FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Des primes trop restrictives : le gouvernement renie ses propres engagements

Des primes trop restrictives : le gouvernement renie ses propres engagements

Un mois après avoir annoncé un plan ambitieux, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ constate que le ministre de la Santé trahit les espoirs des professionnelles en soins puisque la seule mesure qu’il a mise de l’avant pour tenter de convaincre des milliers d’entre elles de revenir prêter main-forte est trop contraignante pour créer un réel engouement. Il va même jusqu’à renier ses propres engagements en faveur d’une plus grande stabilité des équipes de travail, principe pourtant au cœur de la nouvelle convention collective.

Bulletin d’info no 1 – Professionnelles en soins, le gouvernement renie ses engagements envers vous !

La FIQ ne laissera pas passer cet affront et évalue la contestation de cet arrêté ministériel par toutes les voies possibles.

« Il manque des milliers de professionnelles en soins sur le terrain. Il y a des bris de service, des urgences et des salles d’accouchement sont fermées. On n’a plus le temps d’attendre. L’arrêté est trop restrictif et réduit à néant les chances d’attirer et de retenir les professionnelles en soins. On se prive à l’heure actuelle d’une main-d’œuvre qui pourrait venir enlever un peu de pression dans un réseau sous tension. Le gouvernement doit reculer. Avec la complexité de l’arrêté et tous les critères pouvant disqualifier celles qui veulent revenir dans le réseau, comment le gouvernement peut-il prétendre atteindre son objectif? Le ministre de la Santé a une obligation de résultat, c’est sa responsabilité d’y voir. »

Nathalie Levesque, présidente par intérim, Fédération interprofessionnelle de la Santé du Québec–FIQ.

Les attentes des membres de la FIQ et de la population sont très élevées actuellement alors que le réseau de la santé est sous tension depuis des mois. L’encre de la nouvelle convention collective est à peine sèche que le gouvernement cherche malheureusement à s’en écarter. Les mesures incitatives devaient être une passerelle avant que la nouvelle convention puisse produire ses pleins effets sur le terrain pour stabiliser les équipes de travail et freiner la mobilité de la main-d’œuvre. Or, les dispositions de l’arrêté viennent plutôt contrecarrer les efforts en ouvrant la porte à davantage de postes en rotation ainsi qu’au déplacement de personnel.

« Le ministre de la Santé refuse d’écouter les professionnelles en soins. Il ignore les raisons pour lesquelles elles sont parties et les conditions qui pourraient les faire revenir : la fin du TSO et une meilleure conciliation entre le travail et la famille. On est loin du changement de culture annoncé par le premier ministre et le ministre de la Santé. On demande à nos membres d’être prudentes avant de s’engager et de bien s’informer des conditions. », déclare Nathalie Levesque.

Ce qu’implique notamment l’arrêté ministériel 2021-071 :

  • Suspension des dispositions des conventions nationales et locales, comme les règles d’affectations temporaires pour appliquer les mesures de l’arrêté, créant ainsi une iniquité.
  • Interdiction de l’horaire 9/14 pour la détentrice de poste à temps complet de soir, alors qu’il se voulait un atout pour stabiliser les équipes sur ce quart plus difficile à combler.
  • Le projet d’autogestion des horaires est compromis, une mesure essentielle pour la conciliation travail-famille, parce qu’il y a priorité accordée aux professionnelles en soins qui ont accepté les conditions de l’arrêté.
  • L’arrêté ramène de la mobilité, incite les professionnelles en soins à accepter des quarts en rotation, alors qu’on s’était entendu avec la présidente du Conseil du trésor sur l’objectif de ramener de la stabilité dans les équipes de travail.
  • Il deviendra difficile d’atteindre le 80 % de proportion de poste à temps complet, prérequis pour la cible annuelle d’heures-soins par lit en CHSLD/EPC. Donc, le premier effort vers des ratios tombe littéralement à l’eau.
  • Un congé sans solde ou une absence non rémunérée pourrait faire perdre l’admissibilité et provoquer une demande de remboursement.
  • Un congé parental qui se termine après le 15 décembre rend inadmissible la salariée aux montants forfaitaires.
  • Un retard non justifié pourrait faire échec au droit aux montants forfaitaires.

Bulletin d’info no 1 – Professionnelles en soins, le gouvernement renie ses engagements envers vous !