FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Santé physique et psychologique en contexte de pandémie

L’actuelle pandémie met en lumière l’importance de la prévention dans le réseau de la santé et les défis auxquels les différent-e-s professionnel-le-s sont confronté-e-s. Plusieurs constats ont été formulés à la suite de la première vague et il apparaît maintenant indispensable d’aller plus loin et de développer, toutes et tous ensemble, une véritable culture de la prévention. Beaucoup d’outils et de recommandations ont déjà été élaborés, il suffit donc de les mettre en application! Agissons maintenant pour de meilleurs lendemains!

Vos droits et vos obligations

Si vous commencez à ressentir les symptômes alors que vous êtes au travail et que vous devez quitter, l’employeur a l’obligation de vous rémunérer pour les heures prévues à votre horaire cette journée. Pour la première journée d’absence, il doit donc vous verser 100 % de votre salaire net (LATMP, art. 59).

Par la suite, pendant les 14 jours complets suivant le début de votre incapacité, vous avez droit à 90 % de votre salaire net pour chaque jour ou partie de jour où vous auriez normalement travaillé, incluant les heures supplémentaires prévues à l’horaire s’il y a lieu, mais aussi toutes les primes y compris dites d’inconvénients, ainsi que les montants forfaitaires – établies en vertu des arrêtés ministériels – auxquels vous aviez droit au moment de votre arrêt de travail (LATMP, art. 60).

L’employeur peut obtenir remboursement de la CNESST pour les indemnités de remplacement de revenu qu’il vous verse durant les 14 premiers jours. Il doit remplir le formulaire « Avis de l’employeur et demande de remboursement » et le transmettre à la CNESST (LATMP, art. 268). L’employeur doit vous en remettre une copie dûment rempli et signé (LATMP, art. 269). Notez que cette démarche de l’employeur ne vous dispense pas de votre obligation à remplir le formulaire « Réclamation du travailleur ». C’est en effet une obligation de la travailleuse de produire sa réclamation à la CNESST (LATMP, art. 270) en remplissant le formulaire « Réclamation du travailleur ».

Même si l’employeur vous rémunère après votre lésion, il est important que vous vous assuriez qu’il a bien déclaré votre lésion à la CNESST dans l’éventualité où votre état de santé se détériorerait ainsi que pour bénéficier de tous les avantages prévus à la loi. De votre côté, il est absolument nécessaire que vous remplissiez rapidement le formulaire « Réclamation du travailleur » et que vous l’acheminiez à la CNESST. C’est d’autant plus important que nos connaissances sur le « syndrome post-covid » ou le « covid long » sont embryonnaires. La maladie peut avoir des effets à long terme insoupçonnés. Il est donc primordial que vous déclariez votre lésion professionnelle à la CNESST le plus tôt possible de manière à être admissible à toutes les indemnités en cas de rechute, de récidive ou d’aggravation physique ainsi qu’à tous les avantages prévus à la loi.

Recommandations de l’INSPQ (juillet 2021)

Les recommandations de l’INSPQ sur la protection respiratoire publiées le 2 juin et le 6 juillet dernier illustrent son incapacité d’intégrer les principes et les règles de santé et sécurité du travail établies par la CNESST en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Les positions unilatérales et dogmatiques prises par le CINQ continuent d’avoir un impact négatif sur la crédibilité de l’INSPQ et créent une confusion chez les gestionnaires du réseau de la Santé.  

Lors de l’audience qui a mené à la décision du juge Bouvier du 23 mars dernier, la position du CINQ et de l’INSPQ sur l’efficacité du masque de procédure versus le port d’un APR de type N95 a été débouté. Le représentant de l’INSPQ a présenté au tribunal quatre études pour appuyer ses propos or, il n’avait pas lu ces études et trois études sur quatre démontraient le contraire, soit la supériorité du N95 en contexte de transmission aérienne.  

Nous sommes toujours extrêmement préoccupés du rôle joué par l’INSPQ et plus particulièrement par les informations incohérentes qu’elle continue de véhiculer sur les mesures de prévention qui ont pour effet de mettre en danger les professionnelles en soins dans leur milieu de travail. 

Comme le disait si justement le juge Bouvier au paragraphe [81] de sa décision du 23 mars dernier :  

« […] l’INSPQ suggère une interprétation des obligations de l’employeur en matière de santé et sécurité du travail prévues à l’article 51 LSST dans le sens voulu par les employeurs tout en affirmant en filigrane de son argumentation que la LSSSS et LSP ont préséance sur la LSST. »  

Nous nous questionnons sur le sens réel à donner aux interventions de l’INSPQ notamment sur la science qui sous-tend ces propos et sur l’indépendance de l’INSPQ qui relève du ministre de la Santé et des Services sociaux.  

Nous vous demandons donc de continuer à être vigilante lorsqu’un employeur appuie ses positions sur des recommandations de l’INSPQ et particulièrement du CINQ.  

 

Nous vous rappelons que la CNESST maintient sa décision d’appliquer le principe de précaution notamment par l’obligation de porter un APR de type N95 auprès d’un patient confirmé ou suspecté COVID dans une zone tiède ou chaude sans égard à la vaccination et aux paliers d’alertes.  Nous vous rappelons également, que le masque médical ASTM de niveau 2 n’est pas une protection suffisante contre la transmission aérienne de la COVID-19. Rappelons que les exigences de la CNESST sont d’application obligatoire et ont préséance sur toutes recommandations de l’INSPQ ou du MSSS.  

Santé physique

La reconnaissance par les agences et instituts de santé publique de la transmission aérienne aura amené la CNESST et le MSSS à rehausser le niveau de protection respiratoire .

Plus récemment cependant, le 23 mars dernier, le Tribunal administratif du travail (TAT) rendait une décision sur la protection respiratoire en contexte de transmission aérienne du virus. (735965-71-2006 et suivants – PSSU-FIQP et al. et Vigi Santé ltée et al.)

Dans ce contexte, la CNESST a ajusté sa position sur la protection respiratoire (consulter la question relative aux équipements de protection minimalement requis pour les travailleuses et les travailleurs en milieu de soins sur la page Questions/réponses de la CNESST)

La FIQ considère qu’immédiatement et conformément au jugement du TAT :

Les professionnelles en soins peuvent et doivent exiger le port du masque N95 ou supérieur dans les zones tièdes en plus des zones chaudes et ce, dès qu’un seul patient est suspecté d’avoir la COVID-19. Les masques médicaux ne représentent pas un équipement de protection individuelle (EPI) approprié. Contactez votre équipe syndicale locale en cas de problème. »

Vaccination et deuxième dose 

À l’heure actuelle, les recherches sur les effets de la vaccination sont toujours en émergences. Les principales conclusions tendent à démontrer que la charge virale du virus et la capacité d’infecter son hôte sont grandement diminuées suite à la deuxième dose des vaccins contre la COVID-19 prescrits au Québec. 

Avec la multiplication des cas d’infections associées variant Delta et l’amorce d’une 4e vague, le gouvernement du Québec annonce un processus de consultation visant à implanter l’obligation vaccinale pour tous les travailleurs de la santé. Sans l’enrayer complètement, la vaccination contribue à diminuer la charge virale, à diminuer l’infection et contribuer à entraîner la réduction des symptômes respiratoires et, par le fait même, à générer une baisse significative de la transmission et de la contagiosité. Soulignons que cinq pays des 20 pays les plus vaccinés (deux doses) subissent actuellement une vague de COVID-19 soit l’Angleterre, le Chili, la Mongolie, Bahrein et les Seychelles. Le variant Delta est en partie la cause de cette recrudescence de la maladie.

Toutefois, comme l’incertitude persiste toujours, le principe de précaution tel qu’interprété en santé et sécurité du travail commande un haut niveau de prudence lorsque les conclusions scientifiques demeurent incertaines. 

La vaccination est un outil de prévention indispensable. Cet outil doit compléter les autres moyens de prévention notamment la disponibilité des EPI, la ventilation adéquate des milieux de soins, une organisation du travail sécuritaire en contexte de pandémie et la distanciation sociale doivent continuer d’être assurées

Cependant, pour que la campagne de vaccination atteigne ses objectifs, la FIQ estime qu’elle doit reposer sur une adhésion large et volontaire des professionnelles en soins.

  • Les professionnelles en soins jouent un rôle de première ligne dans la promotion de la vaccination. Sur le terrain, les professionnelles en soins sont les principales ambassadrices de la vaccination et des autres mesures de santé publique au sein de la population. Une imposition autoritaire de la vaccination à nos membres pourrait avoir pour effet de court-circuiter ce travail de sensibilisation indispensable. Une approche autoritaire sur la question vaccinale par le gouvernement risque de nuire à la crédibilité et à l’efficacité de ce travail de sensibilisation. Pour que les professionnelles en soins puissent mener de manière efficace et crédible leur travail d’éducation, elles doivent le faire sans avoir été elles-mêmes contraintes.
  • La vaccination est une mesure de santé publique, mais aussi un moyen de prévention en santé et sécurité du travail. Sur ce plan, la vaccination s’inscrit dans une série d’autres moyens de prévention tout aussi essentiels. Or, pour qu’un moyen de prévention soit pleinement efficace, il doit s’ancrer dans une adhésion libre et consciente des salarié-es. Ainsi, en imposant autoritairement la vaccination à l’ensemble des travailleurs de la santé, le gouvernement risque de minimiser l’importance des autres moyens de prévention primordiaux pour nos professionnelles en soins, notamment le non-respect des zones chaudes et froides ainsi que l’accessibilité aux masques N95.

Le variant Delta

Depuis le mois de juillet 2021, il est estimé que le variant Delta est dominant au Canada. Il est depuis peu le variant dominant au Québec. Le variant Delta serait deux fois plus contagieux que la source d’origine.

Le variant Delta serait associé à des risques d’hospitalisation, d’admission en unité de soins intensifs et de décès beaucoup plus important que la souche d’origine et que les autres variants. Une étude ontarienne rapporte que, par rapport à la souche d’origine, les risques d’hospitalisation seraient de 108% supérieurs (donc un peu plus de deux fois supérieur), les risques d’admissions en soins intensifs seraient supérieur de 234% et les risques de décès seraient de 132% supérieur.

Même si les vaccins sont très efficaces contre le variant Delta, une personne pleinement vaccinée est toujours susceptible de contracter la maladie et de la transmettre à des personnes vulnérables. D’où l’importance de maintenir l’ensemble des autres moyens de prévention en place en plus de promouvoir la vaccination. Aussi, les personnes qui ne sont pas totalement vaccinées sont les plus à risque de contracter et de transmettre le virus en plus de développer des symptômes graves.

Une étude récente met en évidence que, bien que la vaccination reste un moyen essentiel de prévention, elle est moins efficace face au variant Delta que face à la souche d’origine. Par exemple, une dose du vaccin Pfizer était d’une efficacité d’environ 48.7% contre le variant Alpha mais de 30.7% contre le variant Delta. Après deux doses, Pfizer était d’une efficacité de 88% face au variant Delta contre 93.5% face au variant alpha. La même étude révèle que le vaccin Astra Zeneca confère après deux doses une protection de 67% contre le variant delta et de 74.5% contre le variant alpha.

Certaines études font aussi état de taux d’efficacité moindre que les pourcentages rapporté ci-haut. Le principe de précaution est donc de mise.

Le risque biologique

Revendiquer et exiger les meilleures protections

Le manque de matériel de protection et le manque d’information et de communication sur sa disponibilité ont été au cœur des préoccupations des professionnelles en soins. Cet enjeu a semé le doute et la confusion quant à la capacité des professionnelles en soins à travailler d’une façon sécuritaire pour elles et pour leurs patients. Ceci a miné la crédibilité des autorités et la confiance envers celles-ci.

Dès le début de la pandémie, la FIQ a alerté le gouvernement sur les risques liés à une mauvaise protection des professionnelles en soins. Dès le départ, elle a exigé d’organiser la capacité de production nationale du matériel de protection selon le principe de précaution afin que les problèmes d’approvisionnement se règlent rapidement. La FIQ et ses syndicats ont participé à mettre en pratique les recommandations de la Santé publique tout en mettant l’accent sur les bonnes pratiques en matière de prévention et de contrôle des infections (PCI). Par ailleurs, la FIQ a prévenu que la pénurie des équipements de protection individuelle (ÉPI) ne peut jamais justifier une diminution de la protection des professionnelles en soins.

Équipement de protection individuelle

Pour la Fédération et ses affiliées, les établissements devraient mettre en place les mesures suivantes en matière de protection et contrôle des infections afin d’assurer une protection maximale des professionnelles en soins sur le terrain.

Mesures de protection à appliquer

⦁ Pour toute intervention médicale générant des aérosols (IMGA), utiliser un appareil de protection respiratoire (APR) à épuration d’air motorisé ou un masque N95 et un équipement de protection pour tout le corps.

⦁ Pour tous les autres cas de patient-e-s suspecté-e-s ou confirmé-e-s, appliquer la protection aérienne/contact avec masque N95 équivalent ou supérieur.

⦁ La FIQ ne recommande pas la réutilisation de masques, l’utilisation de masques expirés, ni l’utilisation de masques jetables à usage unique désinfectés.

Les nouveaux masques médicom sont intégrés progressivement dans certains milieux de soins. Ceux-ci seront de plus en plus utilisés en milieu de soins.  

* Contrairement à ce qui est évoqué dans la vidéo sur le port et le retrait EPI, notez que nous ne recommandons pas la récupération des n95 ou leurs retraitements.

Liste de vérification

⦁ APR filtrant contre les particules.
⦁ Protection oculaire à usage unique (écran facial ou lunettes protectrices).
⦁ Blouse à manches longues non stériles à usage unique et jetable.
⦁ Gants non stériles à usage unique.

Utilisation du N95 et du masque de procédure

Malgré nos recommandations sur l’utilisation du N95, sachez que le port prolongé du N95 peut comporter certains risques qu’il faut connaitre. L’ASSTSAS a produit ce document qui détaille ces risques

Lésions et allergies au visage associées au port de masques

La FIQ recommande les mesures suivantes si le masque médical (ASTM niveau 1 et 2) est utilisé en zone froide et/ou en l’absence de cas confirmé ou suspect.

  • Que ce masque soit bien ajusté.
  • De privilégier un filtre de trois microns ou supérieur.
  • Pour que ce masque ait son niveau d’efficacité optimale, la professionnelle en soins et le-la patient-e doivent se faire face (lors d’interventions où le-la patient-e est placé-e de façon latérale, des gouttelettes et des particules aérosols peuvent atteindre la professionnelle en soins sur les côtés du visage).
  • Il est important de changer ce masque lorsqu’il devient humide, car il perd ses propriétés, à moins qu’il ait la caractéristique d’être imperméable.
  • Le masque doit assurer une protection contre les fluides et les liquides biologiques.

Masque de procédure : comment le mettre et le retirer

Pratiques de base universelles applicables à la COVID-19

L’application systématique des pratiques de base à l’égard de tout-e patient-e est la règle pour prévenir la transmission des infections. La FIQ conseille de suivre les pratiques suivantes dans le contexte de la pandémie de COVID-19 :

Information concernant l’ÉPI

⦁ APR : doit avoir fait l’objet d’un test d’utilisation (fit test) et doit être bien ajusté et être utilisé en zone tiède ou chaude et/ou en présence d’un cas confirmé ou suspecté
⦁ Protection oculaire : les lunettes de prescription ne sont pas considérées comme une protection adéquate. La protection oculaire, lunettes de protection ou visière recouvrant le visage jusqu’au menton, peuvent être utilisées pour la durée complète d’une journée de travail, sous réserve du jugement clinique de la professionnelle en soins quant à la possible contamination de la protection oculaire.
⦁ Blouse : prévoir une blouse imperméable s’il y a un risque de contact avec des liquides biologiques (par ex. : vomissements, cas sévères.). Il est conseillé de changer de blouse entre chaque patient-e.
⦁ Gants : s’assurer qu’ils sont bien ajustés et qu’ils recouvrent les poignets.
⦁ S’abstenir de se toucher les yeux, le nez ou la bouche avec des mains potentiellement contaminées.
⦁ Retirer systématiquement la blouse et les gants à la sortie de la salle d’examen.
⦁ Pratiquer les gestes d’hygiène des mains avant d’avoir enfilé l’ÉPI et après en avoir disposé selon la procédure de PCI. Il est important de bien retirer le matériel de protection de façon à éviter de se contaminer puis se laver les mains et bien les sécher (l’environnement humide peut être un facteur de contamination).
⦁ Utiliser des instruments jetables ou, si cela n’est pas possible, nettoyer et désinfecter le matériel entre chaque patient-e.
⦁ Disposer des ÉPI selon la procédure de PCI.
⦁ Dans la mesure du possible, les soins doivent être pratiqués dans des chambres individuelles fermées à pression négative ou fermées et convenablement ventilées avec antichambre.

Lavage des mains

Il s’agit de la mesure la plus importante visant à prévenir la propagation de l’infection. La FIQ conseille de se laver les mains :Avant et après tout contact avec un-e patient-e.

⦁ Après tout contact avec du sang, des liquides biologiques, des sécrétions, des excrétions, des surfaces, des objets et du matériel contaminés ou souillés.
⦁ Entre les interventions auprès d’un-e même patient-e.
⦁ Tout de suite après avoir retirée des gants.
⦁ Après s’être mouchée ou être allée aux toilettes.
⦁ Durée du lavage : de 15 à 30 secondes.

Articles de soins

Matériel
⦁ Désinfecter ou stériliser entre chaque patient-e le matériel réutilisable.
⦁ Se référer à la politique de gestion des déchets en vigueur dans l’établissement pour le matériel à usage unique non piquant et non tranchant.

Literie
⦁ Manipuler la literie souillée sans mouvement brusque pour éviter la dispersion des particules.
⦁ Déposer dans un sac étanche.
⦁ Glisser le sac dans un deuxième sac en cas de fuite de liquide.

Entretien ménager

⦁ Veiller à l’entretien quotidien de la chambre (mobilier, salle de toilette et plancher) avec utilisation d’un virocide.
⦁ Procéder à l’entretien de la chambre dès le départ du-de la patient-e.
⦁ S’assurer de la désinfection de la chambre selon la procédure établie.

Port de l’uniforme et responsabilité

Des gestes aussi simples que de mettre et enlever un sarrau, un uniforme et des souliers sur son lieu de travail peuvent avoir un impact important en matière de prévention de la transmission de la COVID-19.

Assurez-vous que :
⦁ Vos vêtements de travail soient portés uniquement sur les lieux de travail. Cela signifie de les changer à votre arrivée et à votre départ dans les vestiaires mis à votre disposition par votre employeur et repartir avec vos vêtements civils.
⦁ Vous changez quotidiennement de vêtements de travail.
⦁ Vos vêtements de travail fassent l’objet d’un entretien régulier et adéquat.

 

L’équipe de PCI

Lors de l’éclosion du Clostridium difficile (C. difficile) en 2004, le Comité sur les infections nosocomiales du Québec recommandait une norme ratios permettant d’assurer une intervention efficace en matière de PCI.

Les infirmières cliniciennes spécialisées en PCI sont les ressources expertes en PCI en dehors du corps médical. La FIQ souhaite que la pandémie actuelle serve d’électrochoc afin que les ratios d’infirmières spécialisées en PCI soient implantés dans tous les milieux de soins.

L’action syndicale en PCI

Les professionnelles en soins ont droit à des conditions de travail qui respectent leur santé et leur sécurité, et qui les protègent contre les dangers liés aux substances biologiques. L’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer cette protection.

Pour sa part, le syndicat est un acteur important en PCI puisque son rôle est, entre autres, de voir à la défense des droits de ses membres, à l’amélioration de leurs conditions de travail et à la protection de leur santé. Si vous êtes témoin d’un problème lié à la PCI dans votre établissement, informez-en rapidement votre syndicat. Celuici pourra intervenir auprès de l’employeur afin d’apporter des correctifs.

Environnement et organisation du travail

À partir du mois d’avril 2020, les autorités sanitaires ont commencé à mettre en place des structures médicales complètes entièrement dédiées à la COVID-19 de façon à séparer les patients COVID-19 des autres.

L’idée derrière cette organisation des soins était, d’une part, de prendre en charge des patient-e-s atteint-e-s de la COVID19 en circuit fermé, c’est-à-dire sans qu’il y ait d’échanges de patient-e-s ou de personnel entre les zones d’éclosion et les zones non contaminées. D’autre part, cette organisation du travail visait à ce que les établissements de santé ne deviennent pas des lieux de propagation. Il s’agit d’une méthode d’organisation des soins efficiente, conçue de façon à ce que l’ensemble des éléments du plan soient appliqués de façon complémentaire.

Assurez-vous que l’organisation des soins permette un corridor sanitaire des soins. Soyez vigilantes et demandez à ce que des soins en circuit fermé soient appliqués. Comme l’indique le guide de la CNESST, « des adaptations doivent être apportées pour limiter le risque de transmission lorsque les principes de distanciation physique ne peuvent être respectés » :

  • L’utilisation de moyens technologiques (télétravail, réunion virtuelle) ;
  • Si possible, des barrières physiques (ex. : cloisons pleines) ont été installées entre les différents postes de travail trop proches ou ne pouvant être espacés ;
  • Si possible, les horaires de travail ont été réaménagés pour éviter l’arrivée et le départ simultanés de plusieurs travailleurs lorsque cette situation cause de la promiscuité ;
  • Si possible, les travailleurs sont attitrés à un seul lieu de travail (une installation, et idéalement un étage ou une aile) pour éviter la multiplication des interactions ;
  • Il est recommandé de créer des cohortes de cas confirmés ou l’isolement à la chambre selon le milieu. Se référer à la fiche de l’INSPQ COVID-19 : Mesures pour la gestion des cas et des contacts dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée pour aînés.»

La FIQ recommande d’aller plus loin et de s’assurer que votre équipe de travail est stable et composée de collègues dédiées à une clientèle spécifique.

Mesures pour la ventilation

La CNESST émet certaines recommandations au sujet de l’entretien et du fonctionnement du système de ventilation. On y retrouve les indications suivantes :

  • De faire fonctionner les systèmes de ventilation de façon optimale durant les heures d’exploitation ;
  • D’augmenter l’apport de l’air frais extérieur pour diluer les contaminants en suspension dans l’air soit par la ventilation mécanique ou par l’ouverture des fenêtres ;
  • Si possible, d’augmenter la filtration dans les zones avec plus d’occupants ou en évacuant l’air vers l’extérieur ;
  • Si nécessaire, favorisez l’usage d’un système de purification de l’air dans les chambres ; le cas échéant, de s’assurer que le système d’évacuation d’air des salles de toilettes soit en état de fonctionnement et fonctionne de façon optimale ;
  • Si possible, d’utiliser une ventilation à pression négative dans la zone chaude (à risque) pour ne pas contaminer les autres emplacements de l’installation. »

    La FIQ recommande en plus de :

    • De faire fonctionner le système de ventilation en continu, en réduisant son intensité si nécessaire, même à l’extérieur des heures d’exploitation.
    • De prendre garde en ouvrant les fenêtres pour ne pas créer de pression positive dans les zones à risques ou dans les toilettes. Ceci aurait pour effet de créer un écoulement d’air des zones à risques vers les zones saines.
    • De vérifier le registre des entretiens du système de ventilation afin de s’assurer que les travaux ont été effectués dans les délais recommandés. Au besoin faire d’urgence les travaux de nettoyage et d’entretien.
    • D’utiliser des filtres de type HEPA ou MERV13 ou supérieur pour s’assurer d’une bonne efficacité de filtration.
    • De vérifier si les filtres ont dépassé leurs durées de vie. Le cas échéant, effectuez les travaux pour les remplacer d’urgence.
    • Si l’utilisation de purificateur d’air dans les chambres est envisagée, il faut s’assurer qu’ils ne génèrent pas un écoulement d’air vicié vers les zones saines et que l’entretien nécessaire peut être effectué sur l’appareil. L’opportunité d’utilisation d’un tel appareil devrait être évaluée par un expert en ventilation avant d’être installée.

    Saison chaude

    L’inconfort et la contrainte thermique sont des enjeux sérieux dans plusieurs de nos milieux de travail. La crise sanitaire a des impacts majeurs sur le travail des professionnelles en soins : équipes dégarnies, charge de travail élevée, équipements de protection individuelle multiples, etc. Cette nouvelle réalité ajoutera nécessairement son lot de difficultés supplémentaires en contexte de chaleur. Nous vous proposons une série de moyens permettant de mitiger ou d’éliminer le danger que représente la chaleur dans nos milieux de travail. La meilleure manière de mettre en place ces moyens réside dans l’action collective des professionnelles en soins elles-mêmes. N’hésitez pas à contacter votre syndicat FIQ pour agir collectivement.

     

    Conjoncture pandémique 

    La transmission par aérosol du SARS-CoV-2 est bien documentée. Durant la période estivale, il est d’usage d’ouvrir les fenêtres pour permettre une ventilation naturelle lorsque la température extérieure est plus fraiche que la température intérieure. Cependant, il est recommandé de toujours vérifier, préalablement avec la PCI, si ce type de pratique peut poser des risques particuliers étant donné les courants d’air générés et la transmission aérosol du virus. Une vérification du même ordre doit être effectuée avant de procéder à l’installation de ventilateurs, de climatiseurs ou de déshumidificateurs.

    L’équipement de protection individuelle supplémentaire accentue les dangers liés aux contraintes thermiques. Le fait de porter une couche de vêtements supplémentaire réduit la capacité du corps humain à réguler sa température. Aussi, le port prolongé des EPI peut compliquer l’hydratation. Dans ce contexte, nous pensons qu’il est de la responsabilité de l’employeur de prévoir une organisation du travail assurant la sécurité des professionnelles en soins. Il peut augmenter le nombre de pauses, octroyer le temps nécessaire pour s’hydrater et réduire la charge de travail.

    Ce que devraient prévoir les employeurs pour minimiser les risques et les inconforts associés à la chaleur

    Le processus d’identification et de réduction des risques en SST procède toujours dans un ordre allant de l’élimination à la source aux moyens individuels. La démarche pour adresser les risques associés à la chaleur n’y font pas exception.

     À la source :

    • Dans le respect des règles PCI,  si  possible, climatisez le milieu de travail ou une section de celui-ci. (Climatisation centrale, climatisation portative, ventilateur).
    • Prévoir des moyens de limiter l’entrée des rayons de soleil dans le milieu de travail et laisser les fenêtres fermées lorsque la température extérieure est plus élevée que celle de l’intérieur.
    • Limiter l’utilisation d’appareil ou d’équipement émettant de la chaleur.

    Mesures administratives :

    Syndicalement, il s’agit de s’assurer que l’employeur fait réellement l’exercice paritaire de penser une organisation du travail permettant de travailler en sécurité à la chaleur.

    • L’employeur devrait prendre les moyens nécessaires pour sensibiliser et former les professionnelles en soins sur les risques associés à la chaleur, sur les symptômes associés aux coups de chaleur et sur les stratégies à déployer pour éliminer ou réduire ces risques.
    • L’employeur devrait rendre disponible un endroit frais et aéré pour permettre aux professionnelles en soins de prendre leurs pauses dans un environnement reposant et tempéré.
    • L’employeur devrait revoir l’organisation du travail pour permettre aux professionnelles en soins de prendre des micropauses et des pauses supplémentaires en situation de chaleur. Selon un sondage réalisé par l’ASSTSAS, 83 % des établissements sondés déploieraient des mesures d’alternance travail-repos.
    • L’employeur devrait revoir l’organisation du travail de sorte à réduire le rythme et l’intensité du travail. Par exemple, en réservant pour les périodes plus fraiches les tâches les plus exigeantes ou en bonifiant la composition des équipes de travail (ajout de professionnelles en soins pour couvrir les périodes de pause par exemple ou ajout de personnel auxiliaire). Encore une fois, 83 % des établissements affirment mettre en place un allègement de la charge de travail.
    • L’employeur doit s’assurer que les professionnelles en soins ont accès à de l’eau fraiche en tout temps et il doit organiser le travail de telle sorte qu’elle puisse s’hydrater aussi souvent que nécessaire. C’est un enjeu délicat, surtout en contexte de surcharge de travail (manque de temps pour s’hydrater) et de port d’EPI. Par rapport aux EPI, l’employeur devrait s’assurer de former adéquatement les professionnelles en soins pour leur permettre de s’hydrater de manière sécuritaire sans s’autocontaminer.

    Mesures individuelles :

    • L’employeur peut rendre disponible aux professionnelles en soins des EPI rafraichissants (bandeau ou collier rafraichissant). Ces EPI devraient être à usage personnel et non échangé entre les professionnelles en soins.
    • Permettre des accommodements aux professionnelles en soins plus vulnérables à la chaleur dans un contexte de situation médicale ou personnelle particulière. Ces facteurs personnels peuvent être par exemple : la prise de certains médicaments, des antécédents de coups de chaleur, l’occurrence du temps supplémentaire (TS ou TSO), une certaine condition physique ou médicale, etc.
    • L’inconfort associé au masque N95 peut être exacerbé par la chaleur. Il est possible d’évaluer la possibilité de déployer des stratégies auxiliaires pour améliorer le confort de ces masques. Par exemple, l’ajout de lignes autocollantes sous le masque (si elles ne compromettent pas l’étanchéité) ou l’utilisation de certaines crèmes hydratantes peut aussi être envisagé.
    Ce que les professionnelles en soins devraient prévoir

    Boire 250 ml d’eau fraiche toutes les 20 minutes. Plus si vous répondez aux critères énoncés dans la charte proposée par la CNESST. Jamais plus de 1,5 litre à l’heure.

    Important

    • La CNESST propose une méthode pour mesurer la chaleur sur un milieu de travail et adapter le travail en fonction du danger. Selon le niveau de chaleur et l’intensité du travail, l’outil de la CNESST propose une certaine fréquence d’hydratation et de repos. La mesure de la chaleur et la détermination des actions à entreprendre doit tenir compte :
    • De l’humidité relative. Le taux d’humidité relative d’un bâtiment de soins de santé devrait se situer généralement entre 30 à 60 %.
    • Des équipements de protection individuelle portée. Les équipements imperméables ou laissant peut échapper la sueur augmente les contraintes thermiques (blouse, gants, masques, visières).
    • Des efforts réalisés. Règle générale, travailler assis ou debout en réalisant des activités légères (exemple : prise de signes vitaux) est considéré du travail léger. Travailler debout dans un rythme soutenu en effectuant des tâches plus exigeantes (exemple soins d’hygiène ou mobilisation de patient) constitue du travail moyen.

     Lorsque vous travaillez dans un environnement atteignant une certaine température, vous devez appliquer les recommandations de la CNESST et l’employeur doit vous le permettre. En cas de problème, consultez immédiatement votre syndicat.

    Pour appliquer l’échelle de chaleur de la CNESST, la prise de la température devrait se faire :

    • Avec un thermomètre et un hygromètre.
    • Paritairement avec le syndicat au moment de prendre la mesure.
    • À une fréquence convenue avec le syndicat.
    • De manière à consigner le résultat dans un registre.

    Un aide-mémoire pour votre pratique en contexte de COVID-19

    La FIQ a dressé un aide-mémoire qui vise à vous donner des informations utiles sur la pratique en contexte de COVID-19 notamment si l’on vous demande de pratiquer dans un nouveau centre d’activité (incluant dans une unité modulaire hors établissement).

    Vaccination

    Vacciner sans se blesser : prévenir les inconforts et les douleurs.

    Risques physiques

    La violence

    Une autre conséquence de l’augmentation des risques physiques due à la COVID-19 est la hausse de la violence en milieu de travail. La violence au travail est intrinsèquement liée à la surcharge de travail et aux risques psychosociaux. Comme le rapporte l’Institut national de santé publique du Québec, des enquêtes ont démontré une hausse de la violence faite aux femmes en période de crise ou d’urgence sanitaire dans la société en général. Des études tendent également à établir un lien entre le contexte de pandémie et une hausse de la violence conjugale.

    La hausse des facteurs de risque liés à la violence dans la société trouve son correspondant dans les milieux de travail. L’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales a d’ailleurs produit un aide-mémoire intitulé COVID19 – Intervenir en situation de violence afin de préparer les travailleuses de la santé aux situations où un-e usager-ère, par son comportement violent ou menaçant, présente un danger pour sa sécurité ou celle des autres. Quant à elle, l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail, secteur Administration provinciale a également produit un document rappelant aux employeurs les bonnes pratiques de prévention de la violence dans le cadre du service à la clientèle.

    La violence en milieu de travail revêt une dimension multifactorielle. Elle ne peut se résumer au seul lien entre les salariées et les usagers-ères. C’est d’ailleurs ce que conclut le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes dans un rapport intitulé Violence subie par les travailleurs de la santé au Canada publié en juin 2019. Reprenant les propos de Madame Margaret Keith, le Comité écrit :

    « La culture du silence entourant la question de la violence est un obstacle majeur à la reconnaissance de son existence et, par conséquent, au fait d’y répondre; toutefois, même si le public a été tenu dans l’ignorance à propos de cette question, ce n’est pas un problème qui est inconnu au sein du milieu des soins de santé. »

    Si vous êtes victime d’agression ou de violence au travail

    ⦁ Aviser votre supérieur immédiat.
    ⦁ Remplissez un formulaire d’incident/accident AH-223.
    ⦁ Prenez contact avec votre équipe syndicale.
    ⦁ Remplissez un formulaire d’accident de travail même s’il n’y a aucune lésion apparente.
    ⦁ Contactez votre médecin de famille.

    Liste de ressources pour obtenir de l’aide ou du soutien

    Organismes intervenant auprès des victimes d’agressions et de violence conjugale

    Santé psychologique

    La Capitale offre gratuitement l’accès à un service d’aide psychologique par téléphone à l’ensemble des assurés de la FIQ couverts par un régime d’assurance collective.

    En plein cœur de la pandémie, le ministère de la Santé et des Services sociaux interpellait l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) afin d’obtenir une réponse rapide quant aux mesures à mettre en place pour contrer les effets néfastes de la pandémie sur la santé mentale du personnel du réseau. Parmi les constats de l’INESSS, mentionnons les inquiétudes et les craintes du personnel en lien avec le contexte de pandémie, la détresse psychologique et les problèmes de santé mentale.

    Voici quelques éléments tirés du document de l’INESSS :

    Quelles sont les inquiétudes qui pourraient être vécues par les professionnelles en soins?
    • Des inquiétudes par rapport à leurs capacités physiques et mentales.
    • Des inquiétudes en lien avec la santé de leurs proches et les risques de contagion.
    • Des craintes de contracter la maladie ou de mourir.
    Quels sont les problèmes de santé mentale en contexte de pandémie?
    • La fatigue et le stress.
    • L’aggravation des problèmes préexistants de santé physique ou mentale.
    • L’augmentation de la consommation d’alcool et d’autres substances psychoactives.
    • La souffrance morale et la détresse psychologique en lien avec les décisions cliniques de priorisation d’accès aux soins.
    • Les perturbations du sommeil, de la concentration et de l’appétit.
    • L’anxiété et la dépression.
    • L’état de stress post-traumatique.

    Certaines d’entre vous sont possiblement plus à risques d’expérimenter de la détresse psychologique ou des problèmes de santé mentale, notamment en raison de caractéristiques personnelles ou familiales :

    • Si vous ressentez de la pression de la part de vos proches pour quitter la profession.
    • Si vous avez de la difficulté à concilier les exigences professionnelles et familiales.
    • S’il y a des membres de votre famille qui sont atteints de la COVID-19, suspectés de l’être ou gravement malades.
    • Si vous avez vécu un deuil récemment.
    • Si vous avez une maladie chronique ou des antécédents de troubles mentaux.

    De plus, le personnel de la santé serait davantage susceptible d’expérimenter de la détresse psychologique ou des problèmes de santé mentale, notamment en raison de certaines particularités propres à ce secteur d’activité :

    • Le personnel ayant une exposition directe aux souffrances des personnes atteintes et qui doit composer avec de l’anxiété ou avec les inquiétudes des usager-ère-s.
    • Celui travaillant dans des milieux à haut risque.
    • Celui travaillant dans un épicentre géographique.

    Effets néfastes sur la santé

    Avant la pandémie, être exposée à un ou à plusieurs risques psychosociaux impliquait :

    • 1,4 à 4 fois plus de risques d’accidents de travail.
    • 2 fois plus de risques de détresse psychologique.
    • 1,5 à 4 fois plus de risques de troubles musculosquelettiques.
    • 2 à 2,5 fois plus de risques de maladie cardiovasculaire.
    • 1,5 fois plus de risques d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).

    La prévention d’un seul cas de problème de santé mentale pourrait réduire les coûts :

    • Absentéisme : 18 000 $ (ou 65 jours ouvrables en moyenne).
    • Présentéisme : le coût est estimé à près de deux fois le coût de l’absentéisme.

    Le présentéisme est un phénomène caractérisé par la présence des travailleur-euse-s à leur poste de travail, même s’ils ou elles ont des symptômes (ex. fatigue et difficultés de concentration) ou une maladie qui devraient les amener à s’absenter du travail et à se reposer. Pourquoi le présentéisme entraîne-t-il des coûts? Le présentéisme peut se traduire par des niveaux de productivité moins élevés et des risques d’erreurs, de bris ou d’accidents de travail.

    Risques psychosociaux du travail

    Les risques psychosociaux du travail sont définis comme des facteurs liés à l’organisation du travail, aux pratiques de gestion, aux conditions d’emploi et aux relations sociales, qui augmentent la probabilité d’engendrer des effets néfastes sur la santé physique et psychologique des personnes exposées (INSPQ, 2016).

    • Les principaux risques psychosociaux du travail reconnus dans la littérature scientifique sont :
    • La charge de travail
    • Le soutien social du supérieur et des collègues
    • L’autonomie décisionnelle
    • La reconnaissance
    Comment agissent les facteurs de risques psychosociaux?

    Dans son document sur les risques psychosociaux, l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), un organisme scientifique français, explique que :

    (…) selon les situations de travail, les facteurs de risques psychosociaux peuvent se compenser (par exemple exigences élevées, mais soutien social de bonne qualité) ou, au contraire, se renforcer (par exemple exigences élevées et absence de reconnaissance des efforts consentis). Différentes études démontrent qu’ils sont d’autant plus « toxiques » pour la santé quand :

    • Ils s’inscrivent dans la durée
      Les facteurs de risques psychosociaux durables peuvent en effet créer une étape de stress chronique qui représente un risque pour la santé.
    • Ils sont subits
      Les facteurs de risques psychosociaux subits sont vécus plus difficilement.
    • Ils sont nombreux
      L’accumulation des facteurs de risques est un élément aggravant.
    • Ils sont incompatibles
      La coexistence de certains facteurs « antagonistes » affecte particulièrement la santé, par exemple une forte exigence de productivité et de faibles marges de manœuvre.

    Bien que l’INSPQ fasse référence à 4 principaux facteurs de risques psychosociaux, ce nombre n’est pas limitatif. Par exemple, la Norme nationale du Canada en santé et sécurité psychologique en milieu de travail réfère à 13 facteurs de risques psychosociaux. De son côté, dans sa publication intitulée « Santé psychologique – Êtes-vous en lieu sûr ? », la FIQ référait à 8 facteurs de protection psychosociaux plus représentatifs de la réalité de travail des professionnelles en soins.

    Mesures de prévention à l’intention des employeurs

    La Fédération souhaite profiter de la Semaine SST 2020 pour informer et outiller les professionnelles en soins. Par contre, puisque la santé et la sécurité du travail sont l’affaire de toutes et de tous, il apparaît tout indiqué de rappeler les recommandations de l’INSPQ à l’intention des employeurs concernant les risques psychosociaux en contexte de pandémie. À la lecture de ces recommandations, les professionnelles en soins pourront également vérifier si celles-ci sont bien appliquées par l’employeur dans leur environnement de travail.

    Présence de facteurs de risques psychosociaux du travail

    Voici quelques exemples de facteurs qui pourraient contribuer à l’apparition de risques psychosociaux chez les professionnelles en soins.

    La charge de travail

    En ce qui a trait à la charge de travailles, les professionnelles en soins sont-elles, par exemple, soumises à :

    • Une charge de travail plus lourde, de la pression pour récupérer le travail non fait.
    • De longues heures de travail (ex. absence de pauses, temps supplémentaire obligatoire).
    • Un manque de personnel.
    • Des mandats, des tâches ou des consignes de travail peu définis ou sujets à de nombreuses interprétations ou modifications.
    • Un manque d’outils nécessaires pour bien faire le travail (ex. équipements de protection individuels).
    • Un manque de formation pour les tâches qu’on leur demande d’exécuter dans un contexte de redéploiement des ressources.
    • Une plus grande complexité du travail liée au respect des consignes de protection (ex. distanciation, utilisation des équipements de protection individuelle).
    • Un sentiment de ne pas pouvoir faire un travail de qualité.
    • Des façons de faire qui heurtent leurs valeurs personnelles ou professionnelles.
    • Des traumatismes émotionnels (ex. décisions de soins déchirantes, décès de patient-e-s).
    • Des comportements inappropriés de la part de patient-e-s ou de leurs proches.
    • La peur d’être contaminées par la COVID-19 et de contaminer leurs proches.
    • La difficulté de concilier le travail et les responsabilités familiales et personnelles (ex. télétravail, garde des enfants).
    Le soutien social des supérieurs

    Le soutien social des supérieurs est-il actuellement marqué par :

    • Un manque de disponibilité pour fournir des informations utiles ou essentielles à l’exécution du travail.
    • Une réduction du temps d’échange et de partage (ex. absence de réunion d’équipe).
    • Une plus grande difficulté à clarifier les mandats et les rôles de chacun.
    • Peu d’écoute ou d’empathie quant aux préoccupations du personnel (ex. demande de congés, besoins d’aménagements du travail).
    • Des tensions, des conflits ou des marques d’incivilité qui ne sont pas gérés au sein des équipes de travail.
    Le soutien social des collègues

    Le soutien social des collègues est-il actuellement marqué par :

    • Une plus grande instabilité au sein des équipes de travail.
    • La réduction ou l’absence de réunion d’équipe.
    • Une plus grande distance entre la professionnelle en soins et les membres de son équipe.
    • Le manque d’occasions informelles pour se réunir, échanger, partager et s’entraider.
    La reconnaissance

    Pour ce qui est de la reconnaissance, la situation de travail actuelle est-elle caractérisée par :

    • Le manque de respect et d’estime à l’égard du personnel.
    • La difficulté à reconnaître adéquatement les efforts déployés par le personnel.
    • Le manque de reconnaissance des risques encourus par le personnel.
    • La présence d’iniquités ou de favoritisme entre des secteurs ou des personnes.
    • Des tensions liées à la rémunération en contexte de pandémie (ex. primes, bonifications salariales).
    • Une insécurité du personnel quant au maintien de son emploi et de ses conditions de travail.
    L’autonomie décisionnelle

    Du côté de l’autonomie décisionnelle, peut-on, par exemple, constater chez les professionnelles en soins :

    • Le manque d’occasions de participer à la prise de décisions qui les concernent.
    • Le manque d’occasions d’utiliser leurs compétences et d’en développer de nouvelles.
    • Le peu de possibilités de faire preuve de créativité et de prendre des initiatives.
    Conditions organisationnelles

    Certaines conditions organisationnelles affectent également le climat de travail et la santé mentale du personnel, dont le manque :

    • De cohésion des équipes.
    • De planification et d’organisation du travail.
    • De confiance envers les collègues
    • De préparation de l’établissement.
    • De formation et de matériel pour éviter la contagion.
    • De soutien psychologique.

    Pistes d’action

    Voici quelques exemples de pistes d’action dont les impacts positifs sur la santé du personnel sont largement reconnus. Chaque milieu pourra les adapter en fonction de sa réalité. Cette liste n’étant pas exhaustive, elle pourrait être bonifiée en fonction des risques psychosociaux spécifiques à chaque milieu de travail.

    Faciliter les échanges entre les supérieurs immédiats et le personnel en instaurant des modalités de communication (ex. réunions d’équipe régulières, échanges électroniques)
    • Communiquer régulièrement et de façon transparente quant au travail à faire et aux modalités pour y parvenir.
    • Être à l’écoute des inquiétudes et des suggestions du personnel et y donner suite le plus rapidement possible.
    • Porter attention aux enjeux de conciliation travail-famille rencontrés par le personnel (ex. garde des enfants, télétravail).
    Renforcer la culture de soutien et d’entraide au sein du milieu de travail
    • Donner l’exemple.
    • Encourager l’empathie et la bienveillance au sein des équipes de travail.
    • Tout en respectant les mesures de distanciation et en utilisant des outils technologiques, offrir des occasions permettant aux travailleur-euse-s d’être ensemble, de s’exprimer, de s’entraider et de réfléchir à des solutions aux défis rencontrés.
    • Porter attention aux conditions propices à l’émergence de harcèlement psychologique au travail (ex. conflits non gérés, incivilités) et instaurer, le plus tôt possible, les mesures nécessaires pour le prévenir et, le cas échéant, le faire cesser (voir, à ce sujet, la documentation de la CNESST).
    • Outiller/donner les moyens adéquats au personnel pour qu’il puisse bien faire son travail, de façon sécuritaire et satisfaisante (ex. outils de télétravail, équipement de protection individuel, procédures claires en cas de présence de symptômes).
    • Au besoin, offrir de la formation d’appoint pour acquérir minimalement les connaissances critiques pour réaliser le travail demandé.
    • Encourager le personnel à prendre la durée entière de la pause prévue à l’horaire.
    • Privilégier la reconnaissance au quotidien, valoriser les efforts consentis par chacun-e et porter un jugement positif sur le travail.
    • Consulter les employé-e-s sur les décisions qui concernent leur travail.
    • Miser sur la participation des personnes et des groupes et stimuler les initiatives.

    Y a-t-il des risques dans votre milieu de travail?

    Les différent-e-s acteurs et actrices du milieu de travail sont invité-e-s à répondre au court questionnaire suivant qui vise à sensibiliser aux mesures de prévention et aux contraintes organisationnelles pouvant porter atteinte à la santé.

    Les réponses données amènent un premier éclairage sur des dimensions de l’organisation du travail et des pratiques de gestion qui devraient faire l’objet d’une évaluation de risque. Cette évaluation peut être réalisée à l’aide de la Grille d’identification de risques psychosociaux du travail développée par l’INSPQ.

    Si vous êtes majoritairement en accord avec ces énoncés, c’est qu’il y a lieu d’évaluer la présence de risques psychosociaux au travail. Parlez-en avec la responsable SST de votre syndicat local.

    Stratégies pour prendre soin de soi durant la pandémie

    S’occuper de ses besoins essentiels

    Les professionnelles en soins ont tendance à penser qu’elles doivent être disponibles pour les autres et que leurs propres besoins sont secondaires, sans tenir compte du fait qu’omettre de manger ou de se reposer provoque l’épuisement. Assurez-vous de manger, de boire et de dormir suffisamment. Dans le cas contraire, vous mettez en péril votre santé mentale et physique et, en bout de piste, cela compromet aussi la capacité à prendre soin des patient-e-s.

    Planifier une routine en dehors du travail

    Essayez de maintenir certaines de vos habitudes malgré les nouvelles restrictions qu’impose le contexte actuel. Explorez de façon créative d’autres options qui sont réalisables à la maison : des routines quotidiennes d’exercices, de soins corporels, de lecture, de communication avec vos proches, etc.

    Respecter les différences

    Certaines personnes ont besoin de parler alors que d’autres souhaitent plutôt être seules. Reconnaissez et respectez ces différences pour vos patient-e-s, pour vos collègues de travail et pour vous-mêmes.

    Communiquer avec la famille et les êtres chers

    Communiquez avec vos êtres chers, si possible. Ils sont votre soutien en dehors du réseau de la santé. Partagez votre expérience avec eux peut leur permettre de mieux vous soutenir. Se sentir utiles mutuellement est un facteur de protection.

    Limiter l’exposition aux moyens de communication

    Les images explicites et les messages préoccupants augmenteront votre stress et peuvent réduire votre efficacité et votre bien-être général. Protégez-vous psychologiquement en mettant des limites aux demandes qui peuvent surgir des groupes WhatsApp ou d’autres moyens numériques vous demandant de l’information ou des conseils personnels. Vous préserverez ainsi votre temps de repos et votre capacité à mener cette course d’endurance.

    Ventiler ses émotions

    La compétence professionnelle et la force ne sont pas incompatibles avec le sentiment de confusion, l’inquiétude, l’impression de perte de contrôle, la peur, la culpabilité, l’impuissance, la tristesse, l’irritabilité, la désensibilisation, l’instabilité, etc. Ces émotions sont précisément celles qui nous rendent humaines. Partager ses émotions avec quelqu’un qui nous inspire sécurité et confiance aide à les rendre plus tolérables et à pouvoir les réguler.

    Appliquer des stratégies de régulation émotionnelles connues

    Les techniques de respiration, de pleine conscience et l’exercice physique peuvent être utiles pour désamorcer des pensées, des émotions et des symptômes physiques négatifs.

    Se reposer

    Lorsque cela est possible, permettez-vous de faire des activités qui apportent du réconfort, qui sont amusantes ou relaxantes. Écouter de la musique, lire un livre ou parler à un-e ami-e peut aider. Certaines personnes peuvent se sentir coupables de ne pas travailler continuellement ou de prendre du temps pour relaxer alors que tant de gens souffrent. Toutefois, se reposer permet aussi de donner de meilleurs soins aux patient-e-s.

    Échanger avec les collègues de travail

    Parlez avec vos collègues de travail et donnez-vous du support mutuel. L’isolement dû à la pandémie peut entraîner de la peur et de l’anxiété. Racontez votre expérience et écoutez celle des autres.

    Partager de l’information constructive

    Communiquez avec vos collègues de façon claire et encourageante. Identifiez les erreurs ou les défaillances de façon constructive afin d’être en mesure de les corriger. Toutes et tous se complètent : les éloges peuvent être des motivateurs puissants et des réducteurs de stress. Partagez vos frustrations et vos solutions. La résolution de problèmes est une aptitude professionnelle qui fournit un sentiment d’accomplissement, même pour de petits incidents.

    Garder ses connaissances à jour

    Faites confiance à des sources d’information fiables. Participez à des réunions pour vous tenir informée de la situation et pour savoir ce qui est prévu.

    Se permettre de demander de l’aide

    Reconnaître nos signes de stress, demander de l’aide et apprendre à s’arrêter pour prendre soin de soi est un mode de régulation interne qui favorise la stabilité face à une situation de stress qui se maintient dans le temps.

    Faire l’auto-observation des émotions et des sensations

    Ressentir des émotions désagréables n’est pas une menace : il s’agit d’une réaction normale de défense de notre esprit face au danger. Toutefois, soyez vigilante afin d’éviter que des symptômes de dépression et d’anxiété se développent : tristesse prolongée, difficultés à dormir, souvenirs envahissants, désespoir. Parlez avec vos collègues, supérieurs ou cherchez de l’aide professionnelle, si nécessaire.

    Se rappeler que ce n’est pas parce que c’est possible que ça va nécessairement se produire

    Les professionnelles en soins sont continuellement exposées aux aspects les plus sombres de cette épidémie dramatique : la souffrance et la mort dans des conditions désolantes. Bien entendu, cela peut susciter une charge émotionnelle qui pousse à penser au pire. Il est toutefois important de ne pas perdre espoir et de se rappeler que plusieurs des personnes infectées manifestent des formes plus légères de la maladie.

    Donner de la reconnaissance à son équipe

    Rappelez-vous que, malgré les obstacles et les frustrations, vous accomplissez une grande mission : prodiguer des soins à celles et ceux qui sont dans le besoin. Manifestez donc de la reconnaissance à vos collègues, formellement ou informellement. Rappelez-vous que toutes les personnes qui travaillent actuellement dans les milieux de soins font leur possible et sont les véritables héroïnes pour la population.

    Ressources disponibles

     

    Quarantaine et retour de voyage à l’étranger

    Les mesures mises en place par le gouvernement du Canada concernant les voyageurs vaccinés contre le COVID-19 qui rentre au pays nous apparaissent prudentes puisque la quarantaine est la règle, l’exception étant l’exemption de la quarantaine au libre choix du voyageur avec preuve vaccinale et un test.  

    Par souci d’harmonisation avec les règles fédérales, le MSSS a publié un arrêté ministériel permettant le retour au travail pour les travailleuses qui reviennent de voyage à l’étranger et qui ont reçu 2 doses de vaccin contre la COVID-19 depuis plus de 14 jours. 

    Bien entendu, si vous avez été exposé, entre votre retour au pays et votre retour au travail, à un cas suspecté ou confirmé porteur de la COVID-19, la prudence est de mise et nous vous invitons à passer un test de dépistage. 

    Sans surprise, les risques déjà bien présents en matière de santé physique se sont vus exacerbés ces derniers mois avec l’impact de la crise sanitaire. Au premier plan, le risque biologique mis en évidence par la présence dans nos milieux de travail de la COVID-19.

    Le contexte de soins déjà difficile et la surcharge de travail imposée à nos professionnelles avant la déclaration d’urgence sanitaire se sont détériorés encore plus. Pour nombre d’entre elles, le choc pandémique a engendré des changements à leur environnement et à leur organisation du travail.

    Ces changements imposés à coups d’arrêtés ministériels, implantés dans l’urgence et la confusion, ont fragilisé les mécanismes de défense personnels et organisationnels permettant de parer les risques liés à la santé et à la sécurité au travail. Au risque biologique, qui a agi comme catalyseur, se sont combinés les risques physiques et ergonomiques.