Syndicat interprofessionnel de la santé de l'IUCPQ

La négociation: première offre patronale

Les déléguées de la FIQ rejettent à l’unanimité la dernière offre du gouvernement
Alors que le gouvernement se dit prêt à négocier, la FIQ n’a eu que six heures de négociation en 50 jours sur la
forme que prendra la négociation. Le 21 mai, le Conseil du Trésor déposait
une offre aux représentantes de l’alliance
APTS-FIQ.

Cette offre a été rejetée à l’unanimité par les déléguées de la FIQ et de la FIQP
réunies en Conseil national extraordinaire négociation, le 26 mai.

Les autres organisations syndicales ont reçu des propositions légèrement différentes. Certaines d’entre elles ont par
ailleurs accepté de se plier, pour le moment, au cadre de négociation imposé par le Conseil du trésor concernant le
salaire et les conditions de travail.


Cependant, pour la FIQ, une chose est claire : il est impératif de se pencher dès maintenant sur des solutions aux
problèmes réels et criants des professionnelles en soins. Ces problèmes, nous nous tuons à les dénoncer
ad nauseam sur toutes les tribunes qui sont à notre disposition et les solutions, nous les avons depuis longtemps.


Le gouvernement a tout en main, il doit maintenant cesser de faire la sourde oreille.
Ce qu’il y a à retenir de l’offre gouvernementale :


Le gouvernement propose une convention collective d’une durée de trois ans, à l’image des demandes de l’alliance
APTS-FIQ. Vous constaterez cependant à la lecture de ce qui suit qu’il s’agit malheureusement de
notre seul point
de convergence
.


SALAIRES
An 1 : 1,75% d’augmentation + 1000$ pour les salariées qui ont passé plus d’un an au dernier échelon, au prorata
des heures travaillées.
An 2 : 1,75% d’augmentation + 600$ pour toutes les professionnelles en soins, au prorata des heures travaillées.
An 3 :1,5% d’augmentation pour les emplois visés par les rangements 12 à 28, soient ceux des membres de la FIQ.
Il s’agit donc d’une
augmentation de salaire de 5% sur trois ans, avec des montants forfaitaires pour certaines,
sous conditions : une offre qui
ne rejoint même pas l’inflation.
Alors qu’il se permet de parler d’une pénurie de professionnelles en soins et de la nécessité d’attirer de nouvelles
employées, le gouvernement propose tout de même, sans rire, aux membres de la FIQ et de la FIQP de
diminuer
leur pouvoir d’achat
tout en étant plus généreux envers d’autres groupes de salariées, telles les enseignantes et
les préposées aux bénéficiaires
Au plan salarial, les membres de la FIQ et de la FIQP ont des attentes beaucoup plus élevées.

TEMPS SUPPLÉMENTAIRE
Le gouvernement propose que le temps supplémentaire ne soit payable qu’au-delà des heures régulières de la
semaine normale de travail prévue selon le titre d’emploi. Le gouvernement veut aussi qu’aux fins de ce calcul, la
semaine de travail soit désormais considérée
sur deux semaines.
Cela signifie que les heures travaillées en plus de la journée normale de travail ne seraient plus payées en temps
supplémentaire
sauf si ces heures sont effectuées en surplus de la semaine de travail elle-même. Cette règle
s’appliquerait même en cas de
temps supplémentaire obligatoire.
Cette proposition est une claque au visage des 76 000 professionnelles en soins.


RETRAITE
Le gouvernement souhaite entamer une discussion afin de modifier le régime de retraite actuel afin d’y introduire la
notion de « salaire-carrière » pour le calcul de la rente, au lieu de se baser sur les cinq meilleures années de
salaire, comme c’est le cas à l’heure actuelle.
Le Conseil du trésor propose donc carrément de
diminuer de plusieurs milliers de dollars par année les rentes
des nouvelles retraitées.


DISPARITÉS RÉGIONALES
Le gouvernement ne propose rien.
Pour la partie patronale, tout ce qui n’est pas traité dans ce dépôt devra demeurer au statu quo. C’est donc dire que
rien n’est prévu en lien avec les disparités régionales, malgré les nombreuses demandes de la FIQ à ce sujet.
Le gouvernement
laisse donc tomber les Québécois et les membres des Premières nations qui vivent loin des
grands centres. Ils ont pourtant droit aux mêmes services que les autres.


DROITS PARENTAUX
Le gouvernement propose de remettre à plus tard les discussions à ce sujet dans des comités paritaires
intersyndicaux.
Évidemment, remettre entre les mains d’un comité la négociation officielle de ces questions nous fait
perdre
entièrement le rapport de force
que nous confère le cadre légal de la négociation.
À l’extérieur de ce cadre,
rien ne forcera le gouvernement à négocier avec nous.


ASSURANCE-SALAIRE
En proposant un autre comité paritaire intersyndical, cette fois-ci sur la révision du régime d’assurance-salaire, le
gouvernement
utilise un moyen détourné pour récupérer des avantages obtenus au cours des années par les
organisations syndicales pour leurs membres.


FORUM SUR LA SANTÉ GLOBALE
Malheureusement, le gouvernement refuse de comprendre le message et revient avec son idée de forum à la laquelle
les organisations syndicales
ont unanimement refusé de participer l’hiver dernier. De plus, le budget non récurrent
alloué à la FIQ de 5,2 M$ pour deux ans est
nettement insuffisant.

UNE SEULE NOUVEAUTÉ EN LIEN AVEC L’OFFRE D’AVRIL DEUX TABLES DE NÉGOCIATION SECTORIELLES
Le gouvernement dit avoir entendu l’appel de la FIQ de négocier maintenant les conditions de travail. Il propose donc
la
mise sur pied de deux tables de négociation sectorielles. La première porte sur la stabilisation des équipes et
l’autre sur les conditions de travail.
Ces tables ont un mandat restreint et des sommes dérisoires y sont attitrées. Il n’y a
aucune garantie qu’il sera
possible de négocier des ratios sécuritaires professionnelles en soins/patients.

La FIQ riposte
La crise de la COVID-19 a montré que les revendications de la FIQ sont
pertinentes et essentielles. Au cours des prochains jours, le comité de
négociation et le conseil de négociation travailleront sur la contre-offre de la FIQ.

La FIQ veut négocier, pour vrai, de bonne foi, et MAINTENANT.