Syndicat des professionnelles en soins de Montérégie-Est

Blogue du mois de Juin

Blogue du mois de Juin

Bonjour à toutes ! Nous vous présentons une nouvelle tribune pour la FIQ-SPSME où, régulièrement, nous vous ferons part de sujets qui nous tiennent à cœur et où nous émettrons notre opinion syndicale. Dans un but de défense des droits des professionnelles en soins et d’équité, vous aurez accès à des informations sur l’état des dossiers et des actions prioritaires de votre syndicat.

Dans le contexte du début des négociations de la prochaine convention collective nationale et des élections provinciales qui auront lieu cet automne, nous avons choisi de vous parler de notre volonté commune d’obliger le gouvernement à implanter une loi sur les ratios professionnelles en soins/patients.

En 2018, la FIQ et le ministre de la santé de l’époque (Gaétan Barrette) s’entendaient pour favoriser l’implantation de projets ratios (17 au total) auprès des établissements de santé du réseau public dans des secteurs déterminés (CHSLD-médecine-chirurgie-urgence-SAD). Selon un sondage Léger, à ce moment-là, 80 % de la population québécoise était en accord avec la proposition de la FIQ d’une loi sur les ratios, 77 % des répondants jugeaient que les professionnelles en soins avaient trop de patients à leurs charges et 30 % des professionnelles en soins songeaient à quitter à cause de la surcharge de travail. Ces projets ratios ont obtenu beaucoup de succès mais le gouvernement a choisi de ne pas poursuivre dans cette avenue.

Aujourd’hui, notre réseau de la santé, mal en point à cause de l’exode des professionnelles en soins causée par la détérioration des conditions de travail et de la pratique professionnelle jumelée à la pandémie, est devenu un milieu de travail où nos professionnelles en soins sont accablées par le TSO, les plans de contingence, les arrêts maladie et plus.

En Californie et en Australie, entre autres, des lois sur les ratios sont implantées depuis plusieurs années. Les effets bénéfiques ont été rapides et se sont manifestés, par exemple, par une augmentation des effectifs de 10 % en 1 an, une augmentation de 60 % des inscriptions en soins infirmiers, une diminution des accidents de travail et une diminution du nombre de postes vacants. Cela a permis de stabiliser les équipes de travail, de libérer de façon importante le temps nécessaire pour réaliser les soins requis, de diminuer le temps d’attente à l’urgence tout en offrant des soins sécuritaires et de qualité.

Une loi sur les ratios au Québec aurait des répercussions semblables en plus de rendre nos établissements de santé imputables sur la mise en œuvre de ces ratios et le respect de ceux-ci. Cela diminuerait la surcharge de travail, ce qui favoriserait l’attraction et la rétention des professionnelles en soins. Les médecins ayant été impliqués dans les projets ratios ont témoigné de la meilleure connaissance des patients par les professionnelles en soins ainsi que des évaluations plus exhaustives et mieux documentées et une diminution des chutes chez les patients.

Présentement, nos gestionnaires continuent d’offrir des services sans tenir compte de sa capacité à les offrir (pénurie de professionnelles en soins) et cela impacte sur la prestation de soins sécuritaires et de qualité. Par contre, quand des médecins sont non disponibles, on ferme des services. Selon le palmarès des pires ratios d’octobre 2020, on retrouvait, par exemple, au CHSLD René-Lévesque, sur le quart de nuit, 2 infirmières et 1 infirmière auxiliaire pour 224 patients et au CHSLD Manoir-Trinité, sur le quart de nuit, 1 infirmière pour 119 patients. Des ratios qui ne se sont guère améliorés depuis.

En ce moment, environ 3500 ainés, au Québec, sont en attente d’une place en CHSLD. Le gouvernement de la CAQ, avec son projet de maisons des ainés (3 de ces maisons ouvriront au CISSSME), prétend combler ces places mais, pendant ce temps, au CISSSME, des unités de soins sont fermées (unité du Parc au CHSLD de St-Hyacinthe, au CHSLD René-Lévesque et au 4D à l’hôpital de Sorel) faute de professionnelles en soins pour pourvoir les postes. Plusieurs millions de $ pour ouvrir des lits dans une installation neuve mais des lits fermés dans des installations existantes…

Depuis des mois, votre syndicat demande à votre employeur une évaluation de l’offre de services en tenant compte du nombre de professionnelles en soins disponibles pour occuper les postes dans les différentes structures de tous nos établissements (CISSSME) mais silence total.

Il est nécessaire de poursuivre nos réflexions, nos demandes et nos actions face à ce gouvernement populiste et opportuniste et des gestionnaires sans vision qui ne font que contribuer à empirer les choses. Qu’en pensez-vous ???

Votre équipe syndicale

Vp.inf@fiqspsme.com