FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

La FIIQ presse les employeurs et le gouvernement de passer en mode « solutions »

Montréal, le 20 février 2002  –Lors d’un point de presse tenu cet après-midi à Montréal, la présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, madame Jennie Skene, a pressé les employeurs et le gouvernement à rapidement mettre en place des solutions pour atténuer le fardeau qui pèse lourdement sur les épaules des infirmières. «Les infirmières vivent actuellement des situations intenables. Dans plusieurs hôpitaux, particulièrement à Montréal mais aussi ailleurs, le refus des infirmières de travailler dans des conditions dangereuses pour elles et pour les patients se multiplient. Les infirmières sont épuisées, découragées et en ont ras-le-bol», de déclarer la présidente.

Selon la Fédération, les fermetures d’hôpitaux, un virage ambulatoire qui a dérapé, des services à domicile insuffisants, des compressions budgétaires constantes et finalement la fameuse loi anti-déficit ont tous contribué à exercer une pression indue sur la dispensation des soins de santé au Québec et ont des conséquences désastreuses sur les conditions de travail des infirmières et des autres travailleurs et travailleuses du réseau de la santé. «À peu près tous les intervenants s’entendent pour dire qu’il y a actuellement un sous-financement du réseau de la santé. Pourquoi maintenir la loi anti-déficit? Une loi qui se traduit par de nouvelles compressions budgétaires, des coupures de personnel et inévitablement des surcharges de travail. Les employeurs gèrent encore la dispensation des soins aux patients par les heures supplémentaires effectuées par les infirmières. Une situation qui ne fait qu’accroître le déficit d’infirmières. Ca ne peut pas continuer, c’est inacceptable et c’est ce que les infirmières disent aux employeurs, au gouvernement et à la population du Québec». tient à préciser madame Skene.

Des solutions, ça presse!

Quoiqu’en disent plusieurs employeurs, la Fédération soutient que la stabilisation des équipes de base n’est pas chose faite dans plusieurs établissements du réseau. «Nous demandons aux employeurs d’afficher immédiatement des postes à temps complet dans les unités où cela est requis. Des infirmières ont encore des postes à temps partiel alors qu’elles attendent toujours un poste à temps complet dans des unités stables, particulièrement le soir et la nuit», de poursuivre la présidente de la FIIQ. De plus, à la suite du dépôt du rapport sur la planification de la main-d’oeuvre infirmière, rapport auquel la Fédération a énormément contribué, un examen de l’organisation du travail, associé à plusieurs mesures d’attraction et de rétention de la main-d’oeuvre infirmière doit être fait. «Nous demandons que tous les intervenants interpellés dans ce rapport accélèrent l’application des solutions proposées et que le ministère y investisse les sommes nécessaires. Nous demandons également l’ajout immédiat, et non la substitution, de personnel non-infirmier pour alléger la tâche, trop lourde, actuellement dévolue aux infirmières», d’ajouter madame Skene.

Pour la Fédération, même si ce n’est pas la solution qu’elle privilégie, les administrateurs d’hôpitaux devront ultimement envisager la possibilité de fermer des lits temporairement. Il faut briser le cercle vicieux des heures supplémentaires qui conduisent à l’épuisement qui conduit aux absences accentuant le manque de personnel infirmier.

Pour terminer, la présidente de la FIIQ met en garde les employeurs et le gouvernement quant à l’utilisation de représailles à l’endroit des infirmières : «Nous voulons des solutions de la part des décideurs, pas de la répression qui ne fera que détériorer davantage la situation. Les infirmières sont fières des services qu’elles offrent et elles veulent pouvoir donner des soins aux patients dans des conditions où la qualité et la sécurité sont assurées.» La Fédération continuera d’exiger auprès des ministres de la Santé et des Services sociaux, des mesures permanentes pour régler la situation des infirmières et la situation des urgences.