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FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

La FIQ dénonce l’inertie du ministre Bolduc

Montréal, le 9 octobre 2009  –  La diffusion hier soir du reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada sur le phénomène des infirmières d’agences privées ne surprend en rien la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ. Depuis plusieurs années, la Fédération se bat pour que cesse le recours aux infirmières d’agences dans le réseau public.  

« Le reportage apporte un meilleur éclairage sur les effets pervers d’un tel phénomène qui met en danger la survie même du réseau public de santé québécois. Il démontre clairement que la qualité des soins est menacée par cette pratique en plus de coûter plus cher à l’État. En laissant les agences d’infirmières privées faire la pluie et le beau temps, le ministre de la Santé se fait complice de la dégradation de notre système de santé public », de dire Régine Laurent, présidente de la FIQ.

Qu’en est-il des permis de pratique?

Le reporter d’Enquête fait ressortir les techniques d’embauche douteuses de plusieurs agences. « Une petite conversation au téléphone et voilà, vous êtes envoyée dans une urgence. Je connais très peu d’entreprises privées qui recrutent leur personnel d’une telle façon. Mais il y a bien pire : comment se fait la vérification de permis de pratique et à quelle fréquence? Il est inacceptable que les employeurs ne se préoccupent pas de vérifier la capacité d’exercice du personnel qui travaille dans leur établissement », de dire Régine Laurent.

En effet, il y a des employeurs qui ont été obligés de renvoyer des infirmières d’agences incapables de faire leur travail. « De telles situations menacent la qualité des soins dispensés en plus de créer une surcharge de travail pour le personnel en place dans le réseau public », de poursuivre madame Laurent.

Pour agir sur la pénurie

« L’utilisation d’agences privées n’est pas une solution à la pénurie de main-d’œuvre en soins infirmiers, elle aggrave plutôt la situation. Il est urgent de mettre en place des mesures pour agir concrètement et de façon durable sur la pénurie. La solution réside dans l’amélioration des conditions de travail pour rendre les professions en soins plus attirantes pour la relève et pour retenir les plus expérimentées. C’est justement ce que la FIQ propose en mettant de l’avant l’aménagement du temps de travail dans son projet de convention collective qui sera déposé au gouvernement le 29 octobre prochain », de soutenir la présidente de la FIQ.

La proposition de la FIQ vise à donner un poste à temps complet, quatre jours par semaine, aux 50 % de professionnelles en soins qui travaillent actuellement à temps partiel : « En augmentant dans une forte proportion le nombre de postes à temps complet, huit jours par quinzaine, les deux jours ainsi libérés des postes actuellement à temps complet seront complétés par les salariées présentement à temps partiel qui deviendront à temps complet. Comme notre proposition améliorera les conditions d’exercice en facilitant notamment la conciliation famille/travail, nous faisons le pari que cela attirera plus de jeunes dans les professions en soins, retiendra les plus expérimentées et ramènera dans le réseau public les professionnelles qui travaillent pour des agences privées. La combinaison des effets de notre proposition permettra de contrer, de façon efficace, à moyen et à long terme la pénurie », de conclure Régine Laurent.

À propos de la FIQ

La FIQ représente 58 000 membres soit, la grande majorité des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires œuvrant dans les établissements publics québécois.