jamais à me faire payer ma prime de rotation! On me parle toujours de cycle…comment peut-on remédier à cela?

Actuellement, il y a une difficulté d’application de la prime de rotation. C’est pour cette raison qu’une des demandes sectorielles de la FIQ est de simplifier l’application cette prime afin que plus de professionnelles en soins puissent en bénéficier.

Je fais mon cours d’infirmière auxiliaire en ce moment, mais si je deviens CEPIA, je gagnerai moins que ce que je gagne actuellement en tant que préposée aux bénéficiaires. Comment peut-on arranger ça?

Dans le but de rectifier un problème vécu depuis trop longtemps, la FIQ et la FIQP demandent que la salariée du réseau de la santé et des services sociaux qui devient CEPI ou CEPIA ne puisse pas recevoir un salaire moindre que celui qu’elle recevait dans son ancien titre d’emploi. Ainsi, il deviendrait avantageux pour une préposée aux bénéficiaires qui suit un cours d’infirmière auxiliaire de devenir CEPIA et de pouvoir mettre à profit les nouvelles compétences qu’elle a acquises.

Je suis infirmière clinicienne et, avec ma collègue infirmière technicienne, nous aimerions aller travailler dans le Grand Nord. Ma collègue me dit que nous serons payées selon la même échelle salariale… Ça ne se peut pas! Ce n’est pas juste!

Selon le principe d’équité et dans le but de reconnaître la juste valeur académique et la contribution des infirmières cliniciennes en dispensaires, la FIQ demande de créer de nouveaux titres d’emplois, ceux d’assistante-infirmière-chef en dispensaire, d’infirmière clinicienne en dispensaire et d’infirmière clinicienne en dispensaire assistante-infirmière-chef.

Pourquoi sommes-nous en alliance avec l’APTS (et non pas avec les autres organisations syndicales)?

Nos deux organisations représentent des professionnelles et des techniciennes, majoritairement des femmes qui fournissent des soins à la population. Elles ont donc des intérêts communs et peuvent plus aisément identifier des revendications conjointes. De plus, le nombre de membres unifiant leurs forces, soit 131 000, représente plus de la moitié des salariées du réseau de la santé et des services sociaux. Cette alliance est un atout pour exercer un rapport de force face au gouvernement ainsi que pour améliorer les conditions salariales et de travail.

Est-ce que l’alliance APTS-FIQ implique le devoir de s’entendre sur les mêmes moyens de pression?

Oui. Pour soutenir les travaux de l’intersectoriel, les mêmes moyens de pression doivent être exercés au même moment. La structure de négociation de chacune des organisations doit approuver ces moyens de pression conjoints.

Pourquoi nos demandes sont-elles basées sur une convention collective de 3 ans alors que les dernières conventions collectives avaient une durée de 5 ans?

Le Code du travail prévoit une durée de trois ans pour la convention collective. Le dépôt syndical et nos demandes respectent donc cette durée.

Puisque nous sommes en alliance, quelles seront les personnes présentes à la table de négociation?

Il y aura à la table de négociation des représentantes mandatées par chacune des organisations, dont deux porte-paroles provenant de chacune des organisations.

Comment la pandémie de COVID-19 influence-t-elle la négociation nationale?

C’est toute une année pour les professionnelles en soins qui sont au front pour lutter contre la COVID-19 alors qu’elles négocient le renouvellement de leur convention collective. Il faut voir la négociation de la convention collective nationale comme une occasion de débuter la reconstruction du réseau, ébranlé par la crise, sur des bases solides. C’est maintenant qu’il faut régler les problèmes dénoncés depuis des années par les professionnelles en soins.

Avec les mesures proposées par la FIQ et la FIQP, le réseau aura une chance de se remettre de la catastrophe causée par la crise de la COVID-19. La FIQ et la FIQP proposent notamment d’ajouter des clauses sur la prévention des infections, insistent sur les mécanismes de prévention de la santé et la sécurité au travail et proposent de débuter l’implantation des ratios en CHSLD, milieux les plus touchés par la crise COVID‑19. Le gouvernement doit profiter de l’occasion qui lui est offerte pour freiner l’hémorragie qui guette le réseau de la santé, alors que les professionnelles en soins sont de plus en plus nombreuses à penser quitter leurs postes.

Comment se bâtit le projet de négociation de la FIQ et de la FIQP?

Tout part du projet de négociation, qui inclut les deux priorités de la FIQ et de la FIQP : de la santé et de la sécurité à tous les niveaux et l’attraction-rétention des professionnelles en soins dans le réseau. Ce projet découle lui-même des consultations avec les membres. Ensuite, le projet est adapté selon la conjoncture – le contexte de négociation, l’actualité, la réalité économique- avec la collaboration des militantes élues sur le Comité de négociation et des représentantes de chacun des syndicats affiliés de la FIQ et de la FIQP, qui forment le Conseil de négociation.

Le projet de négociation bénéficiera-t-il à toutes les membres de la FIQ et de la FIQP?

Oui, les mesures phares seront bénéfiques aux 76 000 membres de la FIQ et de la FIQP. On peut penser notamment à la demande d’harmonisation de la semaine de travail à 37,5 heures pour toutes et à la prime de 12 % pour les détentrices d’un poste ou d’une affectation à temps complet. Les demandes sont faites de manière à ce que tous les titres d’emplois représentés par la FIQ et la FIQP puissent en tirer des avantages.

Qu’est-ce qu’est un comité interronde?

C’est un comité de travail paritaire qui réunit la partie syndicale et la partie patronale sur des questions et des enjeux précis et définis au moment de la signature de la convention collective. Pour ce qui concerne les matières sectorielles, la FIQ et la FIQP demandent la création d’un tel comité afin de discuter de l’actualisation de la convention collective, de revoir les mécanismes de règlements des litiges, dont les griefs, et de s’assurer que la convention collective permette un devoir de représentation adéquat.

Sur le coût de ces mesures

Bien sûr, la FIQ et la FIQP sont conscientes que le Québec traverse une période économique difficile. Mais ne rien faire coûtera aussi très cher, tant d’un point de vue humain, qu’économique. Il n’y a qu’à voir l’exemple des compressions en santé publique qui ont affaibli la réponse du Québec face à la COVID-19. Sommes-nous prêts pour affronter une deuxième vague de COVID-19? Pour faire face au défi du vieillissement de la population? C’est un choix collectif de pouvoir compter sur un réseau de la santé dont les Québécois-e-s seront fiers.

Améliorer les conditions de travail des professionnelles en soins, c’est améliorer la qualité et la sécurité des soins aux patients. Nos membres veulent du temps avec leurs patients et des conditions pour bien soigner, pour bien faire leur travail.

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