FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Élections 2018


Message de la présidente

 

La réforme de Gaétan Barrette n’est pas encore totalement implantée et vous aurez l’occasion, le 1er octobre 2018, de choisir les personnes qui fixeront les priorités des quatre prochaines années. Elles décideront si les ratios sécuritaires doivent être implantés partout au Québec, du montant et de la répartition des budgets de vos établissements de santé, de vos salaires et de vos conditions de travail. Ces élu-e-s négocieront votre convention collective nationale ! Voilà pourquoi il s’agit, pour les professionnelles en soins et pour l’ensemble de la population québécoise, d’un moment déterminant pour notre avenir. Parce que nous défendons les professionnelles en soins et les patient-e-s qu’elles soignent, il est important que les membres de la FIQ prennent position de façon éclairée.

Nous oeuvrons à l’amélioration de la santé de la population et constatons l’impact de la pauvreté et des inégalités socio-économiques sur la santé. Nous souhaitons un gouvernement qui agira sur ces facteurs. Parce que nous défendons des membres dont la grande majorité sont des femmes, nous voulons un gouvernement qui s’emploiera à enrayer une fois pour toutes les inégalités injustifiables entre les hommes et les femmes et qui mettra en place des mesures concrètes favorisant la conciliation famille-travail-études.

Proposez à votre syndicat des assemblées où vous inviterez les candidat-e-s de votre région. Questionnez les candidat-e-s qui viendront sonner à votre porte. Parce qu’en définitive, si on ne s’occupe pas de la politique, c’est elle qui s’occupera de nous. En 2018, vous toutes avez fait de la politique en manifestant votre mécontentement aux quatre coins du Québec. Le ministre de la Santé a été obligé de vous entendre. Cette mobilisation doit se poursuivre. Peu importe votre choix, je vous invite à vous prévaloir massivement de votre droit de vote parce que toutes ensemble, nous pouvons faire une différence !

Nancy Bédard
Présidente de la FIQ


Grand débat des chefs

Jeudi, 13 septembre 2018, 20h

Lire le communiqué : Débat des chefs 2018 : nous espérons des engagements fermes sur des enjeux qui touchent particulièrement les professionnelles en soins

La FIQ suivra les échanges et commentera sur #debatQc


Retour sur le débat électoral en santé organisé par la FIQ

Mercredi 5 septembre, 13h30

Consultez les biographies des candidates.


Les professionnelles en soins prennent position

 

Sans ratios, la qualité et la sécurité des soins sont menacées

Des constats accablants et chiffrés

Les mauvaises conditions de travail et le manque de personnel ont des effets nocifs sur la qualité des services de santé. Plusieurs études scientifiques le démontrent : ne pas avoir un nombre suffisant de personnel menace la sécurité des soins !

Des effectifs insuffisants de professionnelles en soins entraînent des événements indésirables qui ont des coûts importants pour le système de santé, comme des durées de séjour plus longues pour les patient-e-s et des traitements plus invasifs. Par exemple, les plaies de pression, secondaires à l’alitement prolongé, entraînent une augmentation moyenne de 7,5 jours d’hospitalisation, avec un impact financier de 1 351 $ par jour ; les erreurs de médicaments entraînent une augmentation moyenne de 4 jours d’hospitalisation, avec un impact financier de 496 $ par jour (Journal of Advanced Nursing, 2017).

Une étude de l’American Medical Association révélait déjà en 2002 que chaque patient-e ajouté-e à la tâche moyenne d’une infirmière a des risques plus élevés de mourir (+7 %) dans les 30 jours de son entrée à l’hôpital.

Une loi sur les ratios professionnelles en soins / patient-e-s

Un espoir d’en finir avec la surcharge de travail des professionnelles en soins et d’assurer la qualité et la sécurité des soins serait de mettre en place systématiquement des équipes adaptées aux besoins des patient-e-s par des ratios inscrits dans une loi. Cette solution, déjà implantée ailleurs dans le monde, a fait ses preuves et comporte plusieurs avantages.

Les ratios ont aussi permis d’augmenter quotidiennement de 30 à 60 minutes la présence des professionnelles en soins au chevet de leurs patient-e-s, de diminuer le taux de mortalité à la suite d’une chirurgie de plus de 10 % et d’éviter le phénomène de la « porte tournante », c’est-à-dire d’éliminer les réadmissions dans les 30 jours suivant le congé de l’hôpital (2013). Les ratios ont eu également un impact positif sur la main-d’œuvre en diminuant de 69 % les postes vacants, en augmentant de 60 % les demandes d’inscription aux programmes en soins infirmiers et le nombre de diplômées de 45 % (2005-2006).

Ces données sont corroborées par les sondages réalisés par la FIQ en 2018 : les ratios permettraient d’assurer une stabilité des équipes de travail qui ne seraient plus soumises aux aléas des gestionnaires du réseau de la santé et aux réformes budgétaires. Ainsi, les ratios seraient un argument convaincant pour inciter les professionnelles en soins à ne pas quitter la profession dans 86,4 % des cas. De plus, les ratios sont appuyés par 80 % de la population au Québec. De meilleurs ratios de professionnelles en soins, en réduisant les événements indésirables, ne génèrent pas de coûts supplémentaires (Martsolf G.R. et al, 2014).

Un réseau de la santé mal en point

Compressions, réforme, privatisation en douce

Entre 2014 et 2017, le gouvernement a coupé un peu plus de 1,3 milliard de dollars du budget des établissements de santé. Malgré ce que certain-e-s en disent, cette vague de compressions n’est pas sans conséquence sur votre capacité de bien faire votre travail. Bref, on vous demande de faire plus avec moins. Le réseau a aussi fait l’objet d’une des plus importantes réformes depuis le début de son existence en créant les CISSS et CIUSSS. Ces gigantesques établissements sont dorénavant, pour une majorité d’entre vous, le lieu où vous dispensez des soins. Il est encore trop tôt pour évaluer les impacts de cette réforme, mais nous pouvons déjà affirmer que votre quotidien s’en trouve complètement chamboulé, tout comme pour les patient-e-s au coeur de cette réforme.

Depuis plusieurs années, une privatisation des services de santé se réalise en douce. Les supercliniques et les GMF, en grande majorité des cliniques privées détenues par des médecins, offrent des services de première ligne au détriment des CLSC.

Un meilleur accès aux soins passe par les professionnelles en soins

44 % de la population adulte du Québec souffre d’une maladie chronique et environ 18,5 % de la population est âgée de plus de 65 ans. Les besoins en matière de services de santé et de services sociaux ne cesseront de croître dans les prochaines années. Tout comme l’ensemble des professionnelles en soins, les IPS en soins de première ligne peuvent indéniablement garantir un accès efficace aux soins et services de santé. Une très forte majorité de la population croit d’ailleurs que les professionnelles en soins ont la capacité et les compétences pour assurer cet accès aux services de santé.

Les ordonnances collectives nationales sont une des façons pour les professionnelles en soins de jouer pleinement leur rôle dans l’accès aux soins. Mais, en raison d’une forte résistance des médecins, il existe seulement 10 ordonnances collectives qui ne donnent que des pouvoirs limités aux professionnelles en soins.

Rémunération des médecins

La rémunération des médecins représente près de 20 % du budget total de la santé, proportion qui est en constante augmentation depuis quelques années. Les manchettes en font foi : justifier ces augmentations faramineuses, négociées derrière des portes closes et provenant de deniers publics, devient plus en plus difficile pour le gouvernement. Il devient donc impératif, par respect pour l’ensemble de la population, que le processus et les travaux entourant les négociations avec les médecins soient plus transparents.

L’égalité pour une meilleure société

Partager le pouvoir

En effet, pour les femmes, accéder à des postes électifs ou d’influence s’avère être une tâche plus difficile que pour les hommes, que ce soit dans les organisations publiques ou privées, et ce, dans toutes les sociétés. En fait, les statistiques et les témoignages des femmes qui veulent s’impliquer dans les lieux décisionnels le prouvent et un constat s’impose : les femmes vivent encore des inégalités et font face à des discriminations systémiques.

Même si, au sein des cabinets ministériels, la progression des femmes a été possible en passant de 30 % en 2014 à 43 % aujourd’hui, ces dernières héritent trop souvent encore des ministères de moindre envergure.

Mais quels sont les obstacles que rencontrent les femmes ? Certains s’imaginent que les femmes ne seraient pas intéressées à la politique tout simplement. En fait, les études montrent qu’elles font face à de nombreuses embûches quand elles décident de se présenter à des postes de pouvoir. On exigera d’elles davantage de preuves de compétence. Aussi, dans un contexte où les responsabilités familiales sont encore majoritairement assumées par les femmes, elles devront jongler entre les horaires de la vie de famille et les horaires professionnels souvent chargés et peu adaptés à leur réalité.

Pourquoi les femmes souhaiteraient-elles prendre part aux décisions ou se préoccuper de politique ? Parce que l’égalité entre les femmes et les hommes se joue où se prennent les décisions et les femmes doivent occuper l’espace démocratique pour faire part de leur vision.

Violence envers les femmes

Les professionnelles en soins, comme les femmes en général, sont victimes de violences de toutes sortes (physique, sexuelle, psychologique). Et, dans un contexte de réformes successives, de nouvelles méthodes de gestion et de régimes d’austérité, les conditions d’exercice des professionnelles en soins créent un milieu propice à la violence, qu’elle vienne des patient-e-s, des autres professionnelles ou bien des organisations.

D’ailleurs, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) rapporte une augmentation de 16 % de réclamations des victimes de violence dans le secteur de la santé entre 2010 et 2014.

Concilier la vie familiale, le travail et les études

Une responsabilité collective

Les conditions d’exercice des professionnelles en soins ne permettent pas une vie sereine. Horaires atypiques, heures supplémentaires obligatoires, vacances déplacées, congés refusés, surcharge de travail et pression des supérieur-e-s, sont des facteurs incompatibles avec la vie familiale ou privée. Tout repose sur les épaules des individus, et plus particulièrement des femmes, même si on sait que l’État et les employeurs ont un rôle important à jouer et que la conciliation famille-travail-études est une responsabilité collective.

Centre de la petite enfance (CPE)

Les services de garde sont des éléments essentiels à la conciliation. Peu adaptés aux horaires des professionnelles, sujets à des augmentations de tarifs, et inégaux quant à la qualité des services selon les différents modèles, ils sont encore insuffisants. Les parents sont les premiers à faire les frais des modifications apportées aux services de CPE qui ont conduit vers une augmentation des tarifs et un manque chronique de places en raison de la privatisation de l’offre de services de garde.

Régime québécois d'assurance parentale (RQAP)

Avoir des enfants constituerait un obstacle de plus à la conciliation si le RQAP n’existait pas. Si, périodiquement, les élu-e-s remettent en question le taux de couverture des prestations des congés, la durée des congés et leur partage entre les parents sont des aspects du régime qui ne sont pas des acquis.

Moyens de transport

La mobilité des familles est un défi quand on veut concilier famille, travail et études et le transport peut devenir un casse-tête, voire un facteur d’isolement pour les parents. En effet, prendre trente minutes, une heure et même parfois deux heures pour faire le trajet entre la maison, la garderie, l’école et le travail a des répercussions importantes dans la vie d’une famille et augmente la charge mentale. Ainsi, l’offre de transports en commun, les stratégies de réduction du trafic, la planification de la construction routière, la proximité des services (écoles, garderies, etc.) sont les multiples solutions qui favorisent la conciliation.

Travail invisible

Prendre soin de toutes les personnes de la famille et des proches, cette tâche souvent exercée par les femmes, fait aussi partie des aspects de la conciliation famille-travail-études.

Des conditions de travail difficiles

Dénonciations

En janvier dernier, le cri du coeur d’Émilie Ricard a révélé l’ampleur de la détresse de plusieurs d’entre vous et a fait connaître les conditions difficiles dans lesquelles vous êtes appelées à prodiguer des soins aux patient-e-s depuis plusieurs années. Cette dénonciation est venue corroborer l’ensemble des informations contenues dans le livre « On a notre quota : livre noir de la sécurité des soins », lancé par la FIQ quelques semaines plus tôt.

Heures supplémentaires

Le nombre d’heures supplémentaires réalisées ne cesse d’augmenter. Pour l’année 2014-2015, 4,5 millions d’heures ont été effectuées uniquement par les infirmières alors que, selon un récent sondage (Repère 2018), 94 % de la population s’est dite mal à l’aise d’être soignée par une professionnelle en poste depuis plus de 16 heures. De plus, plusieurs d’entre vous se voient contraintes de faire ces heures supplémentaires sous peine de menaces et de sanctions.

Équipes instables et précarisation de l'emploi

Non seulement les heures supplémentaires s’accumulent, mais, en plus, il existe une importante problématique de stabilité dans les équipes de soins.

Parmi les causes de cette désorganisation, on observe les absences non remplacées, une forte proportion de postes à temps partiel (51 % pour les infirmières et 64 % pour les infirmières auxiliaires), et la substitution d’un titre d’emploi par un autre et le recours au personnel d’agences privées de placement.

Professionnelles en soins à bout de souffle

À la lecture des plus récentes statistiques fournies par le MSSS concernant la main-d’oeuvre infirmière, on constate une augmentation significative des professionnelles en assurance salaire au cours de la dernière année.

Ces conditions de travail difficiles entraînent une augmentation des départs des professionnelles du réseau de la santé ainsi qu’une difficulté à maintenir en poste celles qui y travaillent. Le récent portrait de la main-d’oeuvre infirmière (MSSS, 2018) valide cette affirmation et démontre une augmentation des départs ainsi qu’un taux de rétention moyen de 62 % sur trois années.

Les compressions budgétaires, la vaste réforme des structures du réseau, ainsi que le peu d’intérêt manifesté par le gouvernement pour améliorer la situation au cours des dernières années se sont traduits par un net recul de vos conditions de travail. Vous avez sans doute envie de demander à celles et ceux qui aspirent au pouvoir que soient mises en place des solutions durables pour que vous puissiez donner des soins de qualité et sécuritaires dans de meilleures conditions.


Programmes des partis