FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Stratégie de l’État de Victoria en Australie

(Population de 5 713 000 habitants)

Avant 2000, le réseau de santé public de l’État de Victoria était en crise. Il était devenu dangereux d’y travailler comme professionnelles et de s’y faire soigner comme patient-e-s. La situation présentait des similitudes frappantes par rapport à ce qu’on trouve aujourd’hui au Québec :

  • En 15 ans, diminution de 65 % à 35 % des infirmières travaillant à temps complet
  • 1 300 postes d’infirmières vacants
  • Solutions à courte vue, notamment les heures supplémentaires et de la substitution par du personnel moins qualifié.

En 2000, le tribunal administratif du travail de l’État a mis en place des ratios sécuritaires et des mesures importantes ont été mises de l’avant pour assurer un nombre suffisant de professionnelles pour les respecter :

  • Campagne du gouvernement faisant la promotion du travail des infirmières dans le réseau – ex. envoi de lettre à des infirmières ayant quitté afin de les inciter à revenir
  • Limites importantes imposées au personnel d’agence.

En 1999, avant la mise en œuvre des ratios, il y avait 1 300 postes vacants. En 2001, on remarquait déjà l’arrivée de 2 650 infirmières en équivalent temps complet, soit assez pour combler les postes vacants, et du personnel additionnel pour correspondre aux nouvelles normes. Les ratios ont été remis en cause à chacune des négociations, et ce, jusqu’’en 2015, afin que le gouvernement en fasse l’objet d’une loi.

Les résultats de l’implantation des ratios à Victoria comprennent une meilleure attraction et rétention du personnel, une diminution du recours à la main-d’œuvre indépendante, une meilleure qualité des soins, une augmentation de la satisfaction au travail des professionnelles, plus de stabilité dans les équipes de travail et une réduction du stress vécu par les infirmières.

La réalité actuelle au Québec est difficile. Les professionnelles en soins ont toutes vécu ou été témoins de situations insoutenables. Aucune norme n’est actuellement en place pour assurer qu’elles dispensent tous les soins nécessaires de façon sécuritaire tant pour elles que pour leurs patient-e-s. On ne peut pas blâmer, que certaines d’entre elles, ne souhaitent pas un travail à temps complet, sachant qu’elles seront de surcroît forcées à faire des heures supplémentaires.

On doit plutôt changer la situation et briser ce cercle vicieux. À l’instar de l’État de Victoria, on doit se doter de ratios sécuritaires qui redonneront confiance aux patient-e-s et aux professionnelles en soins en permettant ainsi de conserver celles-ci dans le réseau tout en attirant de nouvelles recrues.